Jean-Noël Barrot : critiquer Bruxelles, c’est faire le jeu de Poutine
« Tout candidat qui se défie de l'Union européenne sera soutenu d'une manière ou d'une autre par Vladimir Poutine. » Avec Jean-Noël Barrot, le débat politique a au moins le mérite de devenir simple. Vous critiquez Bruxelles ? Le Kremlin n'est jamais bien loin. Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères ne vise pourtant pas un parti, une personnalité ou une opération d'influence précise. Il ratisse large : « Tout candidat » qui se défie de l'Union européenne serait susceptible de recevoir le soutien de Vladimir Poutine.
Tout candidat qui se défie de l’Union européenne sera soutenu d’une manière ou d’une autre par Vladimir Poutine.
Il veut que l’Union européenne se disloque. pic.twitter.com/m93naMTNEm
— Jean-Noël Barrot (@jnbarrot) September 5, 2026
La construction européenne ne fait donc plus seulement l'objet d'un débat politique. La contester devient, dans la nouvelle grammaire de l'extrême centre, un indice de proximité (même indirecte) avec Moscou.
Le souverainiste dans le camp du Kremlin ?
La formule est pour le moins pratique. Réclamer davantage de souveraineté pour la France ? Faire le jeu de Poutine. Défendre une Europe des nations ? Servir ses intérêts. Vouloir sortir de l'Union européenne ? Voilà qui pourrait bien vous conduire, « d'une manière ou d'une autre », dans l'orbite du Kremlin. À ce compte-là, il faudrait peut-être s'interroger sur le référendum de 2005. Près de 55 % des Français avaient alors rejeté le projet de Constitution européenne. Une majorité d'« agents objectifs » de Vladimir Poutine avant l'heure ? À moins, évidemment, que l'on puisse simplement critiquer les institutions européennes sans éprouver la moindre fascination pour le président russe.
C'est précisément ce que dénonce Nicolas Dupont-Aignan. « C'est indigne, c'est une insulte, une calomnie », réagit, auprès de Boulevard Voltaire, le président de Debout la France. Il estime que ce discours vise à « invisibiliser plus de la moitié des Français ».
L'ingérence russe, argument politique commode ?
Les ingérences étrangères constituent pourtant un sujet sérieux. Des campagnes de désinformation attribuées à des réseaux pro-russes ont récemment visé plusieurs personnalités françaises, notamment Gabriel Attal et Édouard Philippe. Mais certaines de ces opérations ont connu une diffusion initiale très limitée. Leur dénonciation publique et leur reprise médiatique leur ont ensuite offert une audience bien plus importante.
Le constat mérite d'être posé : une opération de désinformation peut être réelle tout en ayant une portée marginale. Sa révélation peut, elle, produire une séquence politique de premier ordre. Il ne s'agit évidemment pas de soutenir que les responsables politiques concernés auraient inventé les attaques dont ils ont été victimes. La question est plutôt de savoir ce que devient, politiquement, la menace russe, une fois entrée dans le débat électoral.
Nicolas Dupont-Aignan y voit, lui, une « stratégie politicienne ». Une analyse qui fait écho à une tendance de plus en plus visible : à mesure que se rapproche l'échéance présidentielle de 2027, l'ombre du Kremlin semble surgir derrière chaque débat politique français.
De l'ingérence au procès en euroscepticisme
Et c'est ici que Jean-Noël Barrot franchit une étape supplémentaire. Dénoncer une campagne étrangère identifiée est une chose. Expliquer que « tout candidat » critique envers l'Union européenne sera soutenu par Vladimir Poutine en est une autre. Le raccourci est saisissant. Moscou aurait intérêt à une Europe affaiblie ? Donc, ceux qui contestent Bruxelles seraient forcément, d'une manière ou d'une autre, ses alliés objectifs. Voilà une mécanique politique particulièrement confortable, pour l'extrême centre. Elle permet de ne plus répondre aux critiques formulées contre l'Union européenne. Il suffit de les placer sous une lumière rouge venue du Kremlin. Le souverainiste ne serait plus seulement un adversaire politique. Il deviendrait un suspect.
À l'approche de 2027, le procédé pourrait se révéler redoutablement efficace : d'un côté, le camp de l'Europe et de la démocratie ; de l'autre, tous ceux que l'on peut soupçonner de servir, consciemment ou non, les intérêts de Vladimir Poutine. Une vision du débat public qui tient en deux mots : Bruxelles ou Moscou.
Entre les deux, Jean-Noël Barrot semble avoir oublié qu'il existe encore une idée parfaitement française : la souveraineté.
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92 commentaires
« Tout candidat qui se défie de l’Union européenne sera soutenu d’une manière ou d’une autre par Vladimir Poutine. » Comme c’est commode ! Ainsi, nul débat sur l’UE n’est possible. Il veut nous faire croire qu l’UE serait tellement parfaite que personne n’aurait l’idée de la critiquer … sauf quelqu’un mandaté par Poutine ?! Depuis des années, il était dèjà impossible de faire le bilan de l’UE et de débattre du Frexit dans les médias mainstream, François Asselineau en sait quelque chose puisqu’il est systématiquement invisibilisé dans les médias tant ses analyses clairvoyantes – basées uniquement sur les faits – font trembler le système. Mais, là, on franchit un degré supplémentaire dans l’interdiction du droit à la libre expression et au débat démocratique. La Sainte Europe devient un dogme qu’on ne peut remettre en cause, un sujet tabou dont il ne faut absolument pas parler. On est tombé bien bas dans ce pays soit-disant démocratique.
Ce que veut dire J’B c’est que Poutine présent en monstre du Lochness permet de réunir enfin tous les peuples d’Europe sous la même bannière et faire oublier les manipulations des europeistes
Et alors ?
Et critiquer Barrot, c’est quoi : faire preuve de bon sens ?
C’est faire preuve d’intelligence…ce qu’il manque terriblement à Barrot. Sa bêtise abyssale se démontre dans chacune de ses prises de paroles.
cet homme est obsédé comme son maitre !ils voient la Russie partout ;
Les compagnons de la chanson: Une cloche sonne au fond de la vallée……….
Il a dû recevoir un drone sur la tête pour qu’il n’y ait plus rien dedans !
En somme, la quasi totalité des français font le jeu de Poutine, seuls lui et ses potes font quoi?
Par contre l’ingérence algérienne, il ne pipe mot et pire laisse faire