Le peuple catalan, partie consubstantielle du peuple espagnol, s’est enfin vraiment réveillé. Écrasé depuis quarante ans par la mainmise d’une caste dirigeante qui a tout fait pour lui enlever la moitié de son , il s’est enfin jeté – et avec quelle force – dans la rue. Un million de personnes, le 8 octobre à Barcelone, un million cent mille hier. Les sécessionnistes, eux, n’atteignaient ces dernières semaines que 200.000 tout au plus. Après la “proclamation de l’indépendance” vendredi, ils n’étaient qu’environ 5.000 rassemblés devant le palais de la Generalitat.

C’est bien normal, vu que l’indépendance n’aura duré que… quatre heures ! Et vu, surtout, que le ridicule ne tue décidément pas.

Après avoir tenu en haleine pendant des semaines, après avoir organisé un simulacre de (entre autres : urnes opaques dont certaines ont déversé, en tombant, des bulletins introduits au préalable), après avoir refusé le marchandage ignoble pour l’ que Rajoy leur offrait, après tout cela, lorsque le grand jour arrive et que l’indépendance vaillamment conquise face à l’oppresseur est proclamée par la moitié des députés, représentant 33 % du corps électoral, que se passe-t-il alors ?

Il ne se passe rien ! Madrid ayant mis en marche, quatre heures après, le dispositif par lequel la Generalitat tombe sous le contrôle du gouvernement, en même temps que des étaient convoquées pour le 21 décembre, comment les courageux héros de l’indépendance ont-ils réagi face à un tel affront ?

Ils ont réagi en se faisant tout petits, en acceptant leur limogeage, en gardant le drapeau espagnol sur le haut du palais de la Generalitat et en prenant toutes sortes de précautions oratoires pour essayer de ne pas être inculpés pour les délits de rébellion et de sédition qu’ils ont manifestement commis.

29 octobre 2017

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