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Editoriaux - Histoire - Politique - 10 avril 2020

Liliane Marchais a fait ses valises pour de bon !

Il aura fallu cette épidémie pour apprendre que la veuve de venait, à 84 ans, de partir vers des lendemains chantants, alors qu’on la croyait morte depuis longtemps, tant l’époque qu’incarnait ce couple fameux paraît appartenir à des âges lointains ; ceux où le PCF était quasiment premier parti de France, celui de la classe ouvrière et œil de Moscou tout à la fois.

Aujourd’hui, c’est le RN qui incarne dans les urnes ce qui demeure de la France des usines, tandis que le fameux « œil de Moscou » aurait plutôt tendance à en faire, de l’œil, au mouvement lepéniste. Bien sûr, et ce, avec le recul nécessaire, la lecture de livres tels que L’Ami américain, d’Éric Branca, ancien rédacteur en chef de Valeurs actuelles, ou La Désinformation vue de l’Est, du très royaliste Vladimir Volkoff, nous enseigne que l’œil de la Maison-Blanche, en matière de manipulations médiatiques, valait bien celui du Kremlin.

Retour en arrière. 1980. Le couple Marchais est en vacances en Roumanie. À l’époque, Georges Marchais continue de s’aligner sur la diplomatie soviétique, alors que François Mitterrand, son allié du Programme commun de la gauche, fait de même sur celle des USA. D’où ces mots entrés dans l’histoire : « Quand j’ai entendu François Mitterrand refuser de s’engager sur l’existence d’une défense nationale indépendante, j’ai dit à ma femme : “François Mitterrand a décidé d’abandonner le Programme commun de la gauche. Fais les valises, on rentre à  !” »

Bref, il vient de comprendre que, dans ce ménage à trois conclu avec les socialistes et les radicaux de gauche, il est celui de trop, le futur cocu. Il se doute probablement que les USA misent sur Mitterrand plutôt que Giscard, ne serait-ce qu’en raison d’un passé complexe durant l’Occupation, susceptible de devenir éventuel moyen de pression. Durant la même période, celui de Georges Marchais n’est guère plus clair, mais l’homme, moins malléable, n’a guère de chance d’accéder à la fonction suprême.

Résultat, le PCF entendait plumer la volaille socialiste ? C’est lui qui est en train de se faire plumer, et avec du goudron, pour faire bonne mesure. D’ailleurs, quand Georges Marchais parle, c’était désormais dans le vide. Il croit encore à l’alliance de la gauche socialo-communiste et du peuple, alors que les survivants de la SFIO regardent ailleurs, vers la bourgeoisie montante, tel que d’habitude. Comme si Mitterrand faisait déjà du rocardisme sans Rocard.

La preuve en est que, lorsqu’il tire la sonnette d’alarme sur la question migratoire, le moins qu’on puisse prétendre est que la rue de Solférino ne le soutient guère. Ainsi, le 6 janvier 1981, dans une lettre adressée au recteur de la mosquée de Paris, il affirme : « Les patrons et le gouvernement français recourent à l’immigration massive, comme on pratiquait autrefois la traite des Noirs, pour se procurer une main-d’œuvre d’esclaves modernes, surexploitée et sous-payée. Cette main-d’œuvre leur permet de réaliser des profits plus gros et d’exercer une pression plus forte sur les salaires, les conditions de travail et de vie, les droits de l’ensemble des travailleurs de France, immigrés ou non. »

Plus clair encore : « Cette politique est contraire tant aux intérêts des travailleurs immigrés et de la plupart de leurs nations d’origine qu’aux intérêts des travailleurs français et de la France. Dans la crise actuelle, elle constitue pour les patrons et le gouvernement un moyen d’aggraver le chômage, les bas salaires, les mauvaises conditions de travail, la répression contre tous les travailleurs, aussi bien immigrés que français. C’est pourquoi nous disons : il faut arrêter l’immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage. » C’est beau comme du Le Pen, père et/ou fille !

Que pouvait en penser Liliane ? À notre connaissance, elle n’a jamais démenti les propos de son mari.

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