Editoriaux - Réflexions - Société - 7 octobre 2019

Entre transhumanisme et salafisme : à l’aube de la défaite ?

Il y a des jours fatidiques, des dates qui marquent un peuple au fer rouge. À coup sûr, ce jeudi 3 octobre 2019 en fera partie. En début d’après-midi, une attaque au couteau est survenue dans les bureaux de la préfecture de police de Paris : un informaticien (vingt ans de carrière et habilité « secret défense »), d’origine antillaise et converti au salafisme (depuis 18 mois, dit-on), se déchaîne subitement contre quatre de ses collègues, qui finiront par succomber. Le forcené sera abattu par un policier présent sur place. Dans un premier temps, les médias ont minimisé le motif de l’agression en parlant d’un acte perpétré par « un déséquilibré ». Comme un mot d’ordre donné pour retarder l’annonce d’un acte terroriste commis au nom du djihad politique. Seulement, ce plan de communication, consistant à ne pas appeler les choses par leur nom, ne peut que se retourner contre lui-même.

Car le djihad métapolitique est déjà là au point même que beaucoup, en France, sont prompts à s’en accommoder du mieux possible : une bourgeoisie pour qui l’achat massif de biens immobiliers par le Qatar et l’Arabie saoudite n’inquiète pas plus que cela, ou des syndicats et des mouvements islamo-gauchistes qui voient, dans la défense des revendications salafistes, le moyen de glaner des alliés électoraux. En outre, comment ne pas voir, dans les grandes villes, la multiplication des kebabs et des bars à chicha ?

Alors, pourquoi condamner le dernier discours d’Éric Zemmour tenu en ouverture de la première Convention de la droite, le 28 septembre dernier ? Il a convoqué, entre autres, André Suarès pour affirmer, par exemple : « En France, comme dans toute l’Europe, tous nos problèmes sont aggravés – je ne dis pas créés – par l’immigration : école, logement, chômage, déficits sociaux, dette publique, ordre public, prisons, qualifications professionnelles, urgences aux hôpitaux, drogue… Et tous nos problèmes aggravés par l’immigration sont aggravés par l’islam. C’est la double peine. » Depuis lors, l’auteur du Suicide français est accusé de tous les maux. Bien qu’incapable d’être un professionnel de la politique – la voix quelque peu enrouée et un manque de fougue –, il a été, est et sera le grand métapolitologue de notre temps. Un guerrier des idées contre les mensonges d’État.

Le soir de ce même jeudi 3 octobre, des députés de la majorité n’ont pas hésité à faire passer, dans un Hémicycle pratiquement désert, à la hâte, un amendement permettant de reconnaître tout enfant produit par GPA à l’étranger, et ce, contre les consignes du gouvernement.

En attendant, le camp national ne parvient toujours pas à tirer au clair sa stratégie après deux ans et demi de Macronie. Car, versant encore dans le libéralisme et le technoscientisme, la droite nationale est, plus que jamais, sa pire ennemie. Et, en dépit de la manifestation anti-PMA/anti-GPAin fine anti-transhumaniste du dimanche 6 octobre, elle ne veut pas comprendre que l’humanisme constitue le catalyseur et du transhumanisme et du salafisme : au nom du progrès et des droits inaliénables de l’individu, les échanges de biens, de données et de vivants sont accélérés, tout ceci devenu consommable sur-le-champ. De l’uberisme à tous les niveaux ! Alors, ne faudrait-il pas plutôt concevoir, avec courage, une ligne anti-humaniste, autrement dit anti-Lumières, catholique, sociale et nationale ? Pour que les Français ne disparaissent pas.

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