Le diagnostic vient de tomber, à la fois terrible et cruel. Pire qu’une pandémie, plus pernicieux qu’une dictature en gestation, n’y allons pas par quatre chemin, l’instant est grave : « La vulve est sous-représentée par rapport à la bite. » C’est en ces termes qu’Ovidie, documentariste, spécialiste des questions de sexualité, doctorante en lettres et chargée de cours en écriture documentaire à l’ de Limoges, nous annonce le tragique constat. Avec un tel curriculum, nul doute, les portes de Sciences Po seraient plus qu’entrouvertes à cette féministe, ancienne actrice porno de surcroît, dotée d’une rigide expérience de terrain.

C’est sur Arte, la chaîne culturelle (mais pas que), insérée entre deux docus récurrents sur les heures les plus sombres, que la Libres !, sous-titrée Manifeste pour s’affranchir des diktats sexuels, va opérer « un vrai travail de déconstruction des stéréotypes sexistes […} et surtout une façon de mettre un bon coup de pied aux fesses des préjugés sur la sexualité et le corps féminin, des menstruations jugées “dégoûtantes” aux canons de beauté maigrichonne qui nourrissent les troubles alimentaires de milliers de femmes ».

« Cachez ce sang » est un des épisodes préférés de la réalisatrice, et notamment la plongée dans un vagina dentata, un vagin à dents, puis dans un long tunnel. « Je croyais à fond à ce plan. On n’est quand même pas tout à fait avancés sur ces questions-là. Ces dernières années, cela a un peu bougé sur le sang des règles, on a eu la qui montrait un liquide rouge et pas un liquide bleu […]. On peut voir des éjaculations à n’en plus finir dans le porno, du sperme à chaque scène, mais jamais on ne verra une actrice avec ses règles, alors que c’est un truc hyperbanal d’avoir un rapport pendant ses règles. » « Il y a des représentations dites “phalliques” partout, poursuit-elle, tu demandes à quelqu’un de dessiner une vulve, tu vas avoir un moment d’absence, alors qu’une bite, on la dessinera sans problème. On ne parle pas, d’ailleurs, de “représentations vulvaires”, contrairement aux représentations phalliques. »

Voilà, chers camarades. Que dire. Sur Arte, et partout ailleurs dans la officielle, c’est à cela, entres autres, que se résume, de nos jours, l’activisme inhérent de la fumisterie féministe : la vulve est sous-représentée par rapport à la bite. Après les poitrines redondantes des Femen, le vagin géant de Versailles, une sculpture en forme de clitoris à la fac, il devient de plus en plus ardu d’intégrer les tenants et les aboutissants de cette obsession histrionique qu’ont de plus en plus ces progressistes vulvo-centrées à l’égard de leurs organes génitaux. Pourquoi tant de monomanie ? Le qui a prétendu libérer la femme de son rôle d’objet sexuel insiste à la réduire à l’organe du même nom. Après la femme objet, la femme quota dans les administrations ou la ségrégation professionnelle basée sur le genre, nous voici à l’ère de la femme vagin. Quoi de plus insultant, de condescendant, d’humiliant envers les femmes venant de la part de ces cuistres autoproclamées de l’émancipation menstruelle. Sus à la méritocratie, nous voici entrés dans l’ère de la vulvocratie ; une reductio ad vaginum, ou quand le mouvement de libération de la femme se mue en mouvement d’affranchissement d’une intime partie de son anatomie.

Mais encore, le but ultime avoué est de surtout s’affranchir des diktats du patriarcat. Foi de Gustave Courbet, a-t-on déjà vu, par exemple, l’auteur du Premier , Éric Zemmour, parfait exemple de mâle honni, se prévaloir sur les plateaux télé, « pour faire avancer le débat », d’un activisme centré sur les critères morphologiques du zizi masculin ? Et si, pour paraphraser enfin Nicolás Gómez Dávila, le progressisme intersectionnel féministe ne « travaillait avec ardeur que pour mettre la vulgarité à la portée de tous » ? À tous les niveaux, et à des années-lumière du véritable débat intellectuel.

31 janvier 2021

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