«Nous ne sommes pas soumis et, donc, on déplaît » : Bolloré tête haute et sabre au clair

Devant la commission sur l'audiovisuel public, l'homme d'affaires assume tout. Sa foi et son engagement pour la France.
Capture d'écran AN

Il ne s’est pas dérobé. Et mieux encore : il a dit avec des mots très simples et une grande habileté toutes les vérités que la gauche ne supporte plus. Vincent Bolloré était auditionné, ce mardi 24 mars, par la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public qui reprenait ses travaux. Le milliardaire français était reçu au titre de la participation de Vivendi dans l’entreprise Banijay, société de production qui a des contrats avec le service audiovisuel public.

Une audition que certains députés imaginaient comme un piège. Une occasion de mettre l’entrepreneur en difficulté pour que son projet « raciste et islamophobe » qu’il porte à travers les médias qu’il possède – et dirige en sous-main – soit mis au grand jour. Chou blanc. Les parlementaires ont écouté, trois heures durant, un homme répondre avec une franchise et une simplicité désarmante. En assumant tout.

« Je crois en Dieu et en le Christ »

Contre ceux qui l'accusent de vouloir la privatisation de l’audiovisuel public, il l’affirme très clairement : « Je suis favorable à l’audiovisuel public mais qui ne coûte pas 4 milliards. » « En dix ans, vous vous retrouvez avec quatre porte-avions au lieu d’en avoir un », a illustré l’homme d’affaires breton, qui plaide pour un plan d’économie drastique, à l’image de ce qu’il a fait en redressant Canal+, qui est désormais un des fleurons français. « Le problème du service public, en fait, c’est le problème de la France. Le vrai sujet est : a-t-on l’argent encore aujourd’hui ? On sait que non, on glisse sur le plan financier. Donc, où l’État doit-il mettre son argent en priorité ? »

Vincent Bolloré déroule avec simplicité ses convictions. « Je suis démocrate-chrétien, explique-t-il à ceux qui le condamnent pour fascisme et font de lui le « bouc émissaire parfait », rôle qu'il endosse volontiers pour faire le « paratonnerre ». « Je suis démocrate, c’est-à-dire que je respecte le vote des citoyens, et chrétien, c’est-à-dire que je crois en Dieu et en le Christ. » C’est à ce titre que l’homme d’affaires a pleinement assumé son soutien à Jean-Marc Morandini, évoquant devant la commission les valeurs du « Notre Père » avec celles du « pardon » et la « miséricorde » qui peuvent succéder à la « justice ».

CNews, une voix libre

Interrogé sur CNews, celui qui affirme « ne pas regarder la télévision » persiste et signe, face à ses détracteurs de tout poil. Il le sait, au-delà des parlementaires qui sont présents dans cette salle, ce sont les Français, et avec eux ses ennemis (pour lesquels il « prie »), qui écoutent et scrutent chacune de ses paroles. « Je représente un monde que certains voudrait voir disparaître, c’est-à-dire un monde attaché à ses racines, mais qui avance », explique Vincent Bolloré, qui invite chacun à « combattre pour notre pays qui est en difficulté », « il est important que ceux qui ont du courage disent : peut-être qu’on ne vous plaît pas, mais on est comme ça ». « CNews a du succès, malheureusement, parce que CNews dit des choses que les autres chaînes ne disaient pas, et donc on dérange. »

Le capitaine d'industrie n’hésite pas à dénoncer une « caste dirigeante qui vit dans l’opulence alors que la situation n’est pas bonne » et la compare au film Gatsby le Magnifique. Lorsqu’on lui demande si l’Arcom fait peser une menace sur CNews, celui-ci confirme avec philosophie cette possibilité : « Je laisse à mes ennemis la liberté de vouloir nous supprimer. » L’Arcom ? Il la définit comme une représentation « de gens qui pensent que... » « Dans la France d’aujourd’hui, vous avez 85 % des gens qui voient leur situation se dégrader. Et puis, vous avez encore un certain nombre de gens qui vivent dans une prospérité et une félicité, pas forcément financière. » Vincent Bolloré a survolé cette audition avec une grande maîtrise. Une parole ferme et désarmante de simplicité, étrangère aux habituels éléments de langage précautionneux qui prévalent souvent à l'Assemblée nationale. Étonnant exercice de liberté.

Picture of Yves-Marie Sévillia
Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

87 commentaires

  1. On peut simplement raisonner ainsi, devant la hargne sournoise:
    les médiocres n’aiment pas ce qui les dépasse.

    • Les médiocres votent pour ceux qui pensent et agissent comme eux. Et comme ils sont TRÈS nombreux.. et contagieux! Une démocratie finit donc toujours par pourrir au fond de la corruption et de la ruine, c’est logique. D’où la nécessité d’un sursaut des consciences pour provoquer un renversement du pouvoir pour virer de bord et remettre de l’ordre et de la moralité!

  2. Pour les médiats audio-visuels publiques l’idée est de nous présenté, pour quatre milliards d’Euros annuels, la France comme ils voudraient qu’elle soit mais pas comme elle est, de là on vois facilement l’opposition d’un peuple concerné et que M Vincent Bolloré en est le principale porte parole.
    C’est bien des acteurs de France Inter ou France 5 qui ont promis en publique de s’occuper de la Ministre candidate Maire de Paris dont on connais l’actualité qui s’en est suivie.
    Il n’y a pas photo.

  3. Quand on a des convictions, il faut les affirmer hautement. La Droite ne doit plus s’excuser d’être de droite, ni reprendre la novlangue que la gauche veut imposer. Bolloré, comme Melenchon, sont 2 hommes de conviction. C’est ce qui fait leur force.

  4. Je ne plaisante pas, mais il y a des milliardaires qui vivent dans des pensées de pauvres, ou mieux, dégagées de l’argent. Le bien-être avec soi est une valeur qui ne se vend ni s’achète. On ne peut pas dire que dans les sphères bienpensantes gavées d’argent public l’esprit soit serein. Elles savent bien leur main coupable, mais au lieu de la retirer de leur bocal idéologique formel, elles accusent et accusent encore ceux qui les voient tels qu’ils sont. Et tels qu’ils sont, ça ne sent pas bon. Ils s’enrichissent chaque jour de contre-vérités qui mettent au jour leur médiocrité. S’ils se rendaient à la vérité, pas la leur, ils feraient le bonheur citoyen. Ils appellent à « vivre ensemble » mais sont incapables de vivre avec eux-mêmes : ils sont infréquentables.

  5. Pas d’inquiétude : tout ce qu’il a dit sera disséqué et détourné afin de lui faire dire ce qu’il n’a pas dit.

  6. Remarquables réponses de ce Monsieur, d’une grande dignité, bien supérieur intellectuellement que tous ces petits hommes gris.
    Il a viré tous ces petits profiteurs qui mettaient en danger son entreprise et suite à la qualité de ses intervenants , son media a remporté tout le succès qu’il mérite, ne bénéficie pas d’argent public et ne lui coûte pas 4 milliards d’euros, sinon c’était la faillite assurée.
    De plus, concernant l’affaire Morandini, (dommage c’était un très bon journaliste et son émission intéressante) il ne pouvait que démissionner cela me semblait logique mais il n’y a que ceux qui ont la foi chevillée au corps qui pourraient comprendre son pardon.
    Quant à ces mêmes petits profiteurs, en rejoignant le service public, se gavent d’argent public, et grâce à la commission d’enquête et au travail remarquable de C. Alloncle, les Français ont découvert leur gabegie et il est plus facile de profiter de l’argent public donc nos impôts se sachant au-dessus des lois, des règles morales et surtout leur mépris à l’égard de cette même commission donc envers les Français était écoeurante

  7. J’ai suivi et je résume : mettre à la place d’Ernotte une personne compétente. et réduction drastique des dépenses. Merci à lui d’avoir mis la priorité sur les agriculteurs, pêcheurs.

  8. J’apprécie le message positif de ce capitaine d’industrie « Je suis démocrate et chrétien ! » puisse Dieu lui prêter longue vie, les personnes positives se font plutôt rare dans cette société égoïste.

  9. la logique même:clame serein un homme de conviction. merci Mr Bollore.ne cedez pas vous n’êtes pas seul des millions degens sont derriere vus et vous soutiennent.

  10. Une pétition en ligne sur le site de l’assemblée nationale circule pour la suppression de l’arcom est disponible

  11. Cette commission d’enquête est censé se porter sur l’audiovisuel public. Les questions sur CNEWS sont donc hors-sujet, le président de la commission aurait dû les refuser.

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