On savait déjà que le ministre Pap Ndiaye avait scolarisé ses enfants dans la prestigieuse École alsacienne. Interrogé par Le Parisien (25 juin), il s'en est expliqué : « Ils étaient scolarisés avant en REP+. Il y a des moments qui, dans le développement de l'enfant, peuvent être compliqués. C'est le choix de parents d'enfants pour lesquels, à un moment, les conditions d'une scolarité sereine et heureuse n'étaient plus réunies. »

Voilà des parents responsables qui cherchent, pour leurs enfants, un établissement où ils puissent travailler en toute sérénité et trouver plaisir à s'instruire ! On ne peut que les féliciter mais, quand il s'agit d'un ministre de l'Éducation nationale, on souhaiterait qu'il eût une pensée pour tous les élèves qui n'ont pas ce bonheur. Et pour leurs parents qui n'ont pas la possibilité d'inscrire leurs enfants ailleurs, notamment les plus modestes.

Le ministre reconnaît implicitement que les établissements qui font partie des réseaux d’éducation prioritaire renforcée (REP+) connaissent les plus grandes concentrations de difficultés sociales, avec des incidences fortes sur la réussite scolaire. Dans ces établissements, la présence de perturbateurs plus nombreux qu'ailleurs, les carences aiguës d'un grand nombre d'entre eux font qu'il est impossible d'y enseigner et de s'instruire normalement, malgré les moyens supplémentaires alloués et le dévouement des professeurs.

En finir avec le collège unique

Suggérons donc à notre ministre, au cas où il lirait ces lignes, quelques pistes susceptibles d'améliorer la situation. Car c'est bien beau de promouvoir, en haut lieu, la mixité sociale à l'école, de proclamer que l'éducation à la diversité, c'est l'école de la vie, qui prépare l'enfant à la d'aujourd'hui, quand on commence par mettre ses propres enfants à l'abri.

Il faudrait sans doute assouplir la carte scolaire pour donner plus de choix aux familles. Comme le nombre de bons établissements reste limité, il faudrait surtout rompre avec l'égalitarisme niveleur, aux effets dévastateurs, et, pour commencer, en finir avec le collège unique, dont l' ne se remet pas. Ne serait-il pas plus efficace de créer des classes de niveau, aux effectifs réduits pour les élèves en difficulté ? De mettre dans des structures spécialisées les élèves indociles et rebelles à l'instruction ? De rétablir dans les classes une saine émulation ?

On entend déjà la bien-pensance frémir d'indignation. Quelle discrimination ! Comment peut-on avoir de telles idées ! Quelque réactionnaire, sans doute... C'est pourtant un tel qui permettait autrefois à un enfant de paysan ou d'ouvrier de devenir instituteur ou normalien. Notons, au passage, que ce ministre, qui prétend vouloir lutter contre toutes les discriminations, ne trouve rien de mieux que d'ostraciser le Rassemblement national, qu'il s'obstine à appeler le Front national. Bel exemple de tolérance et d'ouverture aux autres !

Dans son entretien fleuve au Parisien, le ministre Pap Ndiaye indique que ses priorités sont le bien-être à l'école, l'écologie dans les programmes, la lutte contre les inégalités, oubliant apparemment que la maîtrise de la lecture, de l'écriture, du calcul et, plus généralement, l'acquisition du savoir devraient être l'objectif premier de l'enseignement. Il estime que « [l'école française] se débrouille très mal avec les enfants défavorisés », mais ne propose rien pour y remédier. C'est le représentant d'un boboïsme replié sur ses certitudes, plus prompt à sermonner qu'à agir, et d'une élite bien-pensante qui n'aspire qu'à conserver ses privilèges et à se reproduire.

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27 juin 2022

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43 commentaires

  1. Avec les absurdités qu’il sort à longueur de journée, ce n’est demain la veille que l’EN va remonter la pente . Pour lui l’école de la République où l’on pousse des jeunes vers des débouchés auxquels ils ne verront pas d’issue et pour ce monsieur sa progéniture bien à l’abri dans une « couveuse de choix ». Je le répète quand cesserons nous d’envoyer tous ces oligarques faire des cursus aux USA

  2. Cet escroc intellectuel devrait commencer par arrêter de se dire noir, il n’est pas plus noir que blanc, il est exactement moitié noir et moitié blanc, comme Obama.

  3. « L »Instruction Publique » avec un Général à sa tête !!
    Et que ça tourne !!

  4. La conclusion de votre article exprime parfaitement l’origine de l’état de notre instruction public. Une fois de plus la croyance que la gauche soit défenseur du peuple et responsable de son enrichissement intellectuel est noyée dans sa malhonnêteté.

    1. En général une maladie sa se soigne mais pour lui pas de remèdes, le laboratoire a fermé faute de clients insuffisants.

  5. L’année dernière j’avais dans ma classe de cm1 trois élèves hyper violents, plus quelques autres à problèmes. J’enseignais pourtant dans une petite ville campagnarde.
    Il est arrivé que je me retrouve avec 2 éléments perturbateurs en moins. Mes élèves m’ont dit : madame, c’est mieux. Tu te mets moins en colère, nous on aime mieux quand c’est comme ça « ! Je me suis aperçue que je ne pouvais plus enseigner dans ces conditions.

  6. On pourrait peut-être lui adresser le chef d’oeuvre de ce candidat au bac, objet d’un précédent article, ça pourrait le faire réfléchir s’il n’est pas trop endoctriné.

  7. Et nos enfants eux peuvent être confronté quotidiennement aux racailles , subir , souffrir .Et l’on s’étonne que tant d’ados se suicident , sont mal dans leur peau .Sans oublier le programme scolaire qui est fait pour épargner ces populations qui refusent de s’intégrer, rejette la langue française et sèment la zizanie pendant les cours .Monsieur NDIAYE ce n’est pas de cela que nous voulons pour nos enfants .

  8. S’il était permis sans censure de qualifier ce triste individu qui nous précipite au fond du puits , mais voilà … !!!!

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