Le projet de loi sur la maltraitance des est examiné, cette semaine, par les députés, dans un contexte de consensus absolu. Jamais la cause animale n’avait bénéficié d’une telle tribune. 486 amendements ont été déposés, pour quatre jours de débat qui ne promettent pas d’opposition majeure. On n’imagine pas l’un de nos représentants contester le droit pour les animaux domestiques, mais aussi pour les fauves des cirques ou les animaux sauvages des zoos, de vivre dans des conditions décentes, partant du principe que l’animal est « un être vivant doué de sensibilité ». Ce sera également la fin des manteaux de vison ou des dauphins dans les parcs aquatiques. Ainsi va le monde.

Il y a du pour et du contre, là-dedans. On peut objecter que les animaux sont bien traités dans les cirques et que la joie dans les yeux des enfants vaut bien la captivité d’un fauve – mais est-ce vrai, et puis y a-t-il encore, dans les yeux des enfants de 2021, suffisamment d’étincelles émerveillées pour faire danser la vie ? Alors, soit, vidons les cirques et les zoos.

Et après ? Les conditions de vie des domestiques sont, elles aussi, parfois intolérables. C’est le fameux cliché du brave chien aux yeux pleins d’affection qu’on abandonne aux beaux jours sur le bord de la route. Il faut, c’est certain, y mettre un terme. Mais l’arsenal législatif soviétique de notre beau pays de France suppléera-t-il à l’absence d’empathie élémentaire ?

Alain de Benoist disait, récemment, que les animaux n’avaient pas de droits, mais que nous avions des devoirs envers eux. C’est, semble-t-il, la seule manière intelligente d’envisager la situation. Il n’y a pas de droits des animaux parce que les animaux ne sont pas des personnes. En revanche, les traiter dignement est l’un des impératifs élémentaires qui font de nous des hommes dignes de ce nom.

On se plaint, ici ou là, que la chasse n’ait pas été prise en compte. Que les génies qui ont soulevé ce point se prononcent donc sur la manière dont il faudra, par exemple, « prélever » les sangliers, qui se reproduisent à toute vitesse (les chasseurs savent que leur population est multipliée par deux chaque année si l’on ne fait rien), et qu’ils critiquent, s’ils veulent, la « cruauté » de la chasse à courre – mais après avoir donné leur avis sur les égorgements d’agneaux dans les baignoires.

Il me semble enfin que l’on donne aux animaux des droits dont sont souvent privés des enfants : celui de ne pas être considérés comme des objets d’amusement pour des adultes sadiques et dégénérés ; celui de pouvoir vivre dans des conditions décentes et d’être traités convenablement par ceux (parents, professeurs, etc.) qui sont censés s’en occuper ; enfin, tout simplement, celui de vivre. Il n’y a pas de mobilisation pour les 200.000 enfants qui sont arrachés, chaque année, souvent dans des conditions monstrueuses, du ventre de leur mère.

La curée qui suit une chasse sera toujours moins répugnante que le résultat d’un avortement à 14 semaines. On ne voit personne devant les fenêtres du Parlement pour faire cesser la barbarie, maquillée en droit, que notre Sécurité sociale rembourse. À l’heure où l’on vote, en catimini, des lois de « bioéthique » aberrantes, c’est un curieux sens des priorités. Il est vrai qu’on vend davantage de calendriers de chatons ou de chevaux que de bébés. Ce que l’on ne voit pas sur le frigo a peut-être moins d’importance aux yeux du bon peuple.

30 janvier 2021

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