[POINT DE VUE] Afrique du Sud : la « nation arc-en-ciel » lance la chasse aux clandestins
Il y a une quarantaine d’années, peu avant la fin de l’apartheid, la lutte des Noirs d’Afrique du sud contre le régime afrikaner du « développement séparé » était l’un des totems de la gauche européenne. Dans une chanson douce-amère injustement méconnue, Vincent Delerm parlait des « filles de 1973 » qui « faisaient des exposés/Sur l’apartheid et sur le Che », sur le ton de l’évidence. Peu de temps après, Nelson « Madiba » Mandela, libéré de prison, devenait le président d’un État que l’on espérait définitivement réconcilié avec lui-même. On en oubliait généreusement les crimes de l’ANC, les meurtres commis par Winnie, l’épouse de Mandela et le reste.
Les années passèrent. L’Afrique du Sud devint un mélange entre la poubelle et le coupe-gorge. La « nation arc-en-ciel » changea de main et se livra à Jacob Zuma, un ancien nervi anti-Blanc, devenu un affairiste polygame, dont la famille très nombreuse coûtait 150 millions de dollars par an au contribuable. Bref, malgré l’arrivée au pouvoir de Cyril Ramaphosa, l’Afrique du Sud est devenue pauvre, dangereuse, sale, gangrenée par le SIDA et, comme tant de ses voisins, en proie au massacre des fermiers blancs.
Opération Dudula, une initiative citoyenne
Tout cela aurait été passé sous silence par les bonnes âmes européennes si un nouveau scandale n’était pas en train d’éclater. Les Sud-Africains, cette fois, semblent en avoir assez des travailleurs immigrés venus des autres pays. Un groupe de citoyens s’est constitué de manière informelle (Opération Dudula) et a pris suffisamment d’ampleur pour que de grandes manifestations aient lieu à Johannesburg, Durban et dans d’autres grandes villes, le 30 juin. Il s’agissait, en effet, de la date butoir fixée par ce collectif spontané aux travailleurs immigrés pour qu’ils quittent le pays. Jusqu’ici, ça a plutôt bien fonctionné : déjà 25.000 immigrés illégaux ont quitté le pays, craignant sans doute la vengeance de ces contribuables en colère – non sans raison, puisque ces manifestations ont provoqué la mort de quatre immigrés illégaux et le pillage de plusieurs commerces tenus par des étrangers.
Des milliers de manifestants sud-africains sont descendus dans la rue pour demander le départ des sans-papiers. →https://t.co/Cq3ilY1NlE pic.twitter.com/yvmCvb32ld
— Le Figaro (@Le_Figaro) June 30, 2026
Du côté de la classe politique, on temporise. On en appelle à la lutte contre la xénophobie, on recycle les éléments de langage que l’on connaît bien sous nos propres latitudes. Notre confrère Samuel Martin parlait, en novembre dernier, de l’opération Dudula, menée par des Sud-Africains en colère pour réserver les soins médicaux aux ressortissants du pays. On ne peut pas les accuser de racisme, cette fois. On peut tout au plus se dire que cela relève du bon sens : dans un pays où le chômage atteint 32 %, on comprend qu’une légère exaspération s’empare des natifs, devant l’arrivée massive d’une main-d’œuvre illégale beaucoup moins chère.
Les Sud-Africains sont-ils de sales racistes ? Souffrent-ils d’arrière-pensées coloniales ? Ont-ils un problème avec l’accueil de l’autre, qui les conduirait à se replier sur des passions tristes ? Évidemment non. On voit, avec cet exemple parlant, que la question de la souveraineté nationale n’est pas liée à un quelconque racisme imaginaire. Les Sud-Africains en ont marre de payer des impôts pour que des immigrés illégaux aient accès aux soins (ça ne vous rappelle rien ?), ils en ont marre de voir des frontières sans aucune protection (ça ne vous rappelle toujours rien ?) ; ils aimeraient simplement être maîtres chez eux.
Tant que l’Afrique du Sud post-apartheid échouait à endiguer la criminalité, pataugeait dans la corruption et massacrait les Afrikaners, la presse s’en foutait. Aujourd’hui, le monde se scandalise. Énième preuve que l’opinion des journaux n’a aucune importance, énième preuve que vouloir être maître chez soi ne veut pas dire détester les autres. Une leçon, oui, peut-être.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
LES PLUS LUS DU JOUR




































13 commentaires
Ayant habite 15 ans dans l’océan indien, j’ai bien connu l’Afrique du sud avec l’apartheid, c’était un pays magnifique et sans problèmes quoi qu’en pensent les beaux esprits, première greffe mondiale du coeur par Barnard etc , aujourd’hui c’est devenu un coupe gorge ,on se croirait en France, là je vous écrit à 10000km de Paris, quel bonheur, bon courage à vous.
Eux ont tous les droits , nous aucun .
Il y a fort à parier que nos « gentils compatriotes de gauches (toutes les gauches…) ne vont certainement pas critiquer cette décision.
Votre introduction est parfaite. En France, on ne touche pas aux clandestins. Un honneur :
« On se bat pour ce que l’on n’a pas » etc etc etc
Tiens ,ce n’est pas une chance pour eux ??? Ils n’ont rien compris à l’immigration illégale !! Ce n’est pas comme nous !!
Excellente analyse
En effet c’est a mourir de rire …Mais les sud africains ont la chance , eux, d’avoir une armée aux mains de l’ethnie zoulou …qui n’a pas un grand effort de mémoire à faire pour se rappeler que leurs ancêtres pratiquèrent le M’Fecane ou la guerre totale dont la seule alternative proposée était la soumission ou la mort …Si ces gens la se fâchent ou ne s’interposent pas …les irlandais du nord ressembleront à des catéchumenes préparant leur premiere communion .
Mandela était un communiste, un marxiste.
On voit là encore que ce système ne fonctionne pas et détruit la société, comme toujours !
Mais les médias comme toujours soutenaient le terroriste Mandela et celui-ci était un Dieu !
Boulevard Voltaire c’est aussi une excellente tenue langagière. Ne nous en écartons pas , s’il-vous-plaît ! » S’en ficher »,OUI ; » S’en foutre » NON !
Ne vous en déplaise, le dictionnaire de l’Académie Française recense l’emploi de ce mot tel qu’il l’est ici.
Parlons des pakistanais qui ont explusés plus 400.000 afgans cette année.
Rappelons que obama a explusé plus de 1.2 million d’illégaux sous ses 2 mandats
Nous , on aime bien Mandela, c’est un héros dans maintes municipalités de gauche, pas une d’elle sans rue, salle, centre sportif….
pour les pakistanais tout le monde s’en fout. Pour Obama, personne ne veut « voir »…