Editoriaux - Politique - 3 janvier 2020

Mais qu’ont-ils fait de Strasbourg ?

Robert Herrmann, président de l’eurométropole de et adjoint au maire de la ville de « en charge de la sécurité », ne comprend pas et se lamente au micro de France Bleu Alsace : plus de 200 voitures ont été incendiées à Strasbourg pendant la nuit de la , le double de l’an passé : « C’est aberrant, c’est énorme. » À qui le dites-vous, mon brave Monsieur.

« La mairie avait pourtant pris des précautions en faisant enlever toutes les épaves, des containers, des poubelles », lit-on sur le site de France TVInfo.

Et la mairie s’estime sans doute quitte. Parce qu’évidemment, ce genre de mesure était censé prévenir les émeutes.

Sans doute, pour éviter que les flics ne se fassent caillasser en banlieue, faudra-t-il penser aussi à aller méthodiquement réquisitionner dans chaque cage d’escalier de barre HLM l’électro-ménager et même l’équipement sanitaire : cela permettra d’éviter les jets d’objets baroques et insolites, comme à Grigny et ailleurs, où des cuvettes de toilettes et un four à micro-ondes avaient été jetés sur les forces de l’ordre depuis le haut des immeubles.

Renouons avec le vase d’aisance sous le lit, certes désagréable quand on le reçoit sur la tête, mais nettement moins contondant.

Les attentats islamistes pourraient être aisément évités, si l’on avait la bonne idée de saisir aussi sec tous les couteaux, y compris à beurre, à huître et à poisson – on n’est jamais trop prudent. Essayez donc d’égorger votre prochain à la petite cuillère.

Évidemment, l’ultime mesure, véritablement efficace contre ce genre de fièvre, est de confisquer tous les thermomètres. Dont acte. Le nombre de voitures brûlées en France n’est plus officiellement annoncé. Les Français ne sauront pas, non plus, combien d’incendiaires ont été arrêtés, ni les décisions de justice qui seront – ou probablement pas – prises à leur endroit.

En fait d’épaves dont les Strasbourgeois devraient se débarrasser, de vieilles choses à balancer, allez ouste ! dans les containers et les poubelles de l’Histoire locale, il y a tout un lot du côté du monde politique. Des personnalités dirigeant la ville depuis des dizaines d’années et ayant fait les preuves, eux aussi, de leur dangerosité : comment ne pas voir que cette ville proprement éblouissante a été doucement transformée en foyer de délinquance et d’islamisme, piégée dans l’insert du communautarisme.

Combien de terroristes tristement célèbres issus du coin ? « Strasbourg est l’une des villes où il y a une sorte d’ancrage, une sorte de tradition (sic) maintenant », déclarait, il y a un an, le 13 décembre 2018, le sociologue Farhad Khosrokhavar, auteur du Nouveau Jihad en Occident (France Culture). Strasbourg, ses bredele, ses mennele, son marché de Noël, son Parlement européen, ses djihadistes et ses voitures calcinées.

Comment les Strasbourgeois, si fiers, si ombrageux, si méticuleux, si à cheval sur le règlement, si jaloux de leur indépendance, renvoyant dos à dos avec la même méfiance polie les Français de l’intérieur et les Allemands de l’extérieur – la notion variant selon les époques – et usant ingénieusement de cette double culture concurrente pour en tirer le meilleur, mêlant la rigueur germanique à la graciosité latine, ont-ils pu en arriver là ? Cette question de la Saint-Sylvestre mériterait d’être résolue avant la Saint Glinglin… au moins, disons, pour la Sainte-Louise ? C’est à dire le 15 mars, date du premier tour des élections municipales.

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