Macron ne veut pas s’opposer aux listes communautaires : par raison ou par intérêt ?

Ceux qui sont opposés aux listes communautaires, lors des prochaines élections municipales, en seront pour leurs frais. Devant des milliers de maires réunis en congrès, Emmanuel Macron s’est clairement prononcé contre l’interdiction de telles listes. « Il ne s’agit pas de proclamer l’interdiction pour régler le problème », a-t-il déclaré, soulignant la difficulté de les identifier. Sans doute, mais ne rien faire, c’est encore pire : c’est encourager à les multiplier. Quant à « l’islam politique » et « l’islamisme politique », il a ajouté que le gouvernement annoncerait « des actions nouvelles concrètes »… dans les prochaines semaines. Selon Sébastien Lecornu, ministre chargé des Collectivités, ces mesures porteraient avant tout sur les décisions que pourraient prendre des élus, une fois passé le scrutin.

Cette fin de non-recevoir n’est pas seulement motivée par la difficulté de définir les listes communautaires, qui ne se présenteront sans doute pas à visage découvert. Il suffirait de repérer les personnes ou les mouvements qui en prennent l’initiative pour n’avoir pas de doute sur leurs intentions. Ainsi, l’Union des démocrates musulmans français (UDMF), qui avait déjà présenté une liste aux élections européennes, s’apprête à monter des listes dans une cinquantaine de villes, comme Paris, Marseille, Nice, Maubeuge, Joué-lès-Tours, des communes des banlieues parisienne et lyonnaise.

Ce parti se revendique de gauche, « anticolonialiste, anti-impérialiste et antisioniste » et veut lutter contre l’islamophobie. Il a même un journal en ligne, au titre provocateur : Le Foulard déchaîné. Son fondateur a beau expliquer vouloir « protéger les plus fragiles, lutter contre le rejet, combattre l’injustice, préserver notre écosystème, préparer l’avenir de nos enfants et sauvegarder le rôle central de la famille », il faudrait être bien naïf pour ne pas comprendre que son objectif est de faire de l’entrisme dans nos institutions pour accroître son influence et obtenir, localement, des droits conformes à leurs conceptions.

Comme Macron est loin d’être naïf, il faut croire qu’il trouve son intérêt à ne pas s’opposer à des listes communautaires. Il entend se présenter comme un rassembleur alors qu’il est le premier à diviser les Français et à détacher la France de ses racines. Il fait un pied de nez au président des sénateurs LR, Bruno Retailleau, qui a déposé, le 8 novembre, une proposition de loi pour lutter contre les listes communautaristes, au Rassemblement national et à tous les partis qui s’inquiètent de cette montée de l’islamisme. Sans compter qu’il fait un signe à son aile gauche et espère se rallier le vote des banlieues dans un éventuel duel contre Marine Le Pen, en mai 2022.

Dans son discours, Emmanuel Macron a rappelé que 12 lieux de culte avaient été fermés, ainsi que 4 écoles hors contrat, 9 établissements associatifs et près de 130 débits de boissons – Laurent Nuñez l’avait déjà dit avant lui, ce qui prouve une certaine cohérence du gouvernement, à défaut d’une grande efficacité dans la lutte contre l’islamisme. Rien de discordant, au demeurant, avec la vision que se fait Macron de la France, de l’Europe et du monde. Ce ne sont que des espaces d’échange propices aux affaires. Pas question, en France comme au Moyen-Orient, de se mettre à dos des marchés et des clients.

Emmanuel Macron serait peut-être le bon chef d’une Europe mondialisée, mais il est le fossoyeur de la France, de sa culture et de ses traditions. Les Français finiront par le rejeter.

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