Le lecteur ne saura bientôt plus sur quel pied danser, avec celle-là. Lutte-t-elle pour la justice sociale qu’elle n’hésite pas à s’afficher sur les portant le modèle Hottie Walkie de la célèbre marque de souliers reconnaissable à sa semelle rouge. Un escarpin au « décolleté généreux » issu de la collection Walk a Mile in My Shoes qui, selon la griffe, « communique cette saison l’empathie et la solidarité ». Et de fait, très généreusement, Christian Louboutin a voulu une collection 100 % caritative pour répondre « à l’indignation mondiale face aux événements survenus aux États-Unis en mai 2020 » et « sensibiliser le public aux victimes de l’oppression à travers le monde entier, qu’il s’agisse de brutalité policière ou d’injustice sociale ». Quand le « wokisme » devient un outil marketing à destination de la gauche caviar, l’icône antiraciste foule du pied sophistiqué qu’elle arbore fièrement les 19.468 victimes parmi les forces de l’ordre recensées en 2020 par le ministère de l’Intérieur.

 

Pour Assa Traoré toujours sur le pied de guerre, ce partenariat avec le chausseur de luxe est le « signe que nos espoirs de voir la justice sociale et civique triompher ne sont pas vains dans la lutte contre les violences policières, la discrimination ». Les policières Stéphanie Monfermé et Jessica Schneider, toutes deux sauvagement assassinées à l’arme blanche par des terroristes, ne seront, elles, ni consacrées gardiennes de l’année par le Time ni chaussées par Louboutin. Il est évident que ces femmes ne sont pas traitées sur un même pied d’égalité.

Pour filer encore la métaphore, fustigeait ce « coup de pompe méprisant pour tous les pauvres ». On ajouterait même un joli pied de nez, tant il est vrai que lutter contre le capitalisme chaussée de souliers à 695 euros est ubuesque. Les réactions ne se font pas attendre chez les internautes qui s’indignent : « Après dans Arsène Lupin, ne manquez pas la prestation d’Assa Traore dans Les Misérables » ; « Cette image vaut mille maux. Elle résume tous les travers pervers de l’époque et met en scène la pire forme d’intersectionnalité : celle entre la cupidité du marché et le vide du wokisme. Quand tout n’est plus qu’une question de forme, alors la civilisation touche le fond » ; « Quand il n’y a plus de fond, on met en avant la forme (si tant est que l’on puisse encore parler de forme). Plus que la fin d’une civilisation, le naufrage d’un monde… » Certainement des lecteurs qui se sont levés du mauvais pied !

17 juin 2021

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