M. Macron, comme beaucoup de ses prédécesseurs, prétend être ferme sur le plan de la moralité.

Quelqu’un mis en examen ou susceptible de l’être comme MM. Ferrand ou Bayrou n’a pas le droit d’occuper une fonction ministérielle et, en principe, cette rigueur devrait en toute logique s’appliquer aux postes importants de direction de la fonction publique.

Or, le PDG de Radio , le jeune , vient d’être lourdement condamné pour favoritisme alors qu’il était à la tête de l’INA. Si les juges n’ont pas été aussi loin que le procureur, ils ont infligé un an de prison avec sursis et 20.000 € d’amende à celui qu’une rumeur inepte présentait comme « l’amant » de M. Macron, car il a signé de gré à gré un contrat avec une société de conseil, alors que les règles de bon sens exigent qu’au-dessus d’un certain seuil, le donneur d’ordre passe par une mise en concurrence afin d’obtenir le prix le plus bas. Dans une autre affaire, le parquet reproche à l’ancien PDG de l’INA d’avoir saucissonné un contrat (il avait ajouté un avenant) pour éviter un appel d’ordre européen.

M. Gallet, pour sa défense, a invoqué son ignorance des règles des services publics et de mauvais conseils de ses subalternes. Il aurait procédé comme il avait l’habitude de faire dans le privé.

Est-ce de l’incompétence ? On attend quand même d’un dirigeant qu’il se renseigne sur la forme des procédures qu’il va engager.

En outre, l’actuel PDG de Radio France a contre-attaqué en lançant un certain nombre d’accusations : la procédure serait nulle, car la procureure qui a instruit l’affaire se serait montrée partiale (?) et aurait commis des erreurs, notamment en lui imposant une garde à vue (qui, pourtant, me semble obligatoire vu l’importance de l’affaire). Elle n’aurait pas, non plus, interrogé des témoins clés (peut-être ont-ils pu été cités par la défense au procès ?). S’y rajouteraient des violations du secret de l’instruction, mais elles sont routinières dans le cas d’affaire impliquant des personnalités de premier plan.

M. Gallet, indigné que sa bonne foi soit mise en question, va bien entendu faire appel. En attendant, il refuse de démissionner de son poste de PDG de Radio France, car il ne se sent pas coupable.

Que va faire le pouvoir ? En théorie, Mme Nyssen, le ministre de la Culture, n’a pas le droit de révoquer M. Gallet. C’est du ressort du CSA, mais Mme Nyssen peut donner des suggestions orales ou écrites en ce sens auprès de cet organisme. Elle a d’abord émis un communiqué mi-chèvre mi-chou, renvoyant la décision à M. Gallet lui-même et rappelant la nécessité de respecter la loi. Elle vient de durcir ses propos, ce mardi, en exigeant le départ de l’intéressé. Le CSA va-t-il obtempérer ?

Va-t-il prétendre que les faits concernent l’ancienne entreprise du PDG de Radio France et, donc, qu’il n’a pas en tenir compte ?

Tout dépend, également, de la réaction des syndicats. Seront-ils virulents ou ne réagiront-ils que par un communiqué mesuré ?

Le dénouement, dans un sens ou un autre, en tout cas, est proche.

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