Nous sommes entrés dans les années 20. Celles du XXe siècle ont été nommées « les années folles », mais la folie caractérise plutôt les années 10 du XXIe siècle. Ainsi les taux d’intérêt négatifs conduisent à la faillite des banques. En effet, les prêts accordés ne rapportent rien et ils ne permettent plus aux banques de dégager des bénéfices. Elles gagnent un peu avec les agios et l’augmentation des frais bancaires, mais c’est très insuffisant pour couvrir les coûts fixes.

Aujourd’hui, les traders des banques ont la mission salvatrice de dégager des bénéfices sur les marchés boursiers. Certains jouent avec les CDS (Credit Default Swap). Il s’agit d’une couverture sur d’éventuelles pertes boursières (équivalant à une assurance). Inventés par la JP Morgan dans les années 90, ils permettent de contourner les règles prudentielles. En plus des CDS, on peut spéculer sur les marchés à terme. Il s’agit d’anticiper les cours futurs : par exemple, une banque s’engage à procurer à un client des actions à un cours défini pour une date future. Avant la date convenue, la banque acquiert les actions mais elle réalise soit une perte soit un gain en fonction du cours au moment de l’achat. On peut parier sur le cours des matières premières, des monnaies, des actions, etc. Mais certains vont perdre leurs paris. Les banques concernées retardent la chute en licenciant leurs employés et en émettant des emprunts obligataires.

Le taux d’intérêt est le prix de l’incertitude sur l’avenir. Un taux d’intérêt négatif signifie que le futur est plus certain que le présent. Il s’agit d’une absurdité. Cette situation ne s’est jamais présentée en 5.000 ans d’histoire monétaire. Le principal avantage est de procurer aux États de l’argent gratuit. Ils émettent des obligations achetées par des banques qui vont les revendre à la Banque centrale européenne. Celle-ci est principalement une filiale des banques centrales des pays de la zone euro. Ainsi, une connivence existe entre ces États et la BCE. Elle facilite le financement des déficits budgétaires des pays actionnaires. Mais la crise doit permettre de revenir à une situation assainie (taux d’intérêt positif et faillite des banques zombies).

Les conséquences politiques, en France, sont potentiellement explosives. Parmi les principaux partisans de LREM, on trouve, d’une part, les bobos et, d’autre part, une bourgeoisie, défendant ses intérêts plutôt qu’une utopie. Au moment du krach, cette bourgeoisie constatera l’évaporation de l’épargne placée dans les banques zombies, l’effondrement des cours de Bourse et la baisse du prix de l’immobilier ; tandis que les taux d’intérêt, les faillites et le chômage seront en hausse. Elle pourrait lâcher Macron et une convergence pourrait se produire avec les gilets jaunes. La France serait alors mûre pour une nouvelle révolution.

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