Voilà, c’est fait : a annoncé sa candidature à la mairie de Paris. Pour ce faire, il a troqué sa lavallière pour une cravate « à système » et raccourci ses cheveux.

Dans la bousculade qui a suivi, Villani avait perdu son araignée… qu’il a retrouvée. La bestiole est attachée à son maître. Faut-il y voir le signe que la veine écologiste de ce candidat-là est sincère ? L’avenir le dira – ou pas. Reste que, quelle que soit la couleur du candidat, l’équation pour accéder à la mairie de Paris demeure inchangée : il faut se revendiquer plus écolo que les écolos.

C’est le cheval enfourché par Anne Hidalgo et, à l’en croire, la nouvelle devise de la capitale : plus vert que moi, tu meurs. On « végétalise » à tour de bras. C’est, du moins, ce qu’on affiche : un Paris vert et fleuri où les trottoirs sont devenus terrasses, les avenues parcs et jardins, les ronds-points potagers… Sauf qu’entre le fantasme et la réalité se glissent souvent les rats dans des poubelles à ciel ouvert.

Exemple dans le XVIIIe, ce quartier de la Chapelle devenu depuis des années le lieu où se concentrent tous les maux. À deux encablures de la fameuse « colline du krack » et des camps de qui la jouxtent, la mairie a entrepris de créer une « promenade urbaine » sous le métro aérien, soit 1,4 km de verdure entre les stations Barbès et Stalingrad et une parcelle de 700 m2 cultivables dans cet axe du nord de Paris qui traverse les Xe, XVIIIe et XIXe arrondissements.

La promenade n’est pas achevée mais déjà transformée en poubelle. Le Parisien y est allé voir et rapporte : « Pas encore terminée… Déjà souillée. » C’est la désolation : « Le projet définitif ne verra le jour qu’à la fin du mois d’octobre, mais l’espace d’exposition temporaire et les plantations installées à proximité du métro La Chapelle ont des allures de squat : bouteilles d’alcool par dizaines et déchets jetés dans les bacs, poubelles éventrées, urine et salissures ont défiguré les lieux. »

Pourtant, 35 agents de la DPSP (Direction de la prévention, de la et de la protection) ont été affectés à la protection du chantier. Interrogée par Le Parisien, le maire PS du Xe, Alexandra Cordebard, avance cette explication qui mériterait de figurer dans « La langue de bois pour les Nuls ». « La situation est extrêmement dégradée depuis des décennies. Nous sommes dans une phase de reconquête, et cela va prendre du temps », dit-elle. « Dans cet , très masculin, livré aux activités illicites, il va falloir créer de nouveaux usages, refaire de la place à tout . Notamment aux femmes qui doivent à nouveau se sentir à l’aise, et aux enfants. »

Depuis des décennies, en effet, le XVIIIe est dirigé par la socialiste qui a fabriqué la ghettoïsation des quartiers. Entre Maghreb et Afrique, prières de rue et commerces ethniques sont venus s’ajouter les migrants du bout du monde et, maintenant, les mineurs marocains, enfants des rues qui terrorisent le quartier. Quand le maire évoque un « environnement, très masculin, livré aux activités illicites », il faut comprendre que les musulmans radicaux y font la loi, empêchant les femmes de sortir dans un espace public livré jour et nuit aux dealers.

Alors oui, à l’autre bout de l’arrondissement il y a la butte Montmartre et ses touristes, les jolis commerces et Amélie Poulain en ligne de mire. Alors oui, Mme Hidalgo va végétaliser l’arrière de l’opéra Garnier, le parvis de l’hôtel de ville et celui de la gare de Lyon. Les touristes et les CSP+ viendront y siroter des cafés à 10 euros la tasse pendant que les classes moyennes, refoulées toujours plus loin du périphérique, s’entasseront dans des transports hors d’âge.

Au classement mondial des villes les plus agréables, Paris a perdu 6 points, reculant à la 25e place. Elle a aussi perdu 12.000 habitants par an, classes moyennes avec familles qui fuient les prix exorbitants et la chienlit des quartiers populaires. Même « végétalisés ».

5 septembre 2019

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