Editoriaux - International - Politique - 23 septembre 2017

Un ministre belge caricaturé sous les traits d’un nazi : la gauche assume !

Que dirait Zakia Khattabi, coprésidente des écologistes belges francophones, si un groupuscule de droite avait le mauvais goût de la représenter sous les traits d’une djihadiste de l’État islamique, voilée et les armes à la main ?
 
La jeune femme crierait au scandale, probablement à raison, car si on peut lui reprocher son laxisme, son amour du multiculturalisme et son aversion hystérique pour les idées s’écartant des siennes, on ne peut la soupçonner de sympathies pour le groupe extrémiste. La responsable politique porterait aussi sans doute plainte.
 
Zakia Khattabi ne s’est pourtant pas émue que les jeunes de son parti – elle est belle, la relève ! – aient présenté Theo Francken, secrétaire d’État à l’Asile et la Migration, vêtu d’un uniforme nazi, un fusil à la main. En guise d’accompagnement du photomontage, les faits reprochés par les jeunes Verts à l’homme politique flamand : confiscation et pillage des effets personnels, rafles planifiées, collectives, avec quotas d’hommes, de femmes et d’enfants, collaboration avec un président accusé de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre.
 
Nous pensions la reductio ad hitlerum passée de mode. Elle a, malheureusement, de beaux jours devant elle. Aucun responsable politique de gauche, ni même du centre, n’a daigné prendre ses distances avec les auteurs du montage.
 
Zakia Khattabi juge même la plainte déposée par Theo Francken “disproportionnée”, estimant que le secrétaire d’État “a trouvé un filon qu’il exploite médiatiquement et électoralement”. Même son de cloche chez la centriste Joëlle Milquet, qui trouve que “c’est facile de porter plainte” – la même qui fut forcée de démissionner de son poste de ministre après son inculpation dans un dossier d’emplois fictifs.
 
Le sérail bien-pensant reproche à Theo Francken non seulement son appartenance à la droite nationaliste (ou régionaliste et autonomiste flamande), mais aussi la gestion de son secrétariat d’État, pourtant saluée par le peuple – l’homme est un des politiciens les plus populaires des deux côtés de la frontière linguistique et nous avons souvent souligné ici même le bon sens de Francken.
 
Sur Facebook, le secrétaire d’État avait annoncé, il y a une semaine, sa volonté de “nettoyer” (“opkuizen”, en néerlandais dans le texte) le parc Maximilien où s’entassent les migrants depuis le début de la crise. Les excuses du sympathique gaillard n’auront pas suffi. Bientôt, il connaîtra sans doute son procès de Nuremberg.

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