Les Abandonnés de l’État : « Pour que la colère ne reste pas impuissante »
Ils sont tous deux vice-présidents de l’UDR et engagés pour dénoncer les défaillances de la Justice. Claire Geronimi et Guilhem Carayon annoncent la création d’un mouvement citoyen, « Les Abandonnés de l’État », qui vise à rassembler les victimes « que l’État a laissé tomber » et qui dépose une plainte contre ce dernier.
Pousser l’État dans ses retranchements. Bousculer l’ordre établi face aux carences et dysfonctionnements qui entraînent tant de drames. Les deux responsables politiques engagent une action en responsabilité contre l’État pour inaction sécuritaire. « Que vaut une décision de l'État si l'État ne l'exécute pas ? » Auprès de Boulevard Voltaire, Guilhem Carayon défend une démarche qui a pour but de demander aux pouvoirs publics de rendre des comptes. Que la lumière soit faite sur les dysfonctionnements sans lesquels la petite Lyhanna serait encore en vie ; sans lesquels le meurtrier d’Alban Gervaise ne serait pas en passe d’être libéré, quatre ans après les faits ; sans lesquels Claire Geronimi n’aurait pas croisé la route de son agresseur sous OQTF. En 2023, 137.000 obligations de quitter le territoire français ont été prononcées et seules 10.000 ont été exécutées, soit à peine 7,5 %. Mettre l’État devant ses responsabilités, c’est aussi « pointer du doigt les défaillances dans le suivi de la procédure judiciaire et dénoncer l’absence de coordination entre les services de l’État ».
« Une Justice laxiste »
Le terrible drame de Lyhanna est symptomatique des anomalies graves qui agitent la Justice et les pouvoirs publics. « On considère que les drames humains, comme celui qu’a vécu Claire, très souvent résultent d’une accumulation de défaillances, explique Guilhem Carayon, c'est-à-dire des décisions qui ne sont pas exécutées, des procédures qui sont laissées sans suite, des informations qui ne sont pas transmises et, donc, de manière générale, une absence de coordination entre les administrations. » L’ambition des Abandonnés de l’État est de « rassembler toutes les victimes que l’État a laissé tomber », nous explique Claire Geronimi. Mettre en avant des histoires que les Français ne connaissent pas encore car il y a les affaires médiatisées et celles qui tombent dans l’oubli. Celle qui a aussi fondé, il y a deux ans, Éclats de femme dénonce « une Justice laxiste » et un État « totalement incapable de pouvoir soutenir [les victimes] quand il le faut ». Un site Internet a été créé et une pétition lancée : « Tous les Français qui refusent que ces drames se répètent exigent que les responsabilités soient établies. »
« Une prise de conscience »
Difficile d’établir l’aboutissement d’une telle démarche judiciaire, mais les plaignants gardent bon espoir de faire condamner l’État. « On ne voit pas comment cette faute simple ne peut pas être caractérisée », plaide Guilhem Carayon. Le jeune homme de 27 ans, avocat au barreau de Paris, s’appuie sur son mouvement citoyen, la Ligue des libertés, qui vise à remettre le droit « au service de l’intérêt général et du peuple », comme il l'expliquait, en février, à Boulevard Voltaire.
« L'enjeu, c'est qu'il y ait une prise de conscience des pouvoirs publics, une condamnation de l'État. L'objectif, c'est aussi que l'État soit obligé, soit forcé de se réformer », explique le juriste. Claire Geronimi, pour sa part, ne cache pas sa colère : « Les citoyens français en ont marre, de cette Justice qui est totalement défaillante. » La question des moyens est primordiale. « Quand on a 3 procureurs pour 100.000 habitants alors que la moyenne européenne, c'est 12, c'est-à-dire 4 fois moins que la moyenne européenne, quand on a à peine plus de magistrats que sous Napoléon, alors que la France, depuis Napoléon, compte 40 millions d'habitants de plus, la question des moyens est évidemment essentielle », rappelle le juriste, qui plaide aussi pour l’augmentation de 30.000 places de prison.
Engagés en politique au sein de l’UDR, les deux jeunes gens font avant tout parler leur cœur de « citoyen ». Venir en aide aux victimes et réformer la Justice. « Pour que la colère ne reste pas impuissante, il faut aussi qu'elle se transforme en action. »
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17 commentaires
Oh oui, oh oui, nous sommes en colère, très en colère même! L’absurdité n’est plus un paramètre acceptable, la lâcheté plus une valeur acceptable, l’incompétence n’est plus acceptable du tout…la France brûle et si les gouvernements ne font rien, nous peuple de France pouvons agir. L’immobilisme et la paix sociale sont des échecs !
Deux jeunes gens courageux…le RN a trouvé en l’UDR un allié de choc. Espérons que cela dur… Les » aspics’ des petits partis de droite sont à l’affût pour.. diviser.
Il y a beaucoup de travail nécessitant beaucoup de courage .
Quand les institutions régaliennes sont gangrénées par l’idéologie, il ne faut pas s’étonner de leur déliquescence.
« pour l’augmentation de 30.000 places de prison ». Peut-être faudrait-il d’abord rendre la prison moins « attractive ». Pour avoir travaillé dans un service qui recevait les « gardés à vue », je peux affirmer que pour la plus part, celle-ci n’est en rien dissuasive. Pour certains, c’est retrouver les « amis » et des conditions meilleures « qu’à la maison ». C’est aussi une gloire, celle d’entrer dans le « club » des vrais durs.
merci pour votre témoignage
A partir du moment où les citoyens délèguent à l’Etat ies missions essentielles que sont la sécurité et la justice et que celui-ci ne les remplir plus, il doit en répondre devant le peuple.
Soutien au combat des jeunes militants de l’UDR.
Il ne faudrait pas oublier les parents qui l’envoyaient chez lui à des soirées pygama, ceux qui savaient qu’elle passait 20mn presque chaque jour dans sa voiture devant le collège, les surveillants de l’entrée du collège, les élèves de sa classe et d’autres élèves, toutes les personnes du quartier qui voyaient et ceux qui savaient qu’il y avait des problèmes dans la famille des Barella. Une démission générale.
je suis tout à fait d’accord avec vous : ce qui m’a interpelée c’est que des élèves voyaient que l’enfant était dans la voiture de ce prédateur , personne n’en a parlé à leur mère qui elle aurait pu signaler ! en même temps cela n’aurait peut être rien changé …la mère de cette jeune fille avait je crois, interdit à sa fille de le rencontrer , mais qui le savait ?
Ces deux jeunes gens ont raison et je les félicite. Ils ont le courage ( que je n’ai pas eu ). Il faut dire que lorsque « j’ai eu affaire à la justice » ( à deux, non trois reprises… en tant que plaignants ! ), je suis tombé vite d’assez haut, et ça fait mal… Il n’y avait pas « les réseaux » ni qui qui ce soit de ma connaissance à ce moment ( nous étions seuls, isolés même ). On finit par se lasser puis, comme les fonctionnaires judiciaires eux, sont payés, et que le plaignant s’épuise, on finit par jeter l’éponge… L’ Etat a des devoirs envers les citoyens ! Merci à ces deux personnes ( deux pour l’instant ).
Il serait bon de se rapprocher de l’IPJ, lequel est apolitique (même si il récolte bien sûr des critiques de la part de la Gauche), mais résolument en faveur des victimes en priorité, et porté sur une réforme profonde de la Justice.
Créer de nouveaux mouvements ou associations, même ayant le mérite d’exister, ne fait qu’au fond affaiblir la requête auprès de l’Etat.
je suis d’accord avec vous et je l’ai exprimé ailleurs, il y a tellement d’associations qui devraient se fédérer ne serait ce que pour un mouvement d’ampleur dans la rue !
BRAVO et félicitations pour votre courage et votre engagement
Totalement avec eux… et faudra pousser fort pour arriver à prouver la faute de l‘État…
Le Droit n’est pas toujours et normalement au service du peuple mais toujours au service de l’ Etat. L’ Etat de Droit…et les Etats ne sont pas toujours sympas pour les populations. Quant à l’idée de condamner l’Etat pour défaillances, ( ou une administration, une entreprise, ) je suis pour m’en prendre aux défaillants et malhonnêtes sur le plan personnel plutôt que général ou moral . Histoire vécue, un licenciement abusif, plainte contre le logement public qui m’employait, mais au lieu de viser le directeur en question, la procédure a visé la société et ça a duré , duré, le coupable est parti retraite arrivée, et le procès continue…avec une dame que je ne connais pas à la direction….suite inutile, l’autre fait son jardin, tranquille, j’ai arrêté.
Bien
Très bonne initiative !
Bon courage à ces jeunes gens !
Puissiez vous faire des émules capables de remettre de l éthique dans ces institutions corrompues!