Editoriaux - Politique - 21 novembre 2019

Dans la série des « grandes causes » perdues…

« La vieillesse est un naufrage », écrivait de Gaulle en évoquant le maréchal Pétain. « Pour que rien ne nous fût épargné, la vieillesse du maréchal Pétain allait s’identifier avec le naufrage de la France. » Les hiérarques des , puisqu’il est question de revenir aux fondamentaux, devraient méditer et relire leur grand homme.

Il doit en être des formations politiques comme des hommes. Un parti, ça naît, croît, mûrit, vieillit et meurt aussi. De mort lente, très lente, souvent. Exemple, le Parti communiste français : plus de 28 % des suffrages aux élections législatives de 1946, 1,2 % en 2017. Le naufrage des LR serait-il le signe de sa sénilité ?

Néanmoins, à l’approche des élections municipales, on sent comme un léger souffle. Un souffle qui regonfle un peu les voiles, après l’infortune de mer de mai dernier. Et c’est vrai que LR peut mettre en avant le bilan d’un grand nombre de ses maires. Mais, en même temps, la plupart des sortants n’afficheront pas l’étiquette. Ou l’art de se présenter comme LR sans être LR tout en étant LR. Le vieux parti s’accroche donc à ses élus locaux comme à une bouée de sauvetage. Mais, comme en tombaient d’accord Gérard Longuet, ancien ministre de la Défense de Sarkozy, et Éric Zemmour, dans un débat récent sur CNews, lorsqu’un parti met en avant ses élus locaux pour essayer de redorer son blason national, c’est qu’il est mort, ou quasi. Et Zemmour de citer l’exemple des radicaux qui participèrent au gouvernement de la France sous les IIIe et IVe Républiques, et n’est plus aujourd’hui qu’un micro-parti de notables.

Cependant, après l’élection de Christian Jacob, on veut croire que les LR vont se ressaisir. En ligne de mire un congrès en juillet 2020. Un congrès qui devrait être celui des « idées », a déclaré au JDD, le week-end dernier, son secrétaire général, le député Aurélien Pradié. Et les idées, ils en ont. « Ils », c’est Jacob, Pradié et, évidemment, l’inévitable Peltier. Désormais, on parlera de « grandes causes ». On imagine que la défense de notre identité, la reconquête de notre souveraineté, la réindustrialisation de la France, par exemple, font partie de ces « grandes causes ». Pas du tout. D’ailleurs, Aurélien Pradié s’en explique : « Il y a quelques années, on aurait fait l’immigration ou la fiscalité. » Il y a quelques années, la maison vendait des gaines pour dames mûres. Aujourd’hui, le string léopard pour cougar marche mieux. Donc, maintenant, « on fait » du string léopard. C’est tout un art de tenir un commerce. L’immigration, ça eut payé mais ça paye plus. Pas certain… Au passage, « il y a quelques années, on aurait fait l’immigration » : c’est quand, ça, « il y a quelques années »? On n’a pas le souvenir qu’on ait tellement « fait l’immigration » sous Sarkozy. On a surtout fait plus d’immigration ! Passons.

Mais alors, quelles sont ces cinq « grandes causes » qui vont faire vibrer ce cher et vieux pays ? Le handicap, la République, l’alimentation, les salaires et le progrès. Tout cela est très bien. Certes, mais encore…

Une question brûle les lèvres : le problème, pour les LR, est-il de sauver la France ou les LR ? On est pris comme d’un doute. Sainte Rita (à ne pas confondre avec sainte Greta), patronne des « grandes causes » perdues, a décidément du boulot.

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