Quarante ans ! Quarante ans pour enfin admettre que l’immigration et l’apport d’une population musulmane de plus en plus nombreuse posaient effectivement un problème spécifique. L’échange entre la présidente du et le ministre de l’Intérieur oppose deux stratégies, hélas également inopérantes. Pour la première, l’idée est de dissocier la religion de l’idéologie. « L’ est une idéologie, ce n’est pas une religion. » Elle a tort. Pour le second, il convient de circonscrire le problème au sein d’une approche globalisée de l’ensemble des religions. Il a tort.

Elle a tort car l’, qui intègre à son message spirituel toute l’organisation sociale, appelle également à la guerre sainte, considérée comme légitime. C’est le grand djihad.

Il a tort car le principe du « tous coupables », moyen classique d’apaisement qui, en accusant tout le monde, évite de dénoncer certains, n’est qu’un moyen dilatoire. Fort justement, l’a souligné : à vouloir diluer le coupable dans l’ensemble sans le désigner explicitement, nous le protégeons au dam de l’indignation de tous les autres. Notre grande erreur a été de vouloir imposer la comme valeur et non comme un simple moyen de vivre ensemble ce qui était beaucoup plus admissible pour un musulman.

Lundi 18 janvier, invitées à apposer leur signature au bas d’une « Charte des principes » de l’, seulement 5 des 8 fédérations qui composent le CFCM acceptent. Or, le texte n’entendait que souligner la compatibilité de l’exercice du culte musulman avec les valeurs de la République. A contrario, réalisons-nous bien ce que ces refus impliquent ?

Idem avec la « Charte de bonne conduite », fondée sur le respect mutuel et proposée par , maire de Béziers, aux cinq mosquées de la ville, après les attentats du 13 novembre. Seules deux l’ont signée, ce qui devrait à tout le moins inquiéter. Or, qui s’est fait fustiger par les journalistes et les pouvoirs publics ? Devinez !

Nous payons, aujourd’hui, la diabolisation qui stigmatisait tous ceux qui osaient émettre le moindre doute sur cet afflux de populations à la culture et aux valeurs trop différentes des nôtres.

Quarante ans durant, ce sera le grand délire du multiculturalisme : avec notre volonté masochiste de revendiquer l’égalité des cultures, même celles qui veulent notre perte dans l’illusion d’un enrichissement mutuel, toute interrogation sur leurs contenus était une infamie. Quant à la religion, elle devait relever du seul domaine privé et, de toute façon, la laïcité, critère du fameux « vivre ensemble », se berçait alors de l’évidence du consensus. S’y est ensuite ajoutée la trouvaille géniale de l’. En devenant bouc émissaire, l’islam accède au statut de victime et interdit, alors, d’être objet de débat.

Bilan de ces illusions ? Impensable hier, la religion, aujourd’hui, s’est invitée au cœur du débat et les décideurs d’un État laïque sollicitent les responsables religieux pour les inviter à adhérer aux principes républicains ou à appeler à la rescousse l’imam local pour calmer les quartiers. Quel échec !

S’ajoutent au tableau quelques surveillances un peu préoccupantes.

Sur France 24, le 4 juillet 2020, le président algérien Abdelmadjid Tebboune évoquait « les six millions d’Algériens vivant en France ». Pour le président, il ne s’agit pas de Français ni même de Franco-Algériens, mais bien d’Algériens. Quant à Erdoğan, en visite officielle à Paris, le 5 janvier 2018, il affirmait aux dirigeants du Conseil français du culte musulman : « Les musulmans de France sont sous ma protection. »

Pour redresser la situation, il faudrait un homme ou une femme capable de penser loin mais de raisonner court. Ces personnalités providentielles sont rares. Clemenceau en fut, qui disait : « Il faut d’abord savoir ce que l’on veut, il faut ensuite avoir le courage de le dire, il faut ensuite l’énergie de le faire. »

La suite aux prochaines présidentielles ?

14 février 2021

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