Dans une tribune parue le 30 septembre dans le journal Le Parisien, une quinzaine de médecins venus de différents horizons et de différentes spécialités ont rédigé un texte pour demander aux autorités de s’organiser afin de ne pas laisser sans soins les patients atteints de maladies graves, comme ce fut le cas en début d’épidémie, faute de lits disponibles.

En effet, au printemps, submergé par la vague des patients atteint de Covid-19, le système de santé a trop négligé les patients fragilisés par d’autres affections qui auraient pu être guéris, affirment ces médecins. Car, hélas, ne l’oublions pas, les maladies cardio-vasculaires, les cancers et beaucoup d’autres pathologies tuent beaucoup plus que le coronavirus, pour lequel, cependant, on a réquisitionné, en début d’épidémie, tous les moyens hospitaliers disponibles, au détriment des autres pathologies, sans doute par peur, et peut-être par incompétence, effrayés par les discours alarmistes des experts qui, forts de leurs données scientifiques (?), n’hésitaient pas à nous annoncer, fin 2019, que le coronavirus allait tuer 500.000 personnes en France.

Nous avons alors découvert que nous manquions cruellement de lits d’hôpitaux et de personnel médical et paramédical, fruit d’une politique sanitaire déplorable menée depuis plusieurs années au nom de la rentabilité.

On pouvait s’imaginer que les responsables politique prendraient alors les mesures qui s’imposaient, à savoir l’ouverture d’un nombre suffisant de lits et l’embauche de personnel afin de ne pas se retrouver, à l’avenir, dans la même situation et pouvoir faire face à une éventuelle nouvelle épidémie (due au coronavirus ou à un autre agent pathogène). C’eût été la logique même, puisque nous avions été pris en défaut par l’arrivée brutale de cette épidémie. Mais rien ne fut fait dans ce sens et le directeur d’une agence régionale de santé dans l’est de la France n’avait pas hésité à proclamer, en plein cœur de l’épidémie, que les suppressions de lits prévues se poursuivraient après la crise !

Pour essayer d’enrayer les mouvements sociaux, l’État n’hésite pas à distribuer des compensations financières, sans pour autant envisager de mettre fin rapidement à cette pénurie de lits hospitaliers et de personnel qui, comme le dénoncent les médecins signataires de ce manifeste, va condamner à nouveau les malades « non Covid-19 » à des pertes de chance dues à des délais d’attente de soins trop importants.

Certes, la création de lits hospitaliers et l’embauche de personnel coûtent très cher, mais la déplorable gestion de cette crise sanitaire, et ses catastrophiques retombées économiques, risquent de nous coûter beaucoup plus cher, ne serait-ce qu’à cause des indemnisations que le gouvernement s’est engagé à donner aux entreprises et aux salariés, empruntant sans compter et faisant exploser la dette de la France. Dette que nous ne pourrons, vraisemblablement, jamais rembourser et qui nous livre pieds et poings liés aux instances financières internationales et aux banques dont nous serons obligés, un jour ou l’autre, d’accepter les diktats (cf. la Grèce).

Il est, bien sûr, plus facile de confiner les gens et de leur imposer des restrictions dont l’effet reste à démontrer que de prendre des mesures réellement efficaces. Si, comme l’avait déclaré le Président, nous sommes en guerre, où sont les munitions ?

2 octobre 2020

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