Interviewée, récemment, sur France Info, Lauren Provost, la directrice de la rédaction du HuffPost, expliquait l’un des volets de sa stratégie pour établir la parité homme-femme dans ses publications : un appel à des contributions vidéos féminines dans le domaine économique, politique et international, habituellement et presque exclusivement réservés aux hommes selon elle, quand les tribunes traitant de psychologie ou parentalité sont (trop) affaires de femmes.

Au sein de sa rédaction, explique-t-elle, la parité est parfaitement respectée, quand seulement 35 % des contributions extérieures sont féminines. En cause, dit-elle, le sentiment qu’ont les femmes d’être illégitimes pour parler de sujets sérieux et le manque de temps. Le HuffPost a donc lancé sur son site un appel à toutes les contributions, exclusivement féminines : « Pour plus de femmes dans les médias, on a besoin de vous tou.te.s » et explique regretter « une invisibilisation massive des femmes dans les médias (les experts interrogés par la radio et la télévision sur le Covid-19 et ses conséquences étaient à 80 % des hommes) ».

Outre l’horripilante écriture inclusive qui, on l’espère, connaîtra bientôt le sort réservé à toutes ces bulles éphémères de la postmodernité, on éprouve malgré tout un sentiment de malaise. Comme si la seule qualité féminine que l’on puisse reconnaître était uniquement le seul fait d’être une femme. On est toujours gêné par cette catégorisation de l’humanité et ces pratiques de discrimination positive en ce qu’elles supposent que le talent, les compétences, le style (féminin…) ne sont pas suffisants pour se faire reconnaître.

Et pour atteindre cet objectif de parité hommes-femmes, dit-elle, « on compte les femmes ». Une attitude de commissaire aux comptes qui, au moins dans le discours, fait passer au second plan la singularité et le charisme propre des femmes dans le monde du travail.

Et gomme leurs différences essentielles d’avec les hommes.

D’où cela vient-il ?

De Céline Calvez, député LREM des Hauts-de-Seine qui, dans un rapport de septembre 2020, déplorait le peu de place accordé aux femmes dans les médias en temps de crise. « Pour que les femmes comptent, il faut d’abord les compter. » Ainsi, la place des femmes parmi les experts présents dans les journaux n’atteignait que 9 %, en mars dernier. Peut-être aura-t-il échappé aux « experts » de LREM que, pendant le confinement, où écoles et bureaux étaient fermés et chacun reclus chez soi, la femme, pilier de l’organisation familiale, s’est révélée dans toute sa force indispensable… et n’avait peut-être pas le temps de courir les plateaux.

La faute au confinement, pas au patriarcat !

Céline Calvez, en bonne élève de la Macronie où tout ce qui n’est pas interdit est obligatoire, veut mettre le CSA sur le coup, mais aussi frapper au portefeuille des rédactions. Son projet est d’établir, pour l’attribution des aides à la presse, le critère de la parité homme-femme, qui serait déterminant, avec un système de bonus-malus.

Avec des effets pervers : brider et conditionner la liberté de recruter d’un patron de rédaction et instiller, chez ces mêmes femmes que l’on veut promouvoir, un doute quant à la vraie raison de leur embauche.

Pour revenir au HuffPost, s’ils veulent des noms de femmes pour signer des tribunes, j’en ai pléthore autour de moi !

19 février 2021

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