L’agitation internationale de M. Macron a sans doute pour but de restaurer une image présidentielle plus respectable aux yeux de la population française. Mais entre les apparences et la réalité, le fossé s’est creusé. Le Président français est cette fois parmi les autres pour accueillir M. Biden qui veut reprendre la main sur ses féaux de l’OTAN. Alors que la France avait donné des signes d’indépendance, notamment en critiquant l’impuissance de l’organisation vis-à-vis de la Turquie, l’un de ses membres et non le moindre, allant jusqu’à parler de « mort cérébrale », cette fois l’alignement est penaud. M. Macron a même dû fournir des explications au sultan turc sur le respect de l’islam en France tandis qu’il renouait avec M. Erdoğan, toute honte bue après les insultes décochées à son encontre par ce dernier, et alors qu’en Libye l’intervention turque a pleinement porté ses fruits en empêchant la réunification du pays sous un gouvernement résolument anti-islamiste. En fait, la fenêtre de liberté ouverte par Donald Trump, et la possibilité d’en finir avec des confrontations nocives pour la France et pour l’Europe, s’est refermée. Les bellicistes démocrates qui depuis des décennies utilisent de façon cynique l’islamisme au profit de l’impérialisme américain sont de retour à la Maison-Blanche. Et cela semble parfaitement convenir au locataire actuel de l’Élysée qui rentre dans le rang.

Les États-Unis avaient utilisé intelligemment les rébellions afghanes, notamment islamistes, contre l’URSS et précipité l’effondrement de celle-ci. L’éclatement de l’Empire soviétique devait évidemment redistribuer les cartes. La Russie n’étant plus communiste et vouée à la destruction de l’Occident capitaliste, il paraissait opportun de la considérer désormais comme une puissance appartenant à la même civilisation que les nations occidentales marquées majoritairement par le christianisme. Face à la montée en puissance de la Chine, c’était la sagesse. Deux difficultés mineures subsistaient : d’abord, la Russie voulait préserver une sphère d’influence comprenant les nouveaux États qui depuis parfois plusieurs siècles n’avaient été que des provinces de l’Empire russe et, d’autre part, sa culture et son histoire ne la prédisposaient pas à installer un régime politique semblable à celui des démocraties libérales.

Il est assez clair que toute la politique menée par les États-Unis, notamment sous les présidences démocrates, a développé un impérialisme cynique brandissant, dans une main, l’étendard de la démocratie et favorisant, de l’autre main, les intérêts américains afin de diviser les uns, d’affaiblir les autres et de soumettre tout le monde. C’est ce qui explique cet entêtement, faisant feu de tout bois, à combattre la Russie par tous les moyens. Washington s’était engagé à ne pas faire progresser l’ vers les frontières de la Russie et a délibérément failli à sa promesse. L’Ukraine, comme son nom l’indique, est une « marche », un pays de frontières mouvantes. Plus on y va vers l’est, plus on est en Russie, et on y est même tout à fait en Crimée dont le rattachement à l’ a été tardif et purement administratif ; plus on va vers l’ouest, plus on a affaire à des Ukrainiens, par exemple ceux de Lviv qui n’ont été soviétiques qu’après la Seconde Guerre mondiale et n’aiment pas du tout la Russie. Les Américains font semblant d’ignorer tout cela et de considérer l’annexion légitime de la Crimée comme une violation du droit international. Leur intervention dans l’ex-Yougoslavie contre les Serbes visait à affaiblir l’influence russe, à diviser les Européens et à implanter leur présence militaire. Ces objectifs ont été atteints de la pire manière en favorisant les islamistes bosniaques et albanais contre les Serbes chrétiens. L’arrachement violent du Kosovo à la Serbie et le soutien à la rébellion de l’UCK, c’est-à-dire à un groupe à la fois mafieux, islamiste, et raciste qui persécute la minorité serbe, sont infiniment plus contraires au droit que le retour de la Crimée à la Russie. (à suivre)

 

17 juin 2021

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