Des membres éminents du show-biz prêts à franchir le Rubicon et à rompre avec le conformisme de leur milieu professionnel, il n’y en a pas cent et même pas dix. Il y a, bien sûr, le cinéaste Claude Autant-Lara, élu député européen, en 1989, sur une liste du Front national. Alain Delon, ensuite, qui défend Le Pen père et fille un jour mais qui, l’autre, fait de même d’Anne Hidalgo, tel qu’en 2014. Brigitte Bardot, évidemment, quoique plus motivée par la défense animalière qu’autre chose. Et on passera rapidement sur l’humoriste Roucas et l’acteur Franck de Lapersonne, éphémères soutiens de Marine Le Pen, lors de l’élection présidentielle de 2017.

Pourtant, ce lundi 18 octobre, Philippe Chevallier, moitié du duo Chevallier et Laspalès, a manifestement brûlé ses vaisseaux, lors de l’émission « L’instant de luxe », diffusée par la plate-forme vidéo de l’hebdomadaire Télé Star. Au premier tour de l’échéance 2022, il voterait donc plus pour qu’Éric Zemmour, en raison de « la base populaire » de cette dernière. Et entendrait récidiver si la présidente du Rassemblement national affrontait le Président sortant au second tour.

Explications : « Je ne suis pas d’extrême droite, mais j’ai peur du mondialisme. J’ai peur de la société qu’on nous propose. Je n’aime pas le transhumanisme. Je n’aime pas l’intelligence artificielle. C’est-à-dire que je trouve qu’on est en train de se déliter. Je suis souverainiste. Étant souverainiste, je ne peux pas être européen ou européiste. Donc, je ne peux pas être du côté de Macron. C’est la première fois que je parle de politique, parce que j’estime qu’un artiste n’a pas à s’engager. Mais je trouve que là, nous sommes dans une phase où il y a vraiment des gens qui en ont ras le bol de voir une qui est démissionnaire, de voir des flics qui font ce qu’ils peuvent, mais… »

Pourquoi sortir aujourd’hui de sa réserve ? Philippe Chevallier, encore : « Régis [Laspalès, NDLR] n’aurait pas voulu qu’on parle de ça et, dans le fond, je crois qu’il avait raison. Aujourd’hui, il n’est pas forcément dans la même optique que moi, il est plutôt indécis, ce que je peux très bien comprendre ! » Et au journaliste qui lui demande si une telle sortie peut nuire à sa carrière, la réponse est sans appel : « Non ! Moi, je me suis affranchi de ça, complètement. Moi, j’ai surtout mal pour mon pays et je dis que pour aimer les autres, il faut s’aimer soi-même, et je trouve qu’on ne s’aime pas assez soi-même. » Et de porter le dernier coup : « Moi, vous savez, ma femme est sénégalaise. Donc, là-dessus, je n’ai pas de leçons à recevoir ! »

Dernière question qui se pose : pourquoi un tel ralliement ? Pourquoi lui et pas un autre. En guise d’explication, on avancera que Philippe Chevallier, diplômé de droit et de criminologie, tandis que Régis Laspalès l’est des beaux-arts, n’est pas le premier couillon venu, au contraire de tant de ses confrères du show-biz. Mieux, et ce, au contraire des Deschiens de Canal+, qui se grimaient en pauvres pour mieux rire des pauvres : ce fameux duo, lui aussi parfois grimé avec habits et tics de langage de ces mêmes pauvres, ont toujours ri avec, et non contre eux.

Mieux : ils raillaient surtout les tendances sociétales nouvelles, que ce soit en matière d’écologisme ou de féminisme ; ce n’est pas impunément qu’on est l’ami de Laurent Gerra, le féroce imitateur qu’on sait, ou de Jean-Jacques Peroni, ayant récemment claqué la porte des « Grosses Têtes » présentées par Laurent Ruquier, tout en déclarant : « Je n’ai plus personne avec qui boire un verre après l’émission. Ce sont les gens qui ne m’intéressent pas. Comme on est sous la botte à la kommandantur bien-pensante, je m’emmerde. J’en ai marre, de cette époque. »

Manifestement, c’est aussi le cas de Philippe Chevallier, cela expliquant peut-être ceci.

19 octobre 2021

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