Le plan de relance économique du gouvernement, qui devait être annoncé ce mardi, est finalement reporté d’une semaine au motif que la rentrée scolaire mobilise les énergies dans les ministères. Vu l’ambiance fébrile qui règne rue de Grenelle, on peut le comprendre.

En revanche, les déclarations de Bruno Le Maire ont, elles, de quoi inquiéter. Le ministre de l’Économie et des Finances a exhorté les Français à consommer, évaluant à cent milliards d’euros l’épargne entassée durant la phase de confinement. Or, pour que les gens aient envie de consommer, il faut qu’un climat de confiance règne, que les gens aient foi en l’avenir. Compte tenu des annonces concernant l’ampleur de la récession prévue en 2020, soit 11 %, l’avalanche des plans sociaux qui se profile et, en sus, les craintes de deuxième vague épidémique largement entretenues par le gouvernement, on ne voit pas comment les Français pourraient être tentés de consommer.

Pourtant, la consommation est, dans notre pays, le seul et unique moteur de la croissance : le niveau des charges et impôts de production a ruiné les industries, l’investissement, les exportations. Seule la consommation alimentée par les aides sociales, elles mêmes alimentées par les déficits publics, a résisté à trente ans de socialisme. Mais hélas, elle favorise essentiellement les importations, donc les déficits de la balance commerciale : soixante milliards d’euros par an, et ce, depuis des années. La croissance française porte en elle les germes du déclin économique. Si la récession française est plus aiguë que celles de la Hollande, de l’Allemagne et même de l’Italie, c’est bien que ces pays ont conservé un tissu industriel qui a maintenu une activité au cœur même du confinement, quand l’économie française était privée de sa seule source de revenus : la consommation.

Alors, pour remédier à cela, le plan de relance prévoit une baisse de dix milliards d’euros des impôts de production, ceux qui pèsent sur les entreprises et le travail en particulier. Louable, me direz vous ? Bien tardif, surtout. Comme pour la nécessité vitale de relocaliser nos industries, le gouvernement découvre après tout le monde le fil à couper le beurre : eh oui, trop de charges tuent nos entreprises ; sans industrie, nous dépendons de trop de l’étranger, vous ne saviez pas cela, bas peuple ignorant ?

Des mesures d’ordre si impérieux, si systémique, ne peuvent vraiment fonctionner dans l’urgence, le drame, la panique, juste au moment où le gong retentit. Ce sont des politiques de longue haleine qui se planifient sur des années avant de porter leurs fruits. C’est bien avant qu’elles auraient dû être prises, et de façon bien plus vigoureuse que les doses homéopathiques du plan. Ce sont, surtout, des mesures impopulaires, qui doivent remodeler complètement notre modèle social, voire de société : à deux ans des élections, vous y croyez vraiment, vous ?

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