“Le parc éolien de Dieppe-Le Tréport pose énormément de difficultés. Emmanuel Macron aurait dû rouvrir le débat !”

Emmanuel Maquet, député LR de la Somme, précise le sens de sa position sur les éoliennes, notamment l’éolien en mer, et dit sa préférence pour l’éolien flottant. Il souligne l’impact négatif du projet de Dieppe-Le Tréport sur la pêche et le parc naturel marin.

Vous avez signé une tribune dans Le Figaro pour vous opposer à la construction supplémentaire d’éoliennes. Emmanuel Macron se rend dans les Côtes-d’Armor pour donner l’orientation du gouvernement sur le sujet. Qu’avez-vous pensé de son intervention ?

Le président de la République a annoncé deux choses. Il y a aura une renégociation des tarifs sur les six parcs lancés depuis quelques années. Cinq d’entre eux ne posaient pas d’énormes difficultés, car il s’agit d’éoliens posés. Le sixième, celui de Dieppe, pose énormément de difficultés.
J’avais proposé, en commission spéciale, un amendement permettant de déporter ce parc de plusieurs kilomètres. Il y a un accord avec le monde de la pêche pour que ce parc puisse se faire, mais en l’éloignant du périmètre sur lequel il avait été, à deux reprises, envisagé de le faire au travers d’un débat public.
Même si ce n’est pas nouveau, j’aurais aimé qu’à travers cet amendement, nous puissions déplacer les parcs plutôt que de conserver des emplacements qui posent énormément de difficultés au monde de la pêche et au parc naturel marin au large du Pas-de-Calais et de la Somme.

Quelle est la position de vos concitoyens sur l’éolien dans votre circonscription ?

Quand il est fait d’une façon autoritaire, il pose problème. Ici, on parle bien d’éolien en mer. Il y a un impact sur la visibilité. C’est là que l’éolien flottant est intéressant, puisqu’on peut l’éloigner des 14 km du littoral et, donc, minimiser l’impact visuel.
Si l’endroit choisi au large de Dieppe est un endroit où les pêcheurs ont l’habitude d’exercer leurs activités, c’est bien que les fonds contiennent une réserve de biodiversité considérable. Nicolas Hulot l’a d’ailleurs reconnu.
Il y a donc un intérêt à rouvrir le débat et à déplacer ce parc. Nous ne sommes pas à une année près pour l’implanter. Si ce n’est pas 2023, ce sera 2024. Personne n’en mourra. De surcroît, nous avons mis en place un cadre législatif, avec les permis enveloppe, qui permet d’aller nettement plus vite. Nous avions donc une solution pour satisfaire l’ensemble des parties prenantes et sortir par le haut. En confirmant ce projet d’implantation, le président de la République n’a pas voulu l’entendre. Je trouve cela fortement dommage.
Il n’y a pas d’accord du parc naturel marin. Je précise qu’il est difficile de mettre en place un parc naturel marin en mettant autour de la table les écologistes, les chasseurs et les pêcheurs et les élus. Cela fait dix ans que nous nous battons pour le faire. Je rappelle que tout le monde a démissionné du parc marin. La situation est difficile. Nous allons travailler à reconstituer un exécutif avant le 13 juillet, mais je ne sais pas si les pêcheurs reviendront. C’est donc une occasion de perdue.

Concernant les annonces du Président. Je rappelle que le journal Les Échos avait annoncé quarante milliards possibles. Le président de la République parle de quinze milliards. Cela veut dire que l’objectif n’est pas atteint. Nous n’en sommes même pas à la moitié des négociations. On peut se glorifier, dans l’Hémicycle, de quinze milliards d’économies. J’aurais préféré qu’on aille au-delà des 50 %. Je comprends que ces consortiums ont pris des risques et qu’ils veulent structurer une filière. Mais il me semble que nous n’avons pas été très ambitieux dans la renégociation.

Le Président semble avoir soufflé le froid et le chaud sur l’éolien, pour reprendre les termes du Huffington Post. S’agit-il de la stratégie du « en même temps » qui continue ?

Je crois que nous assistons à une stratégie perdante sur l’éolien posé. L’ensemble des pays du Nord et bon nombre de consortiums étrangers ont pris énormément d’avance. J’aurais préféré que nous mettions le paquet sur l’éolien flottant. Nous aurions, ainsi, peut-être eu une chance de refaire notre retard.