De bien belles images, ce mercredi après-midi : Emmanuel Macron, accompagné de son épouse, accueillait le roi Charles et la reine Camilla. Enfin, après le rendez-vous manqué du printemps dernier ! À l’heure où nous écrivons ces lignes, on doit s’affairer aux fourneaux, à Versailles, pour le dîner d’État. Rien à dire, là-dessus : la France doit être à la hauteur et, comme dans les grands concours, qui ne sont pas que de circonstances, tout compte : du brushing des chevaux de la Garde en passant par celui de la « première dame » aux petits plats dans les grands. Au passage, on ne dira jamais assez tout ce que la République doit à la monarchie pour ne pas passer pour une souillon sur la scène internationale : les culottes blanches du régiment de la cavalerie de la Garde, la vaisselle, l’argenterie, les hauts plafonds dorés et toutes ces sortes de choses.

Tout compte, donc. Or, peu de personnes, à part quelques grincheux, n’ont relevé les fautes protocolaires d’Emmanuel Macron, qui se targue de parler à l’oreille des rois comme le roi à celle de son cheval. Les fautes du Président mais aussi de sa dame. Que cette dernière ne fasse pas la révérence au roi, passons. Mmes Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy s’y étaient pliées devant la reine Élisabeth. Mais le protocole n’oblige pas à cet exercice de gymnastique pas toujours évident pour tout le monde. Donc, rien à dire là-dessus. En revanche, que Mme Emmanuel Macron, née Trogneux, claque la bise à la reine, même consort, comme à ses copines du Touquet ou du gouvernement, là, franchement, on se pince sans rire. Mais bon… On va dire que c’est pour la bonne cause, histoire de mettre tous les atouts de notre côté dans le cadre du rapprochement entre nos deux nations. Mettons.

Le pompon revient tout de même à Emmanuel Macron himself. Tout à son extase monarchique, le chef de l’État n’a pas hésité à poser sa républicaine main gauche sur le royal avant-bras droit du souverain, comme il le ferait après une remise de décoration, un meeting politique ou un tour de table avec des représentants syndicaux. Ils lui ont dit, ceux du protocole, que cela ne se fait pas ? Cela ne se fait pas, de toucher le roi. Il vous tend la main, vous lui tendez la vôtre, sans lui écraser les doigts. Point barre. Sans doute le côté décomplexé d’Emmanuel Macron : je peux tout me permettre, je suis l’égal des grands de ce monde. Mais le pompon du pompon, sans nul doute, aura été cette main passée dans le dos du roi à plusieurs reprises. Le roi a été élevé à Buckingham. Autrement dit, il est très poli. Des décennies qu’il fait le job « à l’international ». Aucun risque, donc, qu’il ne provoque un incident diplomatique. Pas du genre à inviter Emmanuel Macron à aller monter le chauffage dans la galerie des Glaces.

Mais, dans un énième épisode de The Crown, on pourrait imaginer ce dialogue after the dinner in Versailles Palace, alors que la reine Camilla aura fait valdinguer ses escarpins à travers le salon de la suite royale et que Charles dénouera le nœud papillon de son smoking (s’il le fait tout seul comme un grand). « Dites donc, ma chère Camilla, ils sont gentils comme tout, ces Macron. Un peu petit-bourgeois, Emmanuel et Brigitte, bras dessus, bras dessous, pour nous accueillir, mais charmants quand même. Mais, entre nous, ça manque un peu d’éducation, tout ça, n’est-il pas ? » Et la reine, enfilant sa nuisette en dentelle, de répondre : « Oui, il est » (traduction libre et approximative).

Samedi, à Marseille, avec pape François - presque un copain, celui-là -, ça promet…

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20 septembre 2023 à 21:42

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70 commentaires

  1. Tiens, c’est curieux, il n’a pas osé faire flotter le drapeau européen sous l’Arc de Triomphe ! On en est d’ailleurs bien aise.

  2. Jouer les nouveaux riches avec l’argent du contribuable reste inconvenant et indécent, même pour recevoir un couple « royal ».

  3. Le clou du jour : les deux vieilles mamies fripées sur le retour, engoncées dans leur vestes-robes cintrées, s’amusant comme deux folles à jouer au ping-pong : ben non, le ridicule a cessé de flinguer…

  4. La France va bien ! Tout va bien ! 150 à 170 invités ….même si l’on peut comprendre que le roi Charles III mérite mieux qu’un « jambon beurre  » au déjeuner , il y des fastes que l’Etat aurait été bien inspirer à ne pas dépasser, en premier lieu compte tenu du train de vie de l’Eta lui-même mais surtout compte tenu des sacrifices que l’on réclame aux Français en cette période de vache maigre . Nous sommes revenu au Moyen Âge : les nobles d’un côté , les gueux de l’autre C.Q.F.D

  5. Il ne m’a pas semblé que le couple royal ait été au top ,Elisabeth II avait un style qui imposait le respect ,Charles III a bien de la peine à marcher sur les pas de son auguste mère, pour une fois Macron me semblait plus digne .

  6. Il ne manquait plus qu’un clin d’oeil (habituel chez lui ) à la reine…Ce sera peut-être pour son pote François! La classe, cela ne s’invente pas.

  7. Le couple présidentiel connaît parfaitement les règles. Seulement, tout doit être disruptif chez le mégalomane progressiste. L’outrage et l’outrance sont les deux mamelles de la macronie.

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