Editoriaux - Politique - 16 mai 2019

Macron, meilleur ouvrier de France : dans quelle catégorie ?

La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre : Macron bombardé meilleur ouvrier de France honoris causa par décision de son ministre de l’Éducation nationale en date du 9 mai. Tout de suite, les esprits mal tournés de se demander si Jean-Michel Blanquer n’en fait pas un peu trop pour faire plaisir au Président. Et pourquoi pas le maréchalat, l’Académie française – dont, du reste, il est le protecteur -, Miss France, que sais-je encore ? Mais non. On se calme et on boit frais, comme dit Édouard Philippe. En fait, c’est la coutume que les présidents de la République fassent partie ex officio de cette prestigieuse cohorte dont l’institution remonte à 1924 avec la tenue du premier concours et à 1935, officiellement, avec la parution du premier arrêté formalisant le concours.

Mais n’est-ce pas l’occasion de nous demander dans quel métier Emmanuel Macron pourrait être meilleur ouvrier de France ? À l’évidence, ceux du bâtiment offrent un grand choix pour qu’il puisse y exprimer toute son excellence, son génie créatif et sa sensibilité artisane, voire artistique.

On pourrait, d’abord, penser à la plomberie. Une sorte d’hommage à l’action d’Emmanuel Macron et Nathalie Loiseau pour que le plombier polonais et autres travailleurs détachés ne viennent plus voler le travail des Français. Mais, finalement, on laissera ce corps de métier à François Hollande qui, souvenons-nous, avait vendu, tout sourire (celui du plombier), sa boîte à outils en 2013 pour défendre sa politique économique. Cela dit, à l’époque, Emmanuel Macron était tâcheron à l’Élysée et travaillait dur sur le chantier. On a vu les résultats. Disons que c’était une sorte d’apprentissage pour notre jeune ouvrier qui n’était pas passé, encore, dans la catégorie de meilleur ouvrier de France. Vous avez aussi la fumisterie qui est, rappelons-le aux mêmes mauvais esprits cités plus haut, le métier d’installer ou de réparer les conduits de cheminée et autres tuyaux de poële. La matière travaillée est regroupée sous le nom de ferblanterie, qui peut être galvanisée, comme les troupes de Nathalie Loiseau, ou émaillée, comme la réputation de certains collaborateurs élyséens après l’affaire Benalla. Autre métier du bâtiment : le génie climatique. Plus tendance. Emmanuel Macron, génie climatique de l’Europe, un titre un peu du genre « Danube de la pensée », jadis détenu par Ceaușescu, ça en jetterait un max. Mais avec la restauration de Notre-Dame, qu’il veut rendre plus belle qu’avant, pourquoi ne pas s’aventurer sur la charpente ? Le compagnon Darmanin donnerait un sérieux coup de main en tenant le rabot budgétaire. Après, « on peut aller sur » les métiers de la mosaïque, où notre manuel de l’Élysée semble exceller. Son dernier chef-d’œuvre ? La fresque des soutiens à la liste Renaissance de Nathalie Loiseau. On y trouve tout à la fois des personnalités comme Jean-Pierre Raffarin, Daniel Cohn-Bendit, Robert Hue ou encore l’ancienne députée européenne LR Grossetête. Du meilleur effet.

En revanche, on ne s’aventurera pas sur les métiers du plâtre. Pourquoi ? Compliqué, le plâtre (j’ai testé naguère) : ça prend très vite, trop vite et, avec Emmanuel Macron, ça ne prend plus.

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