[ÉDITO] Le programme du PS pour la présidentielle ? « Abolir le patriarcat »

Ce qu’est le patriarcat pour le Parti socialiste n’étant pas précisé, on reste dans l'hypothétique et le fantasmé.
Capture d'écran PS
Capture d'écran PS

« En 2027, quand nous aurons gagné l’élection présidentielle puis gagné les élections législatives, que ferons-nous ? », s’est demandé Olivier Faure, en conférence de presse, ce 30 juin. La question était rhétorique. Le PS appliquera son programme, voilà tout. Car il en a déjà un, à défaut d’avoir un candidat. Au menu figure une mesure ambitieuse : « Abolir le patriarcat ». En comparaison, la volonté de Mélenchon de « tourner la page de la logique patriarcale » paraît mesquine.

Les « grandes avancées » du socialisme

Ce qu’est le patriarcat pour le Parti socialiste n’est pas précisé. S’agit-il de la stricte définition sociologique telle que la cite le Centre national de ressources textuelles et lexicales, « Type d'organisation sociale où l'autorité domestique et l'autorité politique sont exercées par les hommes chefs de famille » ? Si oui, c’est peu probant. Pour ce qui est du domestique, il n’y a plus de chef de famille depuis 1970, quand la « puissance paternelle » est devenue « l’"autorité parentale", exercée en commun par les deux parents ». Quant à la politique, qui a barré la route de l’Élysée à une femme en 2012, 2017, 2022, sinon les forces de gauche coalisées ? Et si la Justice patriarcale – puisque, selon le PS, nous sommes sous ce régime – permet malgré tout à Marine Le Pen de se présenter en 2027, devinez qui lui préfèrera un Faure, un Glucksmann… voire un Mélenchon ?

À ce sujet — Il y a quinze ans… DSK

Le socialisme – c’est le Parti socialiste qui le dit – « a permis de grandes avancées pour l’égalité en matière de droits politiques, de droits reproductifs, d’égalité professionnelle… » Voire. Sous la IIIe République, les radicaux-socialistes furent contre le vote des femmes qui avaient la réputation d’être conservatrices et réactionnaires. Ils voyaient dans le vote féminin, rappelle le site officiel viepublique.fr, « un vote "clérical" dangereux pour la République ». En 2026, et parce que « le patriarcat a instauré un contrôle social sur le corps des femmes plutôt que d’en assurer le soin réel », le PS veut « garantir un accès à l’IVG universel et gratuit » et une « GPA éthique », c’est-à-dire délivrée de la marchandisation des corps grâce à l’implication de l’État. Comme si, par sa seule implication dans un processus, l'État socialiste moralisait celui-ci…

Féminicides et violences sexuelles

La grande préoccupation du PS est d’abord le féminicide, qu’il définit comme l’« acte paroxystique du patriarcat ». Autant Olivier Faure, le président du PS, a été très disert lors de l’affaire Lyhanna, il avait été d’une pudeur gênante en 2022, lors du meurtre sordide de la petite Lola. Sa meurtrière étant une femme, qui plus est sous OQTF, le temps était, selon les mots de Faure, au « recueillement » et non à la contestation… de la politique migratoire.

Quant aux violences sexuelles et sexistes (VSS), pour les résorber, il faut « s’attaquer à la racine de la violence patriarcale : transformer les consciences, renverser les normes, croyances et rapports de pouvoir qui banalisent la domination masculine dans l’ensemble de nos institutions ». Le PS parle d’or, et d’expérience, en tant qu’institution. Souvenons-nous de l’affaire DSK, son candidat à la présidentielle de 2012, jusqu'au drame que l'on sait... Mais, là encore, au mépris des faits, au mépris des statistiques, le programme du PS ne prend pas en compte la violence exogène importée, patriarcale ou non. On résorberait une part des violences sexuelles en mettant un frein sévère à l’immigration. Mais cela, le Parti socialiste ne veut pas en entendre parler puisque, dit-il à un autre chapitre de son programme, « le débat public sur l’insécurité est pris en otage par la droite et l’extrême droite, qui le réduisent à la diabolisation de "l’immigré" ». S’en prendre au patriarcat blanc, si hypothétique et fantasmé soit-il, est tellement plus commode. À gauche, le ton de la présidentielle 2027 est donné.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 02/07/2026 à 23:05.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

67 commentaires

  1. Encore des socialistes aux manettes serait terrible pour la France !
    Le début du déclin a été signé par Mitterrand avec les 39 heures et la retraite ramenée de 65 à 60 ans.
    Il est absolument impossible de restaurer les finances publiques avec si peu de personnes actives, qui commencent de plus en plus tard, ne font que 35 heures de présence sur le lieu de travail… lorsqu’il ne sagit pas de téléglandage !
    A la réflexion, prendre le pouvoir en 2027 avec un pays aussi délabré, ruiné, fracturé, n’est pas une cadeau… D’autant plus que Macron a soigneusement miné le pays avec la nomination de copains aux postes clés, et la promesse de la gauche de mettre le pays à feu et à sang en cas de victoire de l’extrême droite.

  2. Pauvre parti socialiste , géré de main de maître par un incapable , prêt A TOUT pour conserver son siège , grâce au soutien ( en coulisse de LFI et du gourou Mélenchon ) verdict sorti des urnes en 2027…..4%….s’il y arrive…..comme on dit chez NOUS « d’un cheval de trait…..on ne peut en faire un cheval de course « 

  3. Lors de la présidentielle de 2020, le P. S. avait versé dans le féminisme le plus idéologique et inconséquent en investissant comme candidat une candidate  » de charme  », Mme Hidalgo, au sourire ravageur (mais aux compétences plus que réduites). Résultat des votes : 1,75 % !
    Bis repetita en 2027 : miser sur les 50 % de la population sensée estimer, au nom du féminisme conquérant, qu’une femme (parce que femme) à la tête de la France serait la meilleure solution pour gouverner notre pays.
    Les enseignants sont, traditionnellement, encartés au P. S. Or l’Education Nationale a tellement embauché de femmes que l’équilibre hommes/femmes (ou  » parité ») a été rompu, avec plus de 70 % de personnel féminin à l’E. N. ! Ce qui se traduit par une surreprésentation de femmes au sein du P. S. Et, avec elles, des choix aussi loufoques que placer le combat contre  » le patriarcat toxique  » comme cause nationale prioritaire !
    Le P. S. a encore de beaux jours devant lui comme clown de service en charge de nous divertir !

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