Chaque nouveau Premier ministre a droit à sa couverture de Paris Match. Passage obligé. Donc, cette fois-ci : Jean Castex. Pas de chance. Après Maître Gim’s, Tom Cruise mais aussi Joe Biden, après tout, le lecteur est habitué à passer du coq à l’âne.

Traditionnellement, l’homme politique est photographié par le magazine dans un cadre intime. Décontracté, baskets, Brégançon en maillot de bain ou canapé-chaussettes. Le Premier ministre ne pouvait déroger à la mise en scène. Après avoir pris connaissance du numéro précédent avec Gim’s levant un poing ganté de cuir vers le ciel, a choisi de s’encanailler en revêtant un haut de jogging à capuche… « Hé, z’y va, Matignon. » Ah, faut pas le chercher !

Comme sortant d’un rodéo à scooter, Jean Castex marche aux côtés de son épouse. D’allure sympathique, charmante, mais il ne faut pas se fier aux apparences car devant le couple trotte un épagneul breton. Féroce. Le de chien qui vous déchiquette un dossier sur la vaccination en un rien de temps. Les allers et retours sur le sujet s’expliquent enfin. Le clebs. Indomptable. Un rebelle comme son maître. Ah, faut pas le chercher non plus, celui-là.

Pour la circonstance, Jean Castex ne porte pas de lunettes. Impossible de mettre la main dessus, et ça tombe bien. Ça fait plus cool. Sa femme le tient par la main et lui indique les obstacles. « Attention, motte de terre devant, caillou à droite. » Il ne faut pas compter sur le molosse pour guider son maître. Il n’en fait qu’à sa tête, et puis il a encore deux dossiers sur le Covid à mettre en pièces. Pas une minute à lui.

Une photo est bien jolie, mais il faut trouver quelque chose à raconter. Paris Match révèle l’aspect show-biz du couple. Madame a été élue conseillère municipale de Valcebollère, un village occitan situé à 9.000 km de Las Vegas. 42 habitants, 97,29 % des voix au premier tour. Un plébiscite. Portée en triomphe par le cantonnier, séance de dédicaces sur la place. Une idole locale que les paparazzis traquent sans relâche. Le dissident qui n’a pas voté pour Sandra Castex est activement recherché par Interpol.

Selon Voici qui suit l’affaire, l’ascension fulgurante de l’ex-Monsieur déconfinement n’aurait pas été possible sans le soutien moral de sa régulière : « Si mon épouse n’avait pas été d’accord, je n’aurais pas accepté [le poste de Premier ministre]. Sans elle, je ne serais rien. » Jean Castex l’avoue enfin. Sans ce contrôle féminin permanent, Dieu sait ce qu’il serait devenu. En témoigne sa pulsion « jogging à capuche » de la photo : l’homme aurait mal tourné. Braquages divers, inscription au Parti communiste, avec un peu de chance top modèle pour Afflelou.

Après la pose dans le jardin de Matignon, Madame a raccompagné Monsieur à son bureau et attaché le chien. Désormais, la gestion de la crise sanitaire devrait être plus cohérente. Ne reste plus qu’à retrouver les lunettes.

24 décembre 2020

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