Monique Barbut : finalement, elle reste, pour cause de sauvetage de la planète
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Georges Michel
- 22 juillet 2026 à 18h59
- Articles, Politique
Franchement, vous voulez qu’on vous dise ? On a du mal à suivre. Si tant est qu’on ait encore envie de suivre. Mardi soir, c’était, comme qui dirait, quasiment plié. Mme Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature – excusez du peu –, allait quitter le gouvernement, car en désaccord avec la loi d’urgence agricole, votée ce mardi 21 juillet, loi pourtant portée par le gouvernement auquel elle appartient depuis neuf mois.
En mai dernier, elle avait déjà annoncé la couleur : si ses « lignes rouges » n’étaient pas respectées, elle démissionnerait. On image qu’à Matignon et à l’Élysée, on avait dû avoir vachement peur. La loi a été votée. Visiblement, les fameuses « lignes rouges » ont été franchies. Donc, l’annonce vespérale de sa probable démission était en quelque sorte un non-événement. Après tout, un ministre qui n’est pas d’accord et qui menace de rendre son maroquin, ce n’est pas d’hier et c'est plutôt courant. Vous savez, dans la série « Arrêtez-moi ou je fais un malheur ». Des qui passent à exécution, en revanche, c’est plus rare.
Finalement, elle ne démissionne plus
Mercredi matin, confirmation. Sur le réseau LinkedIn, le ministre annonce qu’elle va remettre sa démission au président de la République et s’explique : « Je l'ai souvent dit : la politique n'est pas mon monde [...] je dois reconnaître que les forces qui s'y opposent [à son engagement] sont devenues si puissantes que je ne dispose plus des moyens de mener à bien cette ambition. » C'est beau. Madame le ministre met ses actes en cohérence avec ses convictions. Et puis... coup de théâtre. Finalement, elle ne démissionne plus. Ou plutôt, Emmanuel Macron refuse sa démission. Il a le droit de faire ça ? Bah oui, voyons. Et donc, conséquemment, Mme Barbut, qui n'a pas osé poser un arrêt maladie, a accepté qu’Emmanuel Macron refuse sa démission. Mais que s’est-il donc passé sous les lambris élyséens ? On aimerait avoir été une petite souris pour assister à la scène. Il se peut que le Président-magicien ait sorti d'un tiroir secret de son beau bureau présidentiel, sur lequel repose d’un côté la photo de Brigitte et de l’autre celle de Zelensky (cela est de la pure invention de notre part), les moyens dont Mme Barbut, au petit matin, ne disposait pas pour « mener à bien cette ambition ». La force de persuasion de cet homme nous étonnera toujours.
Maud Bregeon, préposée au SAV de cette jolie farce, a donné la version qu'il convient d'avaler sans faire la grimace : « Ils se sont en revanche accordés sur trois piliers fondamentaux qui fondent son action : la question des forêts, de l'eau et de la santé environnementale. Trois chantiers sur lesquels Monique Barbut a accepté de rester pleinement investie. » Comme c’était mercredi, jour de Conseil des ministres, du coup, Mme Barbut, après avoir sagement remis sa petite lettre de démission dans son sac à main, n’a pas fait le déplacement pour rien et a gentiment rejoint le troupeau dans le salon Murat. Pendant ce temps, son cabinet, rompu aux opérations de rétropédalage à énergie renouvelable, précisait que son ministre est « en confiance autour de priorités fortes : accélérer l'adaptation au changement climatique, avec notamment la préservation des forêts françaises et de la ressource en eau ; améliorer la santé environnementale, avec notamment la poursuite d'objectifs ambitieux de réduction de la pollution au cadmium et de protection renforcée des captages d'eau potable ». En gros, Mme Barbut est indispensable au gouvernement de la France pour sauver la planète.
Maud Bregeon, la bonne copine de service
On ne peut pas terminer sans évoquer la petite vacherie de cette bonne copine de Maud Bregeon qui, à l’issue du Conseil des ministres, a déclaré, à propos des revirements de sa collègue : « On doit toutes et tous faire preuve de tolérance vis-à-vis des femmes et des hommes qui n'ont pas tous l'expérience [politique]. » Traduction (libre) de l’auteur de ces lignes : « Que voulez-vous, Mme Barbut est une buse en politique, tout le monde ne peut pas être des aigles comme nous, vous savez… »
Mme Barbut aura au moins réussi à laisser un nom parmi les plus de 250 ministres nommés par Macron (un record sous la Ve !) durant ses deux quinquennats. Jadis, Jean-Pierre Chevènement, disait bien qu’« un ministre, ça ferme sa gueule. Et si ça veut l’ouvrir, ça démissionne. » Mais ça, c’était avant. « À l’époque », comme disent les petits enfants. Avant que « la pensée complexe » n’envahisse les plus hauts sommets de l’État et que l’amateurisme ne devienne un slogan politique revendiqué. Maintenant, donc, c’est autre chose. La preuve par Mme Barbut. La dernière fois qu’un Barbu (sans t et, précisons, sans barbe non plus) avait fait parler de lui sous la Ve République, c'était en 1965. Un certain Marcel Barbu s'était présenté à l’élection présidentielle contre le général de Gaulle. Il fit tout de même 1,15 %, pas plus honteux que le 1,7 % d’Hidalgo en 2022. D’après Alain Peyrefitte, de Gaulle aurait qualifié ce brave homme d’« hurluberlu ». Mais tout cela, évidemment, n’a rien à voir avec les événements d’aujourd’hui.
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96 commentaires
A mon avis, elle a du se faire engueuler en rentrant à la maison, à cause de la diminution du train de vie du couple, suite au manque à gagner après la démission du poste de ministre…
« Mme Barbut aura au moins réussi à laisser un nom parmi les plus de 250 ministres nommés par Macron ». Quasiment inconnue des français, son nom sera oublié, comme la plus part de ces 250 nommés.