Albert Camus disait : « La démocratie n’est pas la loi de la majorité, mais la protection des minorités. » Lorsque ce sont les minorités qui font la loi, la proposition s’inverse et c’est la majorité qui n’est plus protégée.

On le constate chaque jour : une poignée de conducteurs fait grève et tous les transports sont bloqués, une minorité de marins arrête le travail et voilà les ports à l’arrêt, quelques hurluberlus d’une violence inouïe se mêlent à des manifestants et nos villes sont saccagées. On pourrait dérouler longtemps cette liste.

Que se passe-t-il dans notre pays pour en « être arrivé là » ?

Certains évoquent l’incroyable incompétence de « ceux qui nous gouvernent ». Il est vrai que la calamiteuse gestion des réformes témoigne d’une stupéfiante nullité technique dans la plupart des domaines. Le pouvoir est donc passé entre les mains des technocrates (particulièrement les inspecteurs des finances), une minorité complètement « hors-sol ».

Nos institutions font qu’une fois élu, le Président dispose de tous les pouvoirs. Il « fait ce qu’il veut » pendant cinq ans.

S’il décide, comme c’est systématique, de passer en force quel qu’en soit le prix social, économique, financier et même politique, il est sûr de « gagner », quoi qu’on fasse !

Macron a dû faire sienne cette remarque de Tocqueville : « Presque tous les extrêmes s’adoucissent et s’émoussent, presque tous les point saillants s’effacent pour laisser place à quelque chose de moyen. » « Moyen », le mot est lâché : moyen, c’est la même chose qu’uniforme (à forme unique avec le même costume), tout comme « universel ». On en vient ainsi à l’uniformisation du régime des retraites, un truc impossible à réaliser.

D’autres pensent que tout cela n’est pas le fruit du hasard. Le fait de « mettre dans un mixeur » tout ce qui a fait la France : son histoire, sa culture, ses arts, sa religion, ses traditions, sa science, ses succès technologiques… pour en faire une gigantesque bouillie tellement immangeable qu’il faudra tout jeter est totalement délibéré.

Macron est un pur produit des mondialistes, ces illuminés qui rêvent d’un « monde globalisé » sans nations ni peuples, avec un gouvernement mondial et une monnaie unique. Je me souviens avoir entendu Attali le déclarer lors d’une conférence.

Macron est « la créature » d’Attali et il est de notoriété publique que la plupart de nos politiques importants sont passés par Davos et le club Bilderberg (Philippe, Macron, Le Maire, Lamy…).

Si monstrueux que cela puisse paraître, il y a une certaine cohérence entre cette vision du monde et l’entreprise de démolition systématique de notre pays, comme si la France était un « cas expérimental » pour les mondialistes, avec tous les ingrédients nécessaires.

Tout le monde parle, personne n’écoute, il y a les minorités triomphantes et « le troupeau » martyrisé et quasiment résigné.

La démocratie, ce n’est pas cela.

Dans Le Rivage des Syrtes, Julien Gracq fait dire au vieux sage : « À tous il est permis, dans certaines limites, de parler, à quelques-uns il est réservé de savoir. » Les temps que nous vivons sont la parfaite illustration de ce propos et ce n’est pas réjouissant. Même si Camus disait : « Il faut imaginer Sisyphe heureux », je n’ai pas envie de passer mon temps à rouler mon rocher.

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