Editoriaux - Société - 7 octobre 2019

« Marchons enfants », la mobilisation pour la civilisation

Des dignes marchent. Il en reste. Ils ne réclament pas d’argent. Ils défendent une certaine idée de la civilisation. Du moins, ce qu’il en reste.

Pour qu’il y ait civilisation, il faut transmission. Elle est d’abord naturelle. Elle est filiale. Une mère, un père. Une femme, un homme. Le mystère de la naissance est plus grand que l’individu. Donner vie peut être un désir. Ce désir doit être avant tout motivé par la transmission. Maître mot, elle permet le droit de l’enfant. Non le droit à l’enfant. Elle suppose donc le lien. Charnel, mystique, sacré. Immensément sacré.

Donner vie n’est pas « je ». Donner vie, c’est le don de soi pour l’Autre. Ce n’est pas le don de l’Autre pour soi. Ce lien entre la mère et son enfant est avant tout un lien, non d’intention, mais de volonté de perpétuer ce que l’on est. Avec le père. Jamais sans.

La vie nous dépasse. Ce mystère est si grand qu’il ne peut être réduit à la modernité technologique. La modernité est habile lorsqu’elle permet d’aider la nature. Non quand elle la dépasse. Respecter la nature, c’est d’abord respecter le naturel. Respecter le naturel, c’est s’inscrire dans un processus plus important que le désir.

La PMA pour toutes et la GPA finissent par achever ce long processus qu’est la marchandisation globale.

Quelle vision de la société ? Celle qui protège le droit de l’enfant ou celle qui prétend être éthique ? Celle qui permet de vendre un être humain ou celle qui respecte la création de la nature ? Celle qui permet d’assouvir le désir d’une minorité tyrannique ou celle qui permet la filiation dans le développement de l’enfant ?

Le désir. Approche centrale qui nous permet de mieux saisir l’enjeu dit progressiste, dit moderne. Le progressisme permet à l’individu de n’avoir que des droits. Nuls devoirs, des droits.

Je consomme, donc je suis. J’exige, donc j’obtiens. Je veux un enfant, donc je l’achète.

Le progrès consiste donc à nier l’équilibre de l’enfant reposant sur la stabilité de son éducation procurée différemment par sa mère et son père. Le progrès invente, ose, ordonne : une mère est celle qui veut être mère. Non celle qui donne vie. Certes, quand on veut être mère et donner vie, c’est idéal. Avec les gamètes, avec la rationalisation (déjà poussée), c’est le mystère de la vie qui disparaît. C’est aussi la nature qui est violée. Le tout pour le simple désir individualiste d’une femme qui refuse l’homme mais qui a quand même besoin de lui. Seul, l’homme ne peut rien. Seule, la femme ne peut rien. Ensemble, ils peuvent tout. Lorsque le progrès permet de sauver des vies, il est utile. Lorsque le progrès répond à un simple désir, alors il est détestable. Cet automne consacre le réveil d’une société qui pense encore la transmission comme primordiale, la filiation comme dépassant nos simples vies, la naissance comme civilisation.

Ce 6 octobre, vous avez incarné cet éternel. Vous l’avez d’autant plus incarné qu’on vous annonçait plein de mépris, si peu.