Un proverbe provençal dit : “L’hiver, jamais les rats ne l’ont mangé.” Et il est tout à fait normal qu’il fasse un peu froid (moins en Provence qu’en Scandinavie !) en hiver, et même qu’il neige une fois tous les cinq ans à peu près.

Un peu de préparation pendant les sept, huit ans qui nous séparent de la dernière chute de neige un peu importante en plaine (2010) n’aurait pas été inutile : prévoir des panneaux, des annonces radio et télévision faites assez tôt, veiller au bon état des saleuses et autres déneigeuses fait partie des obligations d’un bon gouvernement. Mais on ne peut incriminer ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui pour des carences imputables à leurs prédécesseurs. Leur principale responsabilité réside dans leur affolement visible. Il paraît, aujourd’hui, tellement anormal à la majorité de la population qu’il puisse faire froid, voire neiger, en hiver, mais aussi qu’il fasse chaud en été, que la durée de la lumière du jour soit de huit heures à mais de seize heures à la Saint-Jean, que le gouvernement a tout autant été surpris que la population. Et, en cela, il a eu tort. Et parce que gouverner, c’est prévoir, il s’est montré plus coupable encore que les automobilistes imprudents.

Certains sont partis avec des voitures qui non seulement n’étaient absolument pas prêtes à circuler en cas de chute de neige, sans pneus neige ni chaînes, mais aussi sans avoir fait le plein pour s’assurer qu’ils pourraient avoir un peu de chauffage dans l’habitacle, et sans avoir prévu un matériel « de survie » pour le cas où ils subiraient une immobilisation prolongée : couvertures et couverture de survie, vêtements chauds, bottes chaudes et imperméables, boisson chaude et aliments caloriques (une occasion de manger sans remords ces barres chocolatées si vilipendées !), et cela, souvent, sans nécessité absolue d’utiliser leur véhicule, et alors que la chute de neige était déjà annoncée (insuffisamment, peut-être).

Parmi eux, les pires sont évidemment ceux qui, se trouvant immobilisés, ont abandonné leur voiture au milieu de la chaussée, sans se soucier des conséquences pour autrui (impossibilité, pour les saleuses et les déneigeuses, de passer, accidents…), sûrs qu’ils se sentaient de retrouver leur véhicule intact à la fourrière et de le récupérer au prix d’une amende assez faible.

Mais, là aussi, il y a une responsabilité des pouvoirs publics (pas seulement ceux d’aujourd’hui) de n’avoir peut-être pas prévu la possibilité légale de faire enlever, dès que possible, ces véhicules immobilisés et immobilisants en prévoyant, selon leur état, leur destruction ou leur confiscation.

Quant aux pouvoirs publics d’aujourd’hui, ils ont beaucoup trop tardé à faire enlever, comme cela aurait dû être le cas, ces obstacles à la circulation dès le début de la chute de neige, quitte à risquer que ces enlèvements permettent aux automobilistes imprudents de les attaquer au tribunal et d’avoir à se contenter de leur restituer leur véhicule au prix d’une modeste amende.

9 février 2018

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