Marseille : l’État demande des gilets pare-balles pour les salariés d’Orange
Saint-Mauront, troisième arrondissement de Marseille. Là, sur le site d’Orange, des employés sont invités à travailler en portant des gilets pare-balles. Fin novembre, l’opérateur téléphonique avait fermé les portes de ses bâtiments dans ce secteur pour cause d’insécurité, et ce, pour une durée de quinze jours.
L’objectif de l’opération devait être double : rassurer les salariés et alerter les pouvoirs publics. C’est un échec sur toute la ligne. Dans un premier temps, parce que la préfète de police déléguée des Bouches-du-Rhône, Corinne Simon, et Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale des Bouches-du-Rhône, n’ont pas réellement pris au sérieux les appels au secours d’Orange. Le 28 novembre, en conférence de presse, ils arguaient que « depuis le début de la semaine, aucun appel au 17 » n’avait été passé par la société. Ces deux figures d’autorité avaient également balayé d’un revers de main les déclarations des salariés indiquant avoir entendu des coups de feu à proximité de leurs bureaux.
Impacts de balles
Si ces déclarations n’avaient déjà rien d’apaisant, c’est bien le terrain qui a démontré que les inquiétudes des salariés n’étaient pas illégitimes. Quelques jours après la réouverture du site, le 5 janvier au matin, des impacts de balles ont été découverts sur les vitres d’un bâtiment. Plus question de nier ou de relativiser.
Aucune victime n’a été à déplorer mais, par la force des choses, les services de l’État ont été dans l’obligation de s’intéresser de plus près à l’insécurité qui gangrène le secteur et met la vie des employés d’Orange en danger. Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC Orange, raconte à BV : « L’inspection du travail est venue visiter le site début janvier. Elle a constaté qu’au regard de la gravité des faits, le site n’était pas assez sécurisé. »
Demander à ses salariés de se coucher sous les bureaux lorsqu’ils entendent des coups de feu ou d’éloigner leur poste de travail des fenêtres n’est, en effet, pas une solution.
Au lendemain de son état des lieux, l’inspection du travail a donc formulé une série de recommandations, dont le port d’un gilet pare-balles pour les gardiens du site. Sébastien Crozier tient à préciser que cela ne concerne pas tous les salariés, mais les employés en sous-traitance chargés de la sécurisation des lieux. Il ne minimise pas pour autant la requête du contrôleur du travail : « On a des dizaines de sites en France où l’on ne demande pas aux gardiens de porter des gilets pare-balles. » Saint-Mauront fait figure d’exception.
En plus de cela, Orange, qui ne peut mettre totalement un terme à ses activités dans le troisième arrondissement, son site comprenant un pôle technique indéplaçable, a pris la décision de fermer toute sa partie tertiaire. « Officiellement, le temps de l’enquête, mais en réalité, ça ne rouvrira jamais. » L’entreprise a annoncé en comité central qu’elle cherchait un autre site. En attendant, les salariés sont soit en télétravail, soit répartis dans les autres bureaux de l’opérateur à Marseille, dans des lieux plus sûrs où le port de gilets pare-balles n’est pas recommandé.
Impact dans le quartier
Cette fuite montre à quel point, par la violence, les honnêtes gens sont chassés — comme la BNP Paribas fuyant Aubervilliers —, mais aussi combien l’État est impuissant. Ces derniers mois, plusieurs morts sur fond de trafic de stupéfiants ont été à déplorer dans ce secteur. La DZ Mafia et les Blacks, une équipe de Comoriens, se disputent le marché à coups d’armes à feu. Dans les cités sensibles, Parc Bellevue, Félix-Pyat et Bel Horizons, la tension est à son comble et déborde dans le quartier. Partout, des individus suspects rôdent, s’invectivent et s’en prennent aux passants. Un policier confie à BV : « Ici, c’est la misère. » Une zone où se mêlent pauvreté, détresse et souffrance. Saint-Mauront est l’un des quartiers les plus instables de Marseille et cela ne fait aucun doute : le départ d’Orange ne va rien arranger.
Le retrait de cette entreprise, qui comptait entre 1.000 et 1.200 salariés – il en restera 200 à 250 –, va nécessairement créer un appel d’air favorable à la délinquance et, de fait, rendre le travail de la police encore plus difficile. Saint-Mauront était déjà perdu ; sa récupération semble désormais quasi impossible. La République recule.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
LES PLUS LUS DU JOUR



































45 commentaires
Je me souviens du temps où, tout jeune soldat, on se promenait en uniforme (obligé) la nuit, l’esprit tranquille, dans Marseille . Maintenant on ne ferait plus un pas sans se faire massacrer!
De la protection jamais de répressions sauf dans la catégorie automobilistes.
Une fois de plus nous préférons nous attaquer aux conséquences plutôt qu’aux causes!!!!!!
Quelle sera ou seront la ou les prochaines étapes? Les chars d’assauts?
Pourtant la solution est simple avec du courage et de la volonté, mais là!!!!
Franchement à la place des salariés, je refuserai de bosser ainsi, et me ferai porter pâle et arrêt maladie , de toute façon un tel stress peut faire craquer , …
Bien sur comme d’habitude comme le dit fort bien DI CLUZ, on s’attaque aux conséquences et non aux causes
Comme pour les salariés de la BNP PARIBAS c’est la mutuelle qui est basée à ROSA PARKS avec les nuisances, telles qu’un agent de sécurité accompagnent les salariés au RER, une amie proche qui y travaillait proche de la retraite, a négocié une préretraite et bénévole dans une association jusqu’à sa vraie retraite, possibilité offerte et donc retenue, elle qui commençait fort tôt avait peur et on le comprend !!!
Comme l’école à ST Ouen, déplacée à cause de dealers
Mais quand est ce que l’état français va prendre de VRAIES MESURES contre ce fléau qu’est le narcotrafic ?
Qu’il demande aux dirigeants ayant mené une vraie politique dans ce sens, (BUKELE et d’autres)
C’est « Mad MarXseille » , pas pour l’essence mais pour la cocaïne. Mettez delogu à la mairie et la boucle est bouclée la police en tazer et les trafiquants à la table du maire l’arme à la ceinture.
Trois impacts de balles la nuit sur le mur extérieur d’un bâtiment et toute la France s’affole ? Mais qui sommes-nous devenus pour être à ce point trouillards ?
Des victimes…
Nous avons quand même le droit de ne pas accepter ça non ?
Chez moi quand il y a une fuite d’eau ,je vais fermer le robinet du compteur !!Logique !!Chez nos dirigeants , ils vont chercher des cuvettes et serpillères et cela déborde toujours !!!
« Je ne vois que des français ici » qu’il avait dit macouille à sa dernière visite de Marseille, il devait avoir ses lunettes de soleil en bois !
De la protection jamais de répressions sauf dans la catégorie automobilistes.
L’Europe du progrès économique, de la paix et de l’amour pour tous…
J’adore!
C’est un gag ce conseil de se coucher sous leur bureau, de mettre un gilet pare balles ?? Il y a de quoi s’étouffer…de rire!
Et avoir plutôt l’idée d’envoyer la BAC, de lui laisser le droit de tirer ,même que dans les jambes… faire ça lors de chaque attaque en ville….? Jamais? ..
Pôle technique indéplaçable? Pourtant il y a bien été installé. Drôle d’argument qui souligne soit une volonté de l’entreprise, soit un manque de moyens ce qui est peu probable, soit une injonction politique.
Mettre de l’activité dans les quartiers , à « Marseille en grand » on voit ce que cela donne.
Les pauvres jeunes ils s’ennuient, dixit macron lors des émeutes lors de la neutralisation définitive du nael
On file des milliards depuis des décennies pour les voir partir en cendres mais ils ont toujours pas pigé que le problème n’était pas le fric et les infrastructures mais ….
Préfet est un titre, pas un adjectif et ne s’accorde donc pas.Arrêtez le wokisme à BV, il y en a suffisamment ailleurs.
pardon oublié de préciser citoyens blancs français et eurupéens
Ils ne se sont pas posé la question: est-ce que l’absence d’appel au 17 n’était pas due à au non fonctionnement du système téléphonique?
Autre remarque: »se coucher en entendant des coups de feu », c’est oublier qu’une balle va plus vite que le son.