Editoriaux - International - Santé - 24 janvier 2020

Les mesures de confinement sanitaire suffiront-elles à enrayer la propagation du coronavirus chinois à l’heure de la mondialisation ?

Il ne se passe pas un hiver, ou une année, sans que nous ne soyons informés qu’une grave épidémie sévit dans le monde. Les moyens de communication modernes, par l’immédiateté de leurs informations, rendent difficiles la prise de recul et l’évaluation du phénomène, et n’ont souvent pour effet que d’aggraver l’inquiétude, voire semer la panique.

Cet hiver, c’est un nouveau coronavirus qui, pour l’instant, tient la vedette. Les coronavirus forment une très grande famille. Ces sont entourés d’une capsule de protéines en forme de couronne d’où ils tirent leur nom. Il en existe de différentes sortes qui infectent plusieurs espèces animales, dont l’homme. Ces sont très répandus, ils peuvent infecter l’homme sans déclencher de symptôme et, le plus souvent, ils sont associés à des rhumes ou à des syndrome grippaux bénins ; mais ils peuvent aussi être impliqués dans des complications respiratoires parfois gravissimes.
Ces virus se transmettent facilement par voie aérienne d’homme à homme, ou par un contact avec des sécrétions ou des objets souillés. L’incubation dure quelques jours et les traitements, lorsqu’ils sont nécessaires, sont symptomatiques, il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique.

Fin décembre, un virus de cette famille a fait son apparition sur un marché de Wuhan, en Chine, et le bilan officiel, à ce jour, est d’au moins 41 morts pour environ 820 cas diagnostiqués. Devant l’accélération de la prolifération du virus, la Chine a pris des mesures drastiques : les 11 millions d’habitants de Wuhan ont été mis en quarantaine, les routes et les aéroports sont fermés, deux autres villes proches de Wuhan ont été également mises en quarantaine, et les festivités du Nouvel An chinois, à Pékin, ont été annulées afin d’éviter de favoriser la contamination par des concentrations humaines, comme les transports en commun ou toutes manifestations publiques.

Il semble que, cette fois-ci, la Chine ait très rapidement pris des mesures susceptibles d’enrayer la propagation de l’épidémie, contrairement à ce qui s’était passé dans les années 2002/2003 avec un autre épisode à coronavirus qui avait déclenché une épidémie de syndromes respiratoires aigus sévères (SRAS).

Ce sont, bien sûr, les pays les plus proches qui ont été le plus rapidement concernés par ce virus : la Thaïlande, le Japon, la Corée du Sud, Taïwan, Singapour et même les États-Unis, où un cas a été décelé.

Aujourd’hui 25 janvier trois cas sont déclarés en France. Espérons que nous mettrons en place des moyens plus efficaces que ceux utilisés lors de l’épidémie de grippette de 2009 qui avait viré à la pantalonnade.

Pour l’instant, l’OMS manque de recul pour pouvoir prendre des décisions en relation avec une « urgence de santé publique de portée internationale » ; le ministère de la Santé français, quant à lui, se contente pour l’instant de conseiller aux médecins d’adresser les cas suspects au SAMU.

Mais à ce jour, nous ne pouvons parler qu’au conditionnel, espérer que ces mesures porteront leurs fruits et que l’isolement des foyers contaminés permettra une extinction rapide de l’épidémie. Cependant, ces mesures d’isolement sont très difficiles à mettre en œuvre car elles vont à l’encontre du mode de vie actuel, où la mondialisation de l’économie implique de nombreux déplacements internationaux d’hommes et de marchandises.


Le sondage a été clôturé.

En voici les résultats :

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