Le ministre de l’Intérieur, le social-libéral "En marche !" Gérard Collomb, est formel. "Sa" nouvelle loi sur l’immigration poursuit "trois objectifs majeurs : une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif, une intégration réussie", affirme-t-il avec la conviction de réinventer l’eau chaude.

C’est bien simple : à chaque gouvernement sa loi sur l’immigration et sa réforme du droit d’asile. Et à l’issue de chaque mandat, cette même immigration qui, à défaut de stagner, ne cesse d’augmenter, accréditant dans l’esprit de l’opinion la fameuse hypothèse du Grand Remplacement forgée par l’écrivain Renaud Camus.

Et à chaque fois, le même scénario, inoxydable, itératif. Exaspérant. Des accents martiaux dans la voix, aussitôt infléchis par des trémolos humanitaristes lacrymaux du style "la France ne peut accueillir toute la misère du monde mais doit en prendre toute sa part". Depuis Michel Rocard, auquel on doit cette formule qui a fait florès, tout change en apparence pour que rien ne change fondamentalement, voire (pis) s’aggrave.

L’immigration, en France, est donc, depuis quarante ans, ce marronnier politicien plombé d’un lourd et sourd tabou. Tous les gouvernements en font leur cheval de bataille à part égale avec la lutte contre le chômage et la quête mystique du saint Graal de la croissance. Mais tous les gouvernements, sans exception, se fracassent irrémédiablement sur le mur de leurs contradictions entre effets d’annonce et ce qui a été effectivement gravé dans le marbre de la loi. Et tous les gouvernements doivent naviguer, souvent à courte vue, entre les injonctions hystérisées d’une extrême gauche associative, antiraciste, cosmopolite et grassement subventionnée, et une jurisprudence européenne (Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg et Cour de justice de Luxembourg) aussi contraignante qu’inconditionnelle.

Tous les gouvernements, autant par peur du politiquement correct que pour satisfaire à de vils desseins électoralistes, organisent ainsi, avec constance, le lent "dépeçage civilisationnel" de la France en laissant se développer sur son territoire de multiples points d’abcès rendant tous les jours un peu plus difficile l’application des lois mais accroissant inconsidérément les risques d’attentats islamistes.

Tandis que la France s’enfonce inexorablement dans le chaos multiculturaliste et multiraciste, et que son peuple s’interroge avec angoisse sur son avenir, politiques, journalistes, sociologues, experts de tous poils nous assurent, chiffres à l’appui, statistiques en bandoulière et graphiques plein les bras, que l’immigration en France est quantitativement bien moindre que ce que la vulgate populiste d’extrême droite cherche à faire accroire auprès de son électorat de beaufs.

Si les statistiques ethniques demeurent officiellement interdites, nombre de fuites quant à la population délinquante dans les prisons ou au nombre d’immigrants clandestinement logés par l’État au sein des zones rurales les plus reculées du pays renseignent utilement, sinon sur le nombre réel d’allogènes extra-européens sur notre sol, du moins sur sa réalité sensible et bien plus visible qu’il y a quarante ans.

La vérité est que le sujet de l’immigration, en France, a été évacué du champ politique au bénéfice de la morale, de l’émotion, du café du commerce (y compris et surtout médiatique) et de la statistique biaisée. À propos de la présence d’étrangers en situation irrégulière, la démographe, Michèle Tribalat relevait récemment que "comme on ne peut (veut ?) pas renvoyer ces étrangers, on doit faire avec. C'est une manière de naturaliser l'immigration. Cette dernière serait un phénomène naturel au même titre que les tempêtes qui viennent de toucher le nord de l'Europe. L'immigration est absolument dépolitisée, au vrai sens du terme, et non au sens politicien des prises de bec sur les plateaux de télévision" (Le Figaro, 19 janvier). Tout est dit.

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17 avril 2018

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