Pour lire le quatorzième épisode : ici.

L’annonce du référendum interne aux Républicains par Wauquiez fit l’effet d’une bombe : personne n’avait prévu le coup. Il se tint cinq jours plus tard au vu de l’approche rapide des élections. Leonetti, Woerth et une vingtaine des ultimes centristes présents chez les Républicains annoncèrent à grand fracas leur départ du parti. Ils rejoignirent Alain Juppé qui, malgré son âge avancé, avait encore des réseaux actifs et avait formé son propre courant, La France apaisée. Presque aucun média n’en parla, tant la nouvelle était attendue depuis 2017, personne ne s’étonna non plus du ralliement de La France apaisée à et Ogras.

Le résultat du référendum fut sans appel, 87 % des adhérents qui s’exprimèrent dirent oui à la proposition suivante : « Acceptez-vous que Les Républicains s’allient à tous les partis de droite (RN, DLF, le PCD, le SIEL) et aient pour candidate Marion Maréchal et pour Premier ministre, en cas de victoire, Laurent Wauquiez ? » Marion Maréchal put officialiser la création de son mouvement, baptisé Restauration, dans lequel elle intégra les dirigeants des différents partis qui la soutinrent. Le programme, élaboré par Maréchal, Wauquiez, Dupont-Aignan (ministre des Affaires étrangères en cas de succès), Poisson et leurs équipes fut fidèle à celui attendu par les observateurs politiques : lutte contre l’immigration illégale, régulation forte de l’immigration légale, sortie de Schengen si l’Union européenne ne trouvait pas d’accord sur la régulation des flux migratoires, protectionnisme face aux attaques commerciales américaines, chinoises et indiennes, refonte de l’Europe sur les bases d’un partenariat avec les États favorables à la souveraineté nationale (Italie, Espagne, Pologne, Autriche, Pays-Bas et Hongrie en tête), augmentation du nombre de policiers et de leur liberté d’action, hausse du budget de l’armée, baisse drastique du nombre de fonctionnaires…

Face à eux, et Ogras maintinrent un programme européiste, libéral et optimiste. Castaner avait finalement recomposé son gouvernement car tous les ministres hors LREM avaient démissionné. Il avait ainsi constitué un gouvernement avec pour moitié des LREM, pour un quart des Républicains (les plus centristes y avaient une bonne place, Pécresse en tête) et, pour le reste, de responsables musulmans discrets mais efficaces. Il insistait sur l’importance d’agir. Ses interventions médiatiques avaient pour but de montrer ses déplacements: visite aux victimes des émeutes, inauguration d’un centre interreligieux, visite au Vatican, création d’associations de déradicalisation, inspection des armées, discussion avec des ouvriers ou des artisans, etc. Il faisait tout pour faire oublier qu’il était l’héritier de Macron, que ses opinions étaient les mêmes que celles de son prédécesseur et qu’il n’avait pas d’autre programme que celui de rester dans la continuité des trois Présidents qui l’avaient précédé. Ses convictions se résumaient à une confiance inébranlable en ses propres talents et en sa capacité à gouverner un pays dont, de toute façon, la souveraineté était presque totalement déléguée à Bruxelles.

Les émeutes s’étaient calmées en banlieue et les Natifs concentraient leurs forces sur l’élection, chacun des deux groupes avait appelé ses troupes au calme pour ne pas laisser les donner une mauvaise image d’eux. Seule la Corse avait littéralement disparu des radars, les médias n’en parlaient pas, le gouvernement non plus. Les indépendantistes avaient en réalité pris le pouvoir sur la petite île et attendaient que la France se choisisse un Président. Les musulmans les plus radicaux avaient été tués, les clandestins renvoyés par les ferrys qui avaient été réquisitionnés, les autres avaient dû accepter de signer la charte corse qui leur imposait des règles de vivre ensemble à respecter strictement : toute personne résidant en Corse devait parler français ou corse et porter un prénom de la même origine, aucune autre langue n’était tolérée, le port du voile, du burkini ou de tout accoutrement de ce type était prohibé, la nourriture halal aussi. Un contrôle d’ avait été mis en place à l’arrivée des avions et des bateaux par des groupes d’indépendantistes qui assuraient la sécurité avec la complicité de la police locale. Il y avait eu quelques traitements inéquitables et des règlements de comptes, mais l’ordre avait été rapidement rétabli par les autorités indépendantistes. L’ avait évacué la Corse discrètement pour ne pas provoquer plus de troubles, sur ordre direct de Castaner. Il ne ferait rien tant que l’élection ne serait pas passée. Les Corses en profitaient pour noyauter l’administration, chasser les « collabos » continentaux et reprendre possession de « leurs » terres. Le mot d’ordre était simple : « On prend le contrôle, on rassure la population sur notre capacité à gérer l’île en paix et, une fois l’élection passée, nous verrons ce que décidera le gouvernement, nous serons prêts. »

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19 août 2021

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