Bagayoko décroche le portrait de Macron : acte sécessionniste en « Nouvelle France » ?
Plus d’un mois que Bally Bagayoko est à la tête de la mairie de Saint-Denis. Il est donc grand temps de s’attaquer aux dossiers de fond de la commune. Ainsi, le très charismatique – et accessoirement très médiatique – édile de la cité dionysienne a annoncé, non pas un Grand Remplacement, mais un grand déménagement du portrait officiel du président de la République : en clair, il l'a décroché du mur de son bureau. L'annonce en a été faite au détour d'un entretien chez Darius Rochebin.
La mesure a un double avantage : petit un, ça ne coûte pas un rond ; petit deux, ça fait parler de soi. Le petit deux est probablement l’effet recherché, car on a bien compris que le feuilleton Bagayoko ne fait que commencer et qu’il promet tout plein de saisons passionnantes. Une sorte de Plus belle la vie au bord de la Seine.
«On attend 2027. Le portrait d’@EmmanuelMacron est décroché et retourné. Ce n’est pas un manquement. Le manquement est du côté de l’Etat qui ne corrige pas les inégalités.»
Le maire Bally Bagayoko VS le Préfet, qui lui demande de reconsidérer son geste: lire l’un et l’autre: 1/2 pic.twitter.com/7UkDVVup8e
— Darius Rochebin (@DariusRochebin) May 7, 2026
« Manquement républicain » ?
Le premier magistrat de Saint-Denis a précisé qu’il avait mis le portrait de l’Illustre « dans un coin ». Pas au « petit coin », rassurez-vous, mais « dans un coin de son bureau ». « Manquement républicain » ? Pas du tout, se justifie-t-il, en lançant à l’emporte-pièce : « Le manquement républicain est du côté de l’État qui ne corrige pas les inégalités. » Cela reste à démontrer. Au niveau national, d’abord, quand on sait qu’en 2025, sur 41 millions de foyers fiscaux, un peu moins de la moitié (19 millions) ont payé un impôt sur le revenu et que 10 % des Français les plus aisés payent 75 % de l'impôt sur le revenu. Quant au niveau local, il faut tout de même savoir que la ville de Saint-Denis reçoit, tous les ans, environ 28 millions d'euros de dotation générale de fonctionnement (DGF), attribués sur des critères, certes compliqués, mais valables pour toutes les communes de France. Par ailleurs, chaque année, la CAF verse à la ville de Saint-Denis autour de 10 millions d’euros. Ce n'est pas rien. On imagine que ces sommes doivent servir à corriger les inégalités. En tout cas, pour ce qui est du ressort de la DGF, elles contribuent à payer les indemnités de M. Bagayoko.
Il y a un mois, lorsque le maire RN de Carcassonne, Christophe Barthès, avait décroché du fronton de la mairie le drapeau européen, alors que la loi n'oblige en rien le pavoisement de cet emblème (sauf le jour de la fête de l’Europe), on s’était empressé de lui tomber dessus en lui rappelant délicatement les millions d'euros déversés par l’UE sur la vieille cité de Dame Carcasse. Curieusement, les millions déversés sur Saint-Denis par l’État, c’est-à-dire par les contribuables français, sont beaucoup moins évoqués - pour ne pas dire pas du tout -, dans la presse ou chez la Macronie. On se demande pourquoi. Passons.
Respect strict de la loi. Quand ça les arrange...
Donc, le portrait de Macron relégué, au mieux « dans un coin », au pire aux encombrants. Stricto sensu, Bally Bagayoko est dans son droit : rien n’oblige un maire à accrocher le portrait officiel du chef de l’État dans son bureau ou dans un quelconque autre lieu de la maison commune. En 2023, suite à une vague de décrochages de portraits de Macron, un député Renaissance avait d’ailleurs déposé une proposition de loi visant à « ancrer officiellement la tradition républicaine consistant à afficher le portrait officiel du président de la République au sein de chaque mairie ». L’affaire n’avait pas prospéré.
« Tradition républicaine » ? C’est ce que le préfet de Seine-Saint-Denis a invoqué en écrivant très officiellement à Bagayoko. Juridiquement, une lettre qui n’a aucun effet. En revanche, médiatiquement, on peut dire que c’est réussi, puisque cela donne une nouvelle occasion, à Bally Bagayoko, de faire sa publicité à bon compte. Évidemment, le député LFI Thomas Portes est venu au secours de son petit camarade en postant, sur X : « On s’en tiendra au respect de la loi. Pas de portrait de Macron dans les mairies insoumises. » Et les drapeaux palestiniens au fronton des mairies, c’est dans la loi ?
On s’en tiendra au respect de la loi.
Pas de portrait de Macron dans les mairies insoumises. https://t.co/IsuTYPWVdk
— Thomas Portes (@Portes_Thomas) May 6, 2026
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6 commentaires
C’est le commencement de la fin. Ce n’est que le début de l’effondrement de la France.
Lorsque ce sera le portrait d’un RN ou d’un LR, il le brûlera sur le parvis de la mairie ?
Je vais être honnête: que le président ne soit pas obligatoire dans les mairies, y’a des fois ou ça me fait plaisir…Pour le principe, il est souhaitable qu’il ne puisse être banni du bureau du maire et de la salle des mariages! Il est tout à fait incompréhensible, à mes yeux, qu’un pavoisement de circonstance puisse être réalisé sans être punit.
Qu’il en « profite » le plus possible ! …
« ca » ne peut qu’être profitable aux français ! …
Bof on peut comprendre..avoir la tronche de Macron en permanence devant soi…! J’en aurais fait autant..paraît que M bakayoko a des ambitions présidentielles.. je n’afficherais pas non plus sa tête ou celle de melanchon dans mon bureau..
Bagayoko versus Macron : peut-on faire moins intéressant ? Qu’est-ce au regard de l’effondrement de l’économie française?