Editoriaux - Politique - 19 janvier 2020

Municipales : circulaire… y a rien à voir

On n’a pas tous les jours l’occasion de s’amuser ! Un grand merci à , de détendre l’atmosphère, deux mois avant les élections municipales.

Une circulaire du ministre de l’Intérieur rend « apolitiques » 96 % des 36.000 communes de France. Dans le registre « Plus c’est gros, plus ça passe », il se surpasse, le champion de l’ordre ! Philippe Kerlouan a parfaitement analysé les motivations politiculesques de ce coup de force.

Les conséquences en sont largement prévisibles.

D’abord, au soir du 1er tour, le 15 mars, on regardera les résultats avec une méfiance himalayenne : le gars qui a tripoté le thermomètre est mal placé pour donner la température. Le faible score prévisible de LREM occupera toute la soirée électorale au gré des interprétations émanant des classiques intervenants cathodiques : c’est l’inverse du résultat recherché.

Ensuite, on croyait Macron as de la communication : en fait, chaque jour qui passe, chaque sujet qu’il touche apporte un démenti et tout devient foireux : Benalla, le « grand soliloque », le choix de ministres ou d’affidés en délicatesse avec la justice, les torses basanés et suants sur les marches de l’Élysée, la date choisie pour lancer la réforme des retraites, le roi s’amuse au théâtre pendant que le peuple gronde, et maintenant cette circulaire idiote qui permet de canarder, à juste titre, un pouvoir réduit à ces trucages de voyou. « Une honte pour la démocratie », s’indigne le Président-qui-voudrait-bien-être-démocrate pour une poignée d’envahisseurs au siège de la CFDT. Aurait-il dit la même chose si l’incident s’était produit au siège du FN ou de LFI ?

Alors, on se calme !

Où est la démocratie, dans cette histoire d’étiquette électorale ! On apprend que, pour ses statistiques, c’est l’État, via son préfet, qui attribue la couleur politique des candidats-maires de notre doux pays. L’État sait tout ! L’État fait tout ! L’État commande pour tout (voir la sottise des 80 km/h partout et d’un seul coup). L’État prend les gens pour des incapables, des irresponsables. Même ceux qui s’apprêtent à gérer les communes sont infantilisés : un comble !

Ne peut-on pas imaginer un système plus « démocratique » : l’État déterminerait des catégories – une dizaine suffit : LREM, LR, LFI, PS, RN, PC, EELV, divers droite, divers centre, divers gauche – et demanderait aux candidats de placer eux-mêmes leur liste dans l’une de ces catégories ; les alliances pourraient être indiquées en clair. Ce système n’a que des avantages ; on responsabilise ceux qui aspirent à des responsabilités : normal ! On démasque ceux qui mettent leur drapeau dans leur poche pour éviter d’être laminés : normal également ! On minimise les tartuferies car ce classement serait rendu public AVANT le 1er tour. Et, évidemment, on reviendrait au « plancher » de 3.500 électeurs, plus démocratique que cette pratique qui consiste à mettre dans un grand sac unique aux odeurs de foin tout ce qui n’est pas urbain.

Alors, Messieurs les démocrates parisiens, chiche ?

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