M. Mélenchon l’a reconnu, au sujet du petit volet libéral des ordonnances signées par le Président  : “C’est lui qui a le point.” Et l’on pourrait en dire autant sur toutes les autres petites branches de droite du « en même temps » macronien.

L’immigration en Guyane est un problème ? Il va restreindre l’accès au RSA. Réaction de la et de Mme Taubira ? Silence.

Le scandale des bacheliers sans bagage qui se fracassent à l’université ? Une pincée de sélection qui ne dit pas son nom. L’UNEF et les Jeunes socialistes sont-ils dans la rue ? Non, trop occupés à organiser la commémoration de Mai 68.

Et même la remarque bêtement légère du Président au milieu des fumeurs de  constitue une brèche dans les dogmes de la gauche.

On pourrait multiplier les exemples de ces mini-transgressions vers la droite qui ont l’immense bénéfice de montrer l’échec et l’inertie de la gauche et d’indiquer que la solution passera par une réelle de droite. Pas du « en même temps »…

En effet, ces transgressions sont marginales et seront donc inefficaces. En économie, où les carcans administratifs et le poids de la fiscalité demeurent pour débrider vraiment l’initiative des indépendants. Dans le domaine migratoire, évidemment, où l’on aimerait que le Président ait la même audace en métropole qu’en Guyane. Sur les questions de société (cannabis, PMA, GPA) où il est d’une légèreté confondante.

Mais ces transgressions superficielles vont rendre un immense service à la droite qui vient. Ou plutôt trois.

D’abord, la victoire idéologique par l’imprégnation des éléments de langage de droite que M. Macron a su magnifiquement dépoussiérer, autant sur la libéralisation de l’activité des indépendants que sur la modernité du conservatisme. On entend souvent dire, à droite, que la bataille doit être culturelle. En fait, cette victoire est acquise et M. Macron la mène pour nous. Jusque dans ses timidités et ses incohérences.

Ensuite, il fixe un objectif élevé à la droite à venir : l’obligation de s’assumer enfin de droite, fortement, de ne pas se contenter de demi-mesures. Après M. Macron, il faudra autre chose que de l’image, des éléments de langage et de la « poudre de Perlimpinpin ».

Enfin, sa personnalité et son style, nouveaux, vont progressivement dessiner le portrait-robot du futur chef de la droite. M. Macron a durablement ringardisé le type de leadership sur lequel s’est construite la vie politique française pendant trente ans : cursus honorum de ministre, chef de parti, etc. Mais il a aussi « tué » les modèles alternatifs, ceux de M. Mélenchon et de Mme Le Pen. Et le dernier modèle que M. Macron est en train de pulvériser, c’est le sien. Cette situation devrait inciter communicants, politologues et conseillers à redoubler d’inventivité.

Car, derrière l’apparente nouveauté, M. Macron est la quintessence de ces gouvernants frileux qui savent bien qu’il faudrait beaucoup de politique de droite pour relever la société et l’économie françaises, mais qui n’en font qu’un peu, de façon cosmétique, et seulement là où c’est le plus facile, et le mieux vu. Par conformisme.

En fait, M. Macron n’est pas le premier Président d’un nouveau cycle, mais le dernier de celui de la de la gauche en . Pour abattre l’URSS, il a fallu M. Gorbatchev. On le pensait héros d’une nouvelle ère, il ne fut que l’élégant et utile fossoyeur du système et des idées qui avaient conduit son pays et la moitié de l’ à la faillite, économique et morale, et à la . Mutatis mutandis, M. Macron est le Gorbatchev de cette gauche française qui n’en finit pas de mourir. Il aura eu son utilité. Il aura préparé la suite.

Hommes de droite, savourons le moment Macron. Et préparons l’après.

11 novembre 2017

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