L’émission Quotidien, accusée de faire le jeu de… l’extrême droite !

Au détour d’une interview improvisée, Raphaël Arnault a reproché à l’émission Quotidien de ne pas assez soutenir LFI.
Capture d'écran X
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Ce dimanche 21 juin, la fête de la Musique 2026 a donné lieu à des scènes parfois surréalistes. On a ainsi vu Jean-Luc Mélenchon louer sa « nouvelle France » devant une foule essentiellement blanche, un député UDR assister incognito à un concert « antifasciste » ou encore un Raphaël Arnault faire son grand retour sur scène et se poser en victime, alors que plusieurs de ses proches collaborateurs sont accusés de meurtre... Quelques instants avant cette réhabilitation indigne, le repris de justice LFI s’était mêlé à la foule, tout sourire, place de la République. C’est là que l’avaient retrouvé les équipes de Quotidien. Mais, face au journaliste Paul Moisson qui l’interrogeait sur son lien à la Jeune Garde, milice violente dissoute en 2025, Raphaël Arnault est monté sur ses grands chevaux et a refusé de prendre ses distances avec le groupuscule qu'il a lui-même cofondé. « Ça ne vous dérange pas trop, à Quotidien, qu'on se mobilise contre l'extrême droite ? », a ainsi répondu, de manière agressive, le député.

Raphaël Arnault s’en est pris à l’émission, et en particulier à Jean-Michel Aphatie, qui l’avait mis en cause dans plusieurs éditos sur TMC et avait souligné les liens entre LFI, Mélenchon et la Jeune Garde. De quoi scandaliser le député fiché S, qui s’estime insuffisamment soutenu par des médias qu’il pensait acquis à sa cause. « Jean-Michel Aphatie, ça ne le dérange pas trop, la mobilisation contre l’extrême droite, tout ça ? », a-t-il ainsi lancé au visage du journaliste de Quotidien.

Pas touche à mon extrême gauche

N’est-il plus permis à un journaliste de faire son travail et poser une question anodine à un député concernant ses engagements politiques passés ? Tous les médias doivent-ils s’aligner sur l’audiovisuel public et rivaliser de complaisance face aux élus d’extrême gauche ? Apparemment, oui. Le 12 juin dernier, Quotidien avait déjà été accusé d’offrir un boulevard « pour le "ripolinage" de l’extrême droite ». L’attaque était venue du magazine Télérama, bible des enseignants de gauche et autres pseudo-intellectuels désœuvrés qui reprochait au programme de TF1 de « se montrer déférent avec les pourfendeurs du wokisme »

Ce procès en « bollorisation » intenté à Quotidien a de quoi faire sourire. Depuis sa création, l’émission promeut sans complexe une idéologie de gauche des plus convenues. Ce parti pris est connu de tous et parfaitement assumé : Yann Barthès a fait savoir qu’il ne recevrait jamais un représentant du RN. Il a, par ailleurs, appelé ses confrères à boycotter Éric Zemmour. Quant à Jean-Michel Aphatie, s’il a parfois quelques éclairs de bon sens, il reste un homme qu’on peut sans hésitation classer à gauche. Le sexagénaire se décrit d’ailleurs lui-même comme étant « 100 % woke ». Pas vraiment un suppôt de « l’extrême droite », donc.

Les enfants dévorés

Après François Ruffin dont la BD antiraciste a été taxée de racisme, voici l’émission de gauche Quotidien accusée d’être encore trop de droite. La Révolution dévore toujours ses enfants. C'est la loi non écrite de tous les mouvements qui font de la pureté un horizon politique. À gauche, cette mécanique semble à l'œuvre avec une régularité implacable : ce qui était hier considéré comme progressiste devient suspect aujourd'hui, puis réactionnaire demain. Les figures qui tenaient le haut du pavé il y a quelques années se retrouvent sommées de justifier des positions désormais jugées insuffisamment radicales. Le centre de gravité se déplace sans cesse vers la gauche de la gauche, laissant derrière lui une cohorte d'anciens compagnons de route transformés en adversaires crypto-fascistes. Reste à voir si ces derniers vont se soumettre et obéir à la patrouille ou enfin utiliser leurs méninges et passer à droite.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

29 commentaires

  1. De quel droit ce personnage se permet de porter un jugement sur ce que doit dire ou non un animateur radio ou TV.
    Il est d’ailleurs anormal qu’un individu dont la moralité est plus que douteuse, puisse être élu.
    Pauvre France.

  2. C’est comme ça chez les révolutionnaires. On écrème régulièrement pour purifier ( formule approximative, mais c’est l’esprit ). Quotidien étant maintenant devenu » d’extrême-droite – fasciste  » ils devront, soit se rattraper, et bien montrer qu’ils sont de gentils progressistes, soit… condamnés à se défendre en permanence. J’opte pour la formule n° 1 ( se rattraper ).

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