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Lecteurs, journalistes et entreprises témoignent d'une réalité : la presse écrite vit sous le feu d'une obscure révolution. Le nombre de personnes de 15 ans et plus qui ont lu un payant tous les jours est passé entre 1988 et 2008 de 43 à 29 %. Les auteurs de cette étude ont remplacé le don d'étonnement par un système d'investigation, aussi complet et académique qu'indiscutable.

Il y a dix ans, il aurait paru hors de propos d'envisager qu'un blog soit promu média, qu'un réseau se révèle diffuseur d'infos, qu'un langage de 140 signes fasse office d'évangile dans les rédactions... Les seniors de demain ne liront pas comme ceux d'aujourd'hui, qui ne lisent plus comme ceux d'hier. La presse écrite est passée du statut de bien nécessaire à celui de superflu sans sourciller, se dépouillant peu à peu de son aura prestigieuse. L'exercice de la profession subit chaque jours de profonds chambardements, les habitudes évoluent, les carrières se fragmentent et raccourcissent, et les formes précaires d'exercice augmentent.

Les groupes peinent à développer des stratégies d'adaptation efficaces. Guidés, voire menés, par les stratégies commerciales des principaux acteurs de l'Internet, les éditeurs de presse peinent à basculer vers le tout numérique. Timides en innovation, fragiles en investissements ; la vague a été prise de plein fouet. Internet était au départ envisagé comme simple outil de promotion des journaux imprimés ; la mutation a dû rapidement, et sous la contrainte, s'accélérer.

Depuis ses origines, la presse avait su rester maîtresse d'elle-même, organisant ses propres modes de production et de distribution. Son modèle économique ne lui appartient désormais plus. « La Toile est gouvernée par les algorithmes des grands groupes Internet qui régulent la diffusion de l'information selon leurs propres logiques. Chaque nouveau service est une occasion supplémentaire de contrôler le marché publicitaire. [...] Les géants du Net ont insidieusement imposé la logique de la gratuité sur le réseau afin de capter pour eux-mêmes la quasi-totalité de la manne publicitaire. »

On évolue à grands pas vers un journalisme de marché. Dans le réjouissant futur univers du journalisme, ses préposés délaisseront de plus en plus l'écrit, au profit de l'image animée, et accéléreront les techniques du marketing afin d'assurer la promotion de la marque pour laquelle ils travaillent, de plus en plus mobile, emplie de data, visuelle et concurrencée. Le public se révélant à mesure d'évolutions plus consommateur que lecteur, cible d'annonceurs que curieux à éclairer. Temps de cerveau disponible, quand tu nous tiens... Il n'est pas une époque dont on ait trouvé à se plaindre, certes, mais les divers constats, statistiques et autres prévisions de cet ouvrage analysant vingt ans d'évolutions n'invitent guère à brandir l’étendard de l'optimisme.

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1 août 2014

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