Editoriaux - Polémiques - 31 août 2019

PMA : un gros mensonge administratif en vue !

Mme Belloubet vient de rassurer les lesbiennes sur le plateau de BFM TV, ce lundi 26 août 2019 : la mention « mère » et « mère » sera portée sur les documents de naissance de l’enfant né par PMA. Nous ne reviendrons pas sur le point de départ de cette aberration qu’est le « mariage pour tous »…

Une loi n’existe pas pour avaliser des sentiments (quand elle le fait, cela s’appelle une dictature…), mais pour préciser les conditions dans lesquelles des individus peuvent vivre sans léser autrui ou la société. Il est donc aberrant de défendre le « mariage pour tous » au prétexte qu’il s’agit de marier des homosexuels au nom de l’amour. Accorder le droit d’accéder à la PMA à un couple par nature infertile pose le problème contre lequel nous nous battons aujourd’hui : la question de la filiation.

Puisqu’il y a mariage, il doit y avoir possibilité d’obtenir une filiation puisque c’est le sens premier du mariage. Comme l’union homosexuelle est intrinsèquement infertile, il s’agit donc d’utiliser les ressources de la médecine pour y parvenir. On commence par la PMA (procréation médicalement assistée) car cela évacue, en apparence du moins, la question de l’exploitation du corps de la femme par de tierces personnes : il suffit que l’une des deux lesbiennes soit la mère. Mais sera-ce toujours le cas ? Quoi qu’il en soit, une double difficulté se présente : ce procédé exclut le père, pourtant bien présent dans le code génétique de l’enfant, auquel on interdit cependant de connaître cette branche de son matériel génétique. Cela implique également la question du statut de l’« épouse » de la mère. Mme Belloubet trouve le subterfuge : « Je pense qu’il faut faire simple. » Il suffira de porter les mentions « mère » et « mère ».

Deux questions surgissent alors : en premier lieu, n’y a-t-il pas un mensonge à appeler « mère » une femme qui n’est que l’épouse d’une autre femme ? Dans les faits, ne peut être dénommée « mère » que la femme qui accouche physiquement de l’enfant ou dont l’ovaire est la seconde partie de l’élément fécondé. S’il s’agit de féconder l’ovaire de la première femme pour ensuite l’introduire dans l’utérus de la seconde femme, il y aurait alors comme une justification à cette dénomination.

Mais dans le cas où le code génétique de la seconde femme ne fait pas partie du patrimoine génétique de l’enfant ? On m’objectera que l’on nomme bien « mère » une femme qui a adopté. Certes, mais on évoque tout de même l’appellation « mère adoptive » dans ce cas et non simplement « mère », sauf dans la conversation courante ; or, il s’agit ici d’un texte de loi.

En second lieu, Mme Belloubet fait elle-même le distinguo entre la « mère ayant accouché » et la « mère sociale » : ces expressions deviendront-elles des termes légaux ?

Il faudra nécessairement distinguer, en effet, la femme qui aura transmis son patrimoine génétique de celle qui n’est que l’épouse de la mère de l’enfant ! Pour des gens qui se réclament de la science « éclairée » et non de croyances « obscurantistes », cela paraît pour le moins léger de s’y refuser. On ne s’achemine pas, semble-t-il, vers « mère 1 » et « mère 2 », mais il reste que les dénominations ont beau être simples, les questions légales et juridiques vont vite rattraper les élucubrations idéologiques : dans le cas d’un divorce, il sera difficile de trancher, pour le droit de garde principal, en faveur de… la mère !

Et il est à prévoir, si la PMA est légalisée, que les homosexuels masculins revendiqueront un droit à l’égalité avec les homosexuelles féminines, ce qui nous acheminera vers la GPA (gestation pour autrui) et son terrible cortège de voix nouées par l’émotion au nom de l’« amour ».

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