À l’occasion de la mobilisation nationale contre la , Marine Le Pen s’est exprimée au micro de Boulevard Voltaire, en dénonçant, entre autres, les menaces qui pèsent sur la retraite des mères de famille.


Les Français manifestent par centaine de milliers pour dénoncer la réforme des retraites. Dans un communiqué, vous demandiez à ce que la sécurité des manifestants soit assurée. Doutez-vous de la capacité de l’Exécutif à le faire ?

J’en doute d’autant plus depuis que j’ai entendu monsieur Lallement expliquer que c’était aux manifestants d’assurer leur propre sécurité. L’État a oublié que sa première des responsabilités était d’assurer la sécurité des Français. Je suis bien placée pour savoir, comme beaucoup de mes compatriotes, que depuis un an le gouvernement a joué les tensions. Il a laissé venir dans les manifestations des milices d’extrême gauche pour y semer le chaos, la destruction et la violence dans une forme d’impunité qui devient insupportable et visible. Je ne souhaite pas qu’aujourd’hui, on laisse ces milices d’extrême gauche déferler dans les manifestations pour tenter de ruiner l’image. Cela s’est passé trop de fois dans les manifestations des Gilets jaunes.

Des membres du RN vont-ils y participer ? Ne craignez-vous pas les contacts entre une extrême gauche et les membres de votre parti ?

Je ne le crains pas. Nous vivons en démocratie. En tout cas, elle en a l’apparence. Par conséquent, tous les Français ont évidemment le droit de venir exprimer leur opposition à la réforme des retraites. Beaucoup de professions et de mouvements politiques vont être représentés. Il y aura beaucoup de syndicats et pas seulement la CGT. La CGC appelle aussi à manifester. C’est relativement rare.


Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez a déclaré qu’il ne souhaitait pas avoir le soutien du Rassemblement national.

Je me moque complètement de ce que pense monsieur Martinez qui ne représente que lui-même. Je ne demande pas l’autorisation à monsieur Martinez pour que nos militants, nos cadres, nos élus et nos électeurs, qui sont beaucoup plus nombreux que les soutiens de monsieur Martinez, puissent aller manifester dans la rue.
Cela démontre qu’en réalité le sort des salariés lui est assez indifférent. Lorsqu’on défend une cause, on se réjouit que tout le monde participe à défendre cette cause. Monsieur Martinez défend sa propre cause et ne défend en aucun cas la situation des futurs retraités. Si la réforme des retraites est entérinée, les retraités verront évidemment leur pension baisser de manière importante et leur pouvoir d’achat s’effondrer.


Les retraites des mères de famille sont très menacées. Est-ce un sujet important pour le Rassemblement national ?

C’est un sujet fondamental. D’autant que tout cela vient après un mandat entier de François Hollande, avec la complicité d’Emmanuel Macron. Ce mandat a été très lourd et dur pour les familles de manière générale et pour les mères de famille en particulier. Aujourd’hui, on touche aux retraites, alors que les allocations familiales, la désindexation et le quotient familial ont déjà été touchés.
Quand les mères de famille auront un enfant, elles verront leur retraite baisser de 7 %, mais quand elles auront trois enfants, elle baissera de 18 %. Cette baisse est absolument considérable.
Alors même que notre système de retraite par répartition nécessite qu’on lance une grande campagne pour aider à la natalité, on fait exactement l’inverse et on sanctionne une fois de plus les femmes, et accessoirement les mères de famille.


Que répondez-vous à ceux qui accusent les grévistes et les syndicalistes de prendre le pays en otage ?

Celui qui prend en otage les Français, c’est le gouvernement avec une réforme dont il sait pertinemment que l’immense majorité des Français y est opposée.

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