François Hollande, qui doit trouver que nous ne sommes pas encore assez dans la panade, s’est déclaré favorable à une candidature de Paris aux jeux Olympiques de 2024. En voilà une bonne idée ! Jetons donc par la fenêtre dix ou vingt milliards d’euros juste pour le prestige, rendons la circulation dans la capitale encore plus infernale à grand renfort de travaux pharaoniques et, pour pimenter le spectacle, attendons-nous à quelques émeutes des racailles de banlieue qui ne laisseront pas échapper une trop belle occasion de se défouler.

Si l’organisation des JO est une excellente opportunité pour des villes qui manquent d’infrastructures et savent à l’avance comment les recycler, elle peut aussi devenir un chemin de croix, comme à Montréal qui a mis trente ans à éponger une d’un milliard d’euros. Dans une qui affichait une croissance insolente, ils furent l’occasion de créer des lignes de métro pour désengorger le trafic routier de Pékin. L’addition finale ? 40 milliards d’euros.

Souvent citée en exemple, Barcelone n’engrangea qu’un bénéfice de 4 millions d’euros. Certains équipements furent transformés en logements, de même qu’à Londres, où le quartier pauvre et isolé de Stratford fut réhabilité. La Grande-Bretagne se targue d’avoir déjà récupéré sa mise de 11,5 milliards d’euros, en omettant de prendre en compte le coût de la rénovation des transports, évalué par la chaîne Sky à… 30 milliards d’euros !

Seuls les Jeux majoritairement financés par des sources privées, comme ceux de Los Angeles ou Atlanta, se sont révélés rentables. Notons que les sommes engagées (dans les 600 millions d’euros) n’avaient rien à voir avec les montants indécents actuels. Les recettes liées aux droits de retransmission et aux sponsors se répartissent environ à 50% entre le CIO et le comité organisateur. Ce dernier récolte 95% de la vente des billets, mais celle-ci ne représente que 11% du total.

Le budget de départ est généralement doublé à l’arrivée. Les 13 milliards d’euros des Jeux d’Athènes ont contribué à plomber le déficit de la Grèce, qui n’a même plus les moyens de payer les 100 millions annuels nécessaires à l’entretien des équipements tombant en ruines. Les emplois créés furent éphémères : 70.000 ont été supprimés les mois suivants. A Lillehammer, 40% des hôtels érigés firent faillite dans les cinq ans. Si Vladimir Poutine a réussi des Jeux somptueux à Sotchi pour la bagatelle de 37 milliards d’euros, un certain nombre d’installations ne seront pas réutilisées. La ville tente de compenser avec d’autres événements, tels son grand prix de F1 et la 2018.

L’attractivité des JO est à double tranchant : l’augmentation du prix des hébergements, les contraintes de et l’ébullition ambiante font fuir une partie des touristes. A Sydney, la consommation avait essuyé une baisse d’1,5 milliards d’euros. La fréquentation des stades olympiques s’effectue au détriment d’autres secteurs d’activités, notamment culturelles. Sur le long terme, l’édification d’un nouveau monument (musée, opéra, œuvre d’art…) attirant des visiteurs réguliers s’avérera plus lucrative. Au vu des sommes extravagantes que risque déjà de nous coûter le Grand Paris, pas besoin d’en rajouter…

11 novembre 2014

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.