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Le 21 juin 1922, le comte Alexandre Rostov comparaît devant un tribunal bolchevique à Moscou. Face à lui, le sinistre procureur Vychinski, promis à une brillante carrière. Autant dire que son compte est bon. Mais la rumeur attribue au comte un poème clandestin « appelant à agir » écrit en 1913. Ce poème n’est pas étranger à son départ forcé pour Paris peu de temps après.

Le comte Rostov est rentré en 1918 et vit, depuis, dans le plus bel hôtel de Moscou, le Métropole, suite 217. Le tribunal ne comprend pas pourquoi ce ci-devant a pris le risque de revenir en pleine tourmente révolutionnaire. Malgré le poème, le poteau l’attend, mais Vychinski a subi des pressions et certains ne veulent pas l’exécution de « ce héros pré-révolutionnaire ». Alors il retourne dans son palace mais ne doit plus jamais en sortir. Et cette fois ,il n’y aura pas d’indulgence.

Chassé de sa suite, le comte se voit octroyer une chambre de service. Le personnel l’aide à déménager une petite partie de ses meubles. Il est très aimé dans ce palace qui, en outre, abrite le plus grand restaurant russe. Il l’a beaucoup fréquenté auparavant.

Commence une vie étrange de reclus. Mais Alexandre a de la ressource. Son intelligence, son exquise politesse et sa culture en font vite une figure de l’hôtel. Il croise une petite fille. Son père, un des nouveaux dirigeants, n’est guère présent et elle s’ennuie. Ils vont devenir amis. Il lui apprend un certain art de vivre et, elle, les multiples petits secrets de l’hôtel.

Si le charme du comte opère pendant ces longues années d’exil intérieur, il en est de même de ce roman fin et subtil. Son auteur, l’Américain Amor Towles, un Bostonien féru de littérature russe, était déjà reconnu aux États-Unis. Un gentleman à Moscou connut un succès considérable et a été traduit en France en 2018.

N’hésitez pas à entreprendre ce voyage entre quatre murs, il est d’une grande richesse.

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