Oyez oyez, brave gens : Santé publique France, établissement public placé sous la tutelle du ministère de la Santé, a décidé de financer une de publicité pour « sensibiliser et mobiliser les Français autour de l’acceptation des minorités sexuelles et de la nécessité de faire cesser les discriminations LGBTphobes ».

Public, c’est ce qui ne coûte rien car c’est l’État qui paie (jurisprudence Hollande) et on aurait préféré que cela soit gratuit. À tout le moins.

Une d’affiches publicitaires, hautes en couleur, style abolition des gestes barrières par anticipation (comme quoi l’utilité du masque…), gros plans sur des personnes qui se serrent fort dans les bras, tout sourire : « Oui ma fille est lesbienne » , « Oui ma petite-fille est trans », « Oui ma coloc est lesbienne » ou « Mon père est gay », quoi de plus banal, en somme. Chacune des affiches marquées du slogan : « Face à l’intolérance, à nous de faire la différence. »

C’est l’éducation du lambda ou quidam que nous sommes par l’éternelle rengaine qui vise à imposer le concept de tolérance au risque de se voir accuser d’intolérance.

L’agence Babel à l’origine de cette campagne de publicité explique, sur son site Internet, que « l’indignation face aux discriminations, si elle peut être mobilisatrice, ne permet plus de créer une dynamique suffisante pour faire évoluer les représentations et les comportements, Babel prend le parti de montrer la voie à suivre et de susciter l’adhésion de tous via une approche positive et inclusive ».

Charitable avec nous, l’agence Babel ! Voilà que dans son explication de texte au commun des mortels, elle se propose de nous montrer le chemin – entendez le comment-penser-pour-penser-bien -, le tout enrubanné d’images de gens qui ont l’air de s’aimer fort ; il faudrait manquer de cœur pour ne pas adhérer. Et, bien sûr, personne n’en a envie. De manquer de cœur.

C’est, d’ailleurs, là qu’est toute la malignité du message qui s’affiche en géant sur nos abris de bus. Ces photographies couleurs entrent dans la sphère familiale, celle qui relève de l’intime : gros plans d’un père et son fils enlacés, d’une mère et sa fille serrées-collées, d’une grand-mère et sa petite-fille qui se câlinent en souriant.

On n’a pas envie de conditionner l’amour que l’on porte à son enfant à son orientation sexuelle. Certes.

Mais a-t-on envie (besoin ?) pour autant de mêler cet instant d’intimité familiale à la revendication affichée d’un penchant sexuel ? Cette campagne de publicité est provocante, à souhait et à dessein, et l’agence Babel ne s’en cache même pas : « C’est un encouragement à parcourir les derniers mètres vers l’acceptation totale. »

L’acceptation comme une soumission. À une tyrannie de la minorité qui exige d’imposer ses codes de sexualité plurielle au cœur de notre cercle privé pour, d’une banalité, l’ériger en modèle de vie. Cette campagne publicitaire aux deniers publics sonnants et trébuchants est agrémentée d’un spot télé et d’une série de podcasts intitulée « Et alors ? »

Et alors ? Alors toutes les mamans de enfants ou moins jeunes n’ont pas envie d’avoir à leur expliquer, en attendant le bus ou en promenant leur chien, ce qu’est un « trans » dans le texte.

Cette campagne d’affichage violente et impudique ne donne en aucun cas le choix à la personne qui la reçoit d’adhérer ou pas au message, au vocabulaire, à la définition que chacun donne de la sexualité et du bon moment pour en parler. « L’intolérance des tolérants existe, de même que la rage des modérés », citait Victor Hugo. À l’intolérance, je réponds donc en rageant.

27 mai 2021

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