« L’école au cœur » : rentrée pétrie de bon sentiments pour Édouard Geffray
Mardi 25 août, le ministère de l’Éducation nationale faisait officiellement sa rentrée avec la présentation, par Édouard Geffray, des « grandes lignes de l’année scolaire » à venir. La cour du lycée Arago, dans le XIIe arrondissement parisien, a été le théâtre de l’exposé des grandes résolutions du ministère. Et, derrière les maîtres mots « instruire, protéger et unir », c’est un discours pétri de bons sentiments et de grandes intentions frôlant la naïveté qu’a livré Édouard Geffray.
Quand l'angélisme le dispute à la naïveté
« C'est le plus grand rendez-vous que la France se donne elle-même chaque année. La rentrée est un temps fort de notre contrat social. » Il faut l’avouer, l’enjeu est de taille et les grandes ambitions du ministère entendent bien être à la hauteur. Alors, cette année, « pas de réforme Geffray » mais des « engagements ». Pour faire face à l’inquiétude, à la « peur du déclassement », à un « affaissement du niveau d’expression des élèves », à « l’invasion » des écrans et aux « difficultés du climat scolaire qui constituent un frein aux apprentissages », il ne s’agit pas de donner un « cap » mais de « parler d'un espoir ». Et Édouard Geffray de s'expliquer : « Parce que quand on parle d'école, on parle d'avenir, on parle d'espoir », tout en fustigeant les « discours d'effondrement qui se multiplient et auxquels beaucoup malheureusement adhèrent » alors que lui-même croit « que nous gardons, en réalité, la main sur notre avenir et que cet avenir passe par notre école ».
À cœur vaillant... rien d'impossible ?
Parce que, malgré toute la bonne volonté du ministre et le bel optimisme du ministère, il reste difficile de donner un cap à un paquebot qui prend l’eau… « Cap sur l’année scolaire 2026-2027 », annonce le site de l’Éducation nationale. « L’école au cœur », titre le dossier de présentation du ministère. Mais les élèves ne sont pas encore rentrés qu’on a déjà le mal de mer : « L’école au cœur de notre avenir », « l’école au cœur des apprentissages », « l’école au cœur de l’épanouissement et de la protection des enfants », « l’école au cœur de la République », « l’humain au cœur de nos métiers »... Le moins que l’on puisse dire, c’est que monsieur le ministre prend son rôle à cœur ! Mais cela sera-t-il suffisant ?
Les grandes ambitions
Pour l’instruction, les ambitions sont grandes avec une volonté d'excellence et d'exigence que montre un concours général destiné aux collégiens, par exemple, ou bien encore le projet de « consolider la valeur des diplômes nationaux ». Mais l'enseignement reste confronté à des difficultés bien installées dont BV faisait déjà état, avant les vacances d'été. Et c'est encore sans compter la difficulté d'application de certaines résolutions concrètes comme l'interdiction des téléphones portables ou l'orientation progressiste de certains enseignements. Comment, en effet, ne pas se méfier de la prétention qu’a l’Éducation nationale de « forger l’esprit critique » des petits Français avec notamment son « nouveau programme d’enseignement moral et civique EMC [appliqué] à tous les niveaux de classe à la rentrée 2026 » et son « éducation aux médias et à l’information », « à l’heure où les fausses informations circulent de manière importante », quand on connaît la propension qu’a le macronisme au contrôle de l’information ?
Compte tenu des enjeux
Et même si l’instruction a, dans ce cap, une place fondamentale et naturelle, la suite de la présentation laisse peu de place au doute sur les véritables enjeux pour cette nouvelle année et laisse songeur quant aux solutions apportées. Ainsi, pour « prévenir et détecter les violences sexuelles sur mineurs », le ministre annonce que « pour la première fois cette année, tous les élèves de la grande section à la terminale se verront proposer un questionnaire adapté, parallèlement à l’enquête annuelle contre le harcèlement et, à l’issue, un entretien avec des adultes de confiance ». Et, outre ce « questionnaire universel sur les violences sexistes et sexuelles » rempli par tous les élèves de la grande section à la terminale, « la mise en œuvre des trois séances annuelles, de la maternelle au lycée, de l’éducation à la vie affective et relationnelle (EVAR, dans le premier degré) et de l’éducation à la vie affective, relationnelle, et à la sexualité (EVARS, dans le second degré) constitue une priorité », avertit le document de présentation, malgré les controverses et polémiques suscitées par ces programmes.
Un condensé des misères françaises
En réalité, la déliquescence de l’Éducation nationale saute aux yeux, malgré les grands espoirs du ministre. Ainsi, l’explosion de la violence entraîne l’annonce de mesures disciplinaires en cas de port d’armes à l’école et le développement d’actions de prévention « en lien avec la nouvelle stratégie nationale de prévention de la délinquance 2026-2030 ». De plus, « pour prévenir les menaces, le ministère de l’Éducation nationale renforce le contrôle d’honorabilité de ses 1,2 million de personnels » pour répondre aux récents scandales qui ont secoué le périscolaire. « La commémoration du 11 Novembre, journée nationale de la Victoire et de la Paix et d’hommage aux Morts pour la France, sera organisée dans toutes les écoles et établissements scolaires. Parce que nos élèves doivent savoir d’où nous venons, pour savoir où nous allons », explique, enfin, le ministre macroniste. Il faut bien que l'école réponde à son devoir de faire des élèves des petits Français avec la France au cœur. Impossible n'est pas français, certes, mais bon courage quand même, Monsieur Geffray !
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36 commentaires
De toutes les façons il peut promettre tout ce qu’il veut , dans quelques mois il ne sera plus là !! Donc tout cela est du théâtre et du bla bla !!!! Pitoyable !!
Encore un incompétent….
On attendait qu’il re instaure les dictées, le calcul mental, le redoublement quand le niveau n’est pas atteint , le retrait de points pour toute faute d’orthographe ou de grammaire . Retour de la notation . Suppression de l’éducation sexuelle à l’école.
Interdiction des conférences de trans…
Remettre les cours d’instruction civique .
Re booster la lecture avec une liste des livres à avoir lus.
Redonner sa valeur au baccalauréat !!
En annexe: ficher la.paix au privé ! Essayer plutôt de mettre le public à la.meme hauteur !
Quel est le ministre de l’éducation qui le fera? Personne tant que le macron sera aux manettes!!
Bien dit, et comme tant d’autres , les ministres de l’E N n’ont jamais été à la hauteur depuis si longtemps, que je cherche désespérément le nom d’un « bon »
Notre classement dans PISA baisse de plus en plus et on sait pourquoi, vous avez tout énuméré
Les gamins ne savent plus rien, ceux qui ont la chance d’avoir des parents au niveau et investis peuvent s’en sortir mais les autres ?
Semantiquement, psychologiquement ne pas dire » l education est au cœur.. » est utilisé le terme » ecole » explique beaucoup..
L ecole .. c est un lieu, un bâtiment, une période courte . Aller à l école. Expression des enfants ( ecole maternelle au CM2)..
En fait que veut dire réellement le ministre quand à la vieille de la rentrée scolaire il ne parle plus d’education
Inaudible, comme tous ses collègues
Et pitié supprimez ce programme EVARS qui non seulement ne sert à rien, sinon à détruire l’innocence des enfants
Où l’on pencherait plutôt pour… »à vot’bon cœur » !
Il y a 80 ans c’était une dictée par jouir en primaire et les élèves arrivaient au certificat sans faire de fautes d’orthographe. Il faut une dictée par jour jusqu’en troisième. Ce serait déjà un progrès fondamental! Une professeur m’a dit un jour que les élèves apprennent l’orthographe en lisant des livres. C’est une connerie abominable, d’abord ils ne lisent pas de livres et ensuite c’est en écrivant et en corrigeant ses fautes qu’on apprend l’orthographe.
« il y a 80 ans c’était une dictée par jouir »…
Corrigé : une dictée POUR jouir ou une dictée par JOUR… Je taquine, un peu d’humour…
Rien ne change le même gloubiboulga boulga. Qui va parler du 11 novembre et du devoir de mémoire des potes à Mélenchon ou va t’on faire appel aux anciens combattants mieux formés pour le faire ?
Une liste des « ministres » de l’éducation qui ont défilé à ce poste depuis que j’ai été en classe ( 72 ans) serait édifiante ! Mais bon leur nombre nous suffira.
Que ces gens la nous fatiguent.
Ecole ? Késako ? Ca existe encore ?
Du vide, beaucoup d’hypocrisie, de grand mots et rien derrière.
Visiblement il ne connait rien de l’éducation nationale, mais quand je dis rien c’est vraiment rien… Cette institution a tellement de faille et d’abus qu’elle me fait penser à une maison de bidonville qui tient comme par miracle avec des ficelles et des bouts de tolle tout en ayant des gens qui y travaillent qui essaient par tous les moyens de gagner plus d’argent alors que le toit risque à chaque fois de s’envoler… Non ce ministre ne connais pas la mansarde qu’il dirige, l’éducation nationale est une escroquerie géante! Je suis disponible pour une enquête qui révélerait tout ça…
vivement que Pap-N’dyaye revienne !
Je suis un pur produit de l’école catho sous contrat post soixante-huit. Les programmes et les profs y étaient tout autant gauchistes que dans l’éducation nationale et tout aussi mauvais !
Maths modernes , théorie des ensembles et calculs en base 2 ou en base 8 alors que nous savions à peine compter. En 5ème nous eûmes droit à l’alphabet phonétique international. En 4ème nous subimes des cours de latin utilisant la « prononciation latine restituée » ! Je n’invente rien ! Probablement les technocrates de la rue de Grenelle avaient-ils retrouvé les premiers magnétophones en tablettes d’argile dans les ruines de Pompéi. :)
En 4ème, en sciences naturelles il fallait savoir dessiner des moules (marines) . Peut-être un cours précurseur de l’EVARS… ;)
En troisième, les cours de musique, une pauvre heure par semaine, consistaient pour la prof à nous passer des disques du groupe pop Américain Chicago. Groupe que tout le monde a oublié aujourd’hui et c’est tant mieux. Mais pourquoi perdre une heure par semaine pour ça ?
La réalité c’est que l’école se disperse. Soit on apprend à jouer d’un instrument, mais pour ça une heure ça ne suffit pas, soit on supprime les cours de musique pour les remplacer par de l’Anglais ou des maths.
Si je parle de ces souvenirs c’est pour expliquer que les programmes en France c’est du grand n’importe quoi !
Ah oui ! J’allais oublier ! Je suis sorti de cet asile psychiatrique, sans avoir le bac et sans savoir faire une règle de trois.
J’ai fait aussi toute ma scolarité à l’école catholique, chez les sœurs même, et je n’ai pas eu du tout la même expérience que vous, Ravi au lit. Entrée en 6ème en 68. Sortie en 75 avec le bac et mention. De cette scolarité j’ai conservé un tel souvenir, alors que ma mémoire me joue de méchants tours à mon âge actuel, que mon plus grand plaisir est d’aider bénévolement les élèves de toutes classes dans leurs études. Je n’ai rien oublié ou presque de cet enseignement si riche !
Le programme que vous avez subi est exactement le même que le mien à la différence du cours de musique où nous devions psalmodier des rudiments de solfège. ( j’aurais préféré Chicago) Mais j’étais dans un établissement public.
Et lire, écrire, compter, savoir analyser un sujet, poser un problème et le résoudre ? Ça doit vaguement faire partie des « savoirs » ou des « connaissances » évoqués par M. le ministre mais visiblement ça ne méritait pas qu’on s’y attarde de façon précise et détaillée. Mais il est vrai que ce sont devenus des sujets annexes à l’école aujourd’hui….
Loberté pédagogique. Donc diversité, donc bordel et oncoherence. Essayons pour voir une liberté du même ordre en médecie, en aéronautique ou dans la gestion du trafic ferroviaire. La.liberté pédagogique (sauf dans les contenus ideologisés, ça va de soi, c’est une arme de destruction massive. Ça a été inventé quand les idéologues de l’educ’nat’ se sont rendu compte que leurs dogmes étaient intenables, qu’il a fallu commencer à camoufler le désastre et continuer dans cette direction mortelle pour l’avenir du pays. Tous les tirans communistes ont agi ainsi pendant un siècle. La Revolution culturelle chassant le Fgrand bon en avant, a titre d’exemple. Staline a agi de même.
Encore un qui a de grandes idées, un adulte référent pour les élèves victimes de violences sexuelles, peut être les anciens animateurs du périscolaires?