Bien qu’il n’y ait finalement pas de troisième confinement en France (mais pour combien de temps encore ?), pour lutter contre l’inusable Covid-19, un groupe d’opposants se développe sur la Toile, sous les bannières #JeNeMeConfineraiPas et #JeNeMeReconfineraiPas. De fait, une cause politique n’existe pas si elle n’est pas un site ou un hashtag, le numérique étant aussi la simple continuation de la politique par d’autres moyens. Seulement, troisième confinement ou pas, ces rebelles signifient quelque chose sur le plan métapolitique : leur mouvement épouse le bipartisme observé depuis un an. Entre les « anti- », essentiellement de sociale et de droite nationale, contre les « pro-masques », généralement macroniens, c’est-à-dire des bobos et des retraités. En bref, les et les réactionnaires contre 68 et ses enfants.

Ne serait-ce que pour des motifs sociologiques, les démocraties libérales devaient nécessairement prioriser la santé, par rapport et à la prospérité et à la liberté ; conformément au « triangle d’impossibilité » que l’économiste Hubert Kempf avait indiqué au centre de réflexion Telos. Logique, mais erroné, malgré tout, pour deux raisons : 1) la prospérité, dans sa stricte dimension financière, ne peut être menacée tant que les centrales se portent garantes des dettes publiques de nos chers États, 2) la liberté, en tant qu’infinie potentialité, ne peut se réaliser qu’avec des propriétés, nul ne pouvant être sans avoir. Bouger pour exister, donc voyager et se connecter à l’envi. Résultat : les n’ont jamais été véritablement fermées et le salariat a considérablement accéléré sa mutation en télétravail.

Ainsi, considérons le confinement pour ce qu’il est : un outil politique, et nullement sanitaire. Pire encore, lorsqu’on constate l’incurie des gouvernants occidentaux, tant leur arrogance que leur incompétence. En outre, le confinement chinois lui-même – le plus strict, le plus efficace et celui qui a servi de modèle à tous les autres – s’est pratiqué à partir de deux urgences : une démographique (des immenses transferts de population au moment du Nouvel An chinois), l’autre idéologique (des courageux dénonçaient l’aveuglement du régime face aux premiers signes de l’épidémie). Mais, à chaque fois, ces assignations à résidence n’ont fait que retarder l’inéluctable, à savoir une dissémination exponentielle du virus, puisque beaucoup sont tombés malades à domicile. Et, en biologie comme ailleurs, la vie s’intensifie quand les cellules se divisent… Dialectique de la séparation et de la confrontation.

Dans tous les cas, rien de nouveau à l’horizon, l’angoisse ayant toujours été la principale arme du pouvoir. Enfin, il n’y a ni trop d’État ni pas assez d’État lorsque l’autoritarisme annihile l’autorité. Sans oublier les deux incontestables gagnants de cette crise sanitaire à l’échelle mondiale : la Silicon Valley et le Big Pharma. En conclusion, une révolte devrait naturellement apparaître, mais certainement pas une révolution. Pourquoi ? Les nouveaux gentils ont l’arme absolue : le chômage partiel, ou le premier revenu universel. Faire voir petit dans un tout petit monde.

31 janvier 2021

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