Dans seize villes de France, les commerçants ont eu la (désagréable pour certains) surprise de voir de fausses scènes de crime devant leur boutique. Des corps allongés dessinés à la craie ont parsemé les rues.

Derrière cette action dénonçant la situation dramatique des petits commerçants et chefs de TPE-PME, le collectif des Chemises blanches : « On veut montrer que des gens meurent moralement, économiquement et socialement. Avant de mourir vraiment », affirme leur responsable, Morgan Trintignant. Lui-même entrepreneur dans la restauration, il s’est exprimé sur Boulevard Voltaire, il y a quelques semaines, sur sa situation et celle de ses collègues.

À côté des « corps », un QR code. Une fois scanné, ce dernier donne accès au site des Chemises blanches avec un appel solennel visant à inciter les commerçants à faire la grève de la TVA et des charges. Une démarche illégale mais qui a pour but de donner de l’ampleur au cri d’alarme poussé par Morgan et les Chemises blanches. « Il s’agit surtout pour ceux qui se reconnaissent dans notre action d’inscrire sur un document partagé le montant de leur charge et de la TVA. Ainsi, nous démontrerons au gouvernement la somme que nous sommes prêts à ne pas leur verser. Si on est plusieurs milliers à procéder ainsi, nous pourrons séquestrer plusieurs millions d’euros. Autant d’argent qui nous permettrait de sauver des entreprises plutôt que de le confier à un État qui nous a froidement sacrifié ».  Au téléphone, Morgan Trintignant a la voix froide de ceux qui transforment la colère en détermination. Ils sont des milliers comme lui à risquer de tout perdre à l’issue de cette épidémie.

« On dit souvent que les petits commerçants, artisans et entrepreneurs ont trop à perdre s’ils se rebellaient. Or, après cette crise, beaucoup d’entre nous n’auront plus rien à perdre », avertit celui qui assume pleinement le caractère illégal de cette démarche en opposant à cela la « légitime défense de ceux qu’on assassine ».

1 décembre 2020

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